Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘se moquer’

Printemps (Francis Carco)

Posted by arbrealettres sur 21 mars 2019



Printemps

Je te donne ce coin fleuri,
Ces arbres légers, cette brume
Et Paris au loin, qui s’allume
Sous ces nuages blancs et gris.

mais tu t’en moques. Tu préfères,
À ce soyeux et lent décor,
La bouche avide qui te mord
Et l’étreinte qui t’exaspère.

Cette nuit, l’odeur des lilas
Charge la brise et ta jeunesse
S’épanouit sous la caresse
De ma bouche experte et des doigts

(Francis Carco)

Illustration: Joseph Matar

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Tu me parles et je t’écoute (Jean-Claude Pirotte)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2019



tu me parles
et je t’écoute
mais le merle lui
se moque de nous

(Jean-Claude Pirotte)

Posted in poésie | Tagué: , , , , | Leave a Comment »

Oder blues (Armand Lanoux)

Posted by arbrealettres sur 22 octobre 2018



Oder blues

Le poisson de lune
le poisson du désespoir
l’ami des brumes
le sale petit poisson maudit
le douanier des dunes
qui file entre deux eaux
dans les herbiers du lac noir
ne doit être vu ni tard
ni tôt
par les fils de l’Oder
par les simples fils de l’Oder
marins sincères
comme le houblon.

Marika ne laisse pas Hans
pêcher les ondines qui dansent
quand est tombé le soir
sous la lune.
S’il en voit une
Hans ne t’aimerait plus
Hans se moquerait de toi.
Les poissons de lune
se changent en ondines.
Quand il a plu
les ondines dînent
sur la dune
– en robe d’écaille et de soie
pour cacher leur queue –
d’une soupe de poisson
avec des sardines
et des oeufs
de saumon.

Les ondines de fortune
volent les maris aux filles
pour les faire mourir dans l’année
quand la feuille du bouleau est fanée.
Les ondines pillent
leurs soeurs de la terre
en les torturant une à une
au bord de l’Oder.

Le vent du sud le vent bulgare
le vent frôleur de jarres
endort Marika aux berges du lac noir.
Hans se baigne. Une écaille luit
sous la lune
à minuit.
-J’en ai vu une!
-Hans ferme les yeux !
Hans ne te retourne pas !
Hans les anciens dieux
du Walhalla
ne pardonnent pas !
Hans hélas Hans hélas…
Dans la nuit hanséatique
les pieds dans les sables baltiques
semés d’ambre
devant Marika si lasse
et qui tremble
Hans est un roi de pierre déjà
roi surpris
tiré de l’onde
par les sirènes blondes
comme un grand esturgeon
de granit gris.

Tous les soirs
et tous les matins
image facile du destin
dans le port de Stettin
l’Oder où nagent les ondines
l’Oder meurt dans la haute mer.

(Armand Lanoux)


Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

J’ai connu tant de ciels (Esther Granek)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2018



 

Alexandre Jacques Chantron (1842 – 1918)   05

J’ai connu tant de ciels

J’ai connu tant de ciels
Et de terres de hasard
Pour gens de toutes parts
Venus on ne sait d’où
Et ne t’ai point trouvée

J’ai suivi les chemins
Des chiens et des gamins
Sortis de nulle part
Et qui vont n’importe où
Et ne t’ai point trouvée

Et j’ai chanté le vin
Les chagrins les refrains
Qui sont nés autre part
Et qu’on entend partout
Et ne t’ai point trouvée

J’ai connu tant de filles
Les douces et les aigries
Les rondes les aplaties
Les vives et les bornées
Et ne t’ai point trouvée

Et j’ai bu le nectar
Et j’ai usé l’espoir
Des partout des nulle part
Qui se moquent de vous
Et ne t’ai point trouvée

(Esther Granek)

Illustration: Alexandre Jacques Chantron

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LUCIE (Charles Aznavour)

Posted by arbrealettres sur 2 octobre 2018



 

LUCIE

Lorsque Lucie s’amuse
A me parler tout bas
J’ai la mine confuse
Et rougis malgré moi
Ell’ me dit tu es bête
Car ell’ ne comprend pas
Ce qu’il y a dans ma tête
Que mes pensées s’arrêtent

Lorsque Lucie me frôle
J’ai le coeur en émoi
Et ça me fait tout drôle
Je ne sais pas pourquoi
Je ne vois plus personne
Il n’y a qu’elle et moi
Mais elle m’impressionne
Et souvent je frissonne

Lorsque Lucie m’ignore
Je ne sais où aller
Le chagrin me dévore
J’ai envie de pleurer
Mes idées se mélangent
Elle rit sans arrêt
Moi pour donner le change
Je dis des choses étranges

Lorsque Lucie me quitte
Je reste dans mon coin
Ma vie part à sa suite
L’accompagne de loin
Mes amis ça les choque
Ils ne comprennent rien
Ils ne sont plus d’époque
Et bêtement se moquent

Parc’ que j’aime une môme
Qui n’a que dix-huit ans
Parc’ que je suis un homme
Et qu’elle n’est qu’un enfant
Ma déception est vive
Car ils ne savent pas
Que lorsque Lucie arrive
L’amour entre chez moi

(Charles Aznavour)

Illustration: Andrzej Malinowski

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

NOSTALGIE BIENHEUREUSE (Goethe)

Posted by arbrealettres sur 17 août 2018



 

Igor Morski 1960 -  @ [1280x768]

NOSTALGIE BIENHEUREUSE

Ne le dites à personne, sinon aux sages
Car la foule se moque tout de suite :
Je veux célébrer le Vivant
Qui aspire à la mort par la flamme.

Dans la fraîche sérénité des nuits d’amour
Qui t’engendra, où tu engendras,
Te gagne une étrange contagion
Quand brille la bougie silencieuse.

Tu ne restes plus prisonnier
Dans l’ombre des ténèbres,
Et un désir neuf t’arrache
Vers une plus haute union.

Nulle distance ne peut te décourager,
Tu arrives en volant, fasciné,
Et enfin, amoureux de la lumière,
Tu es, papillon, consumé.

Et tant que tu ne détiens pas
Ce : Meurs et deviens !
Tu n’es qu’un hôte obscur
Sur cette terre ténébreuse.

***

SELIGE SEHNSUCHT

Sagt es niemand, nur den Weisen
Weil die Menge gleich verhöhnet :
Das Leben’ge will ich preisen,
Das nach Flammentod sich sehnet.

In der Liebesnächte Külhung,
Die dich zeugte, wo du zeugstest,
Ueberfällt dich fremde Fühlung,
Wenn die stille Kerze leuchtet.

Nicht mehr bleibest du umfangen,
In der Finsternis Beschattung,
Und dich reisset neu Verlangen
Auf zu höherer Begattung.

Keine Ferne macht dich schwierig,
Kommst geflogen und gebannt,
Und zuletzt, des Lichts begierig,
Bist du, Schmetterling, verbrannt.

Und so lang’ du das nicht hast,
Dieses : Stirb und werde !
Bist du nur ein trüber Gast
Auf der dunklen Erde.

(Goethe)

Illustration: Igor Morski

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

THÉODORE FRAENKEL (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2018



 

THÉODORE FRAENKEL

Il faisait un temps magnifique quand tu es mort
Le cimetière était si joli
que personne ne pouvait être triste
On s’aperçoit depuis quelque temps que tu n’es plus là
Je n’entends pas tes ricanements
Tu te tais
ou tu hausses les épaules
tu ne voudras jamais connaître le paradis
Tu ne sais plus où aller
Mais tu t’en moques

(Philippe Soupault)

Illustration: Alberto Giacometti

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Mon histoire est pipée (Joë Bousquet)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2018




    
Mon histoire est pipée. Dissipez-vous, mirages !
Ni dames ni valets, je reste sans atouts.
Je joue au vrai poète, est-ce là mon chantage ?
Je triche mais je perds. Je me moque de tout.

(Joë Bousquet)

 

Recueil: Poèmes, un
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Naguère, il y eut un jeune homme (Sôseki)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2018




    
Naguère, il y eut un jeune homme qui, après avoir laissé un poème en testament,
s’est jeté du haut d’une cascade de cent ciquante mètres, dans un torrent.

Je pense que ce jeune homme a sacrifié sa précieuse vie pour le seul mot de beauté.

Cette mort est impétueux, mais il est difficile d’expliquer le motif qui a conduit à cette mort.
Ceux qui n’en saisissent pas le sens, peuvent-ils s’en moquer ?

(Sôseki)

 

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Qu’on ne frappe plus à mon coeur (Philippe Léotard)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2018



philippe-leotard-2216

Qu’on ne frappe plus à mon coeur
ce n’est que de mes coups qu’il bat.
La porte était ouverte,
mais mon sang vous mentira.
Mon âme n’est même pas à moi,
et si ma vie vous est offerte,
elle est sous les pierres.
Entrez : vous ne trouverez pas la lumière,
cachée derrière.

La vie ment au songe.
Mes amis partis,
je me moque de moi.

(Philippe Léotard)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :