Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘se morceler’

Jeux de lumière (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 24 juillet 2020



Jeux de lumière

Quand la lumière varie dans son intensité
Qu’on exprime en ampères
Tantôt elle perd du terrain
Devant les ténèbres
Tantôt elle en gagne
Et fait de nouveau surgir
De vastes pans d’espace
Qui resplendissent de gloire

Les couleurs tournent autour des formes
Avant de s’y déposer
Attention ! une métaphore peut en cacher une autre

La matière se morcelle
Et s’éparpille
Et des œufs de feu
Où germent des étoiles
Parcourent l’univers

La nuit s’allonge
Et des lueurs rapides
Survolent la mer tiède
Au pied de jardins mystérieux
Où commencent des chemins de lumière

(Jean-Baptiste Besnard)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

DONNE-MOI, DONNE-MOI UN BAISER (Attila József)

Posted by arbrealettres sur 11 juin 2018




    
DONNE-MOI, DONNE-MOI UN BAISER

C’est le dernier ! Baise-moi, je t’en prie.
Dans tes bras blancs, étreins-moi, serre-moi.
Donne un baiser ! Donne, je t’en supplie.
Car ton amour est le prix de ma vie.
Et dès demain, je ne serai plus là.

Je suis parti. Je suis parti sans elle.
Plus de baisers. Elle n’est nulle part.
Je sens, hélas, qu’elle m’est infidèle.
Pour qui sont-ils, les baisers de ma belle ?
Qui les acquiert, par des fleurs, un regard?

La nuit, le jour, je vis dans la souffrance.
Qui flattez-vous, baisers voluptueux
Qu’offre à présent la femme à qui je pense
Et qui, par là, bafoue mon espérance ?
Je suis loin d’elle et combien malheureux!

Voici venu le bonheur sans mélange !
Je peux rentrer ! d’un seul bond ! d’un seul saut !
Je hais le train et sa lenteur étrange.
Ô juste ciel, reverrai-je mon ange?
Pourquoi, Soleil, déclines-tu si tôt?

Merci, mon Dieu, j’entre dans ma demeure.
Aucun bruit. Rien. Mon сoeuг cogne et me dit,
Près d’éclater : «T’attend-elle à cette heure? »
L’horloge dort. Suis-je seul? Est-ce un leurre ?
Une poussière en mon oeil s’introduit.

J’ai sur la bouche une main qui se gèle.
Des pleurs secouent tout mon corps éperdu.
Je la croyais déloyale, infidèle.
Mais elle aimait… et mon coeur se morcelle.
Le sien est mort d’avoir trop attendu.

(Attila József)

 

Recueil: Aimez-moi – L’oeuvre poétique
Traduction: Georges Kassaï
Editions: Phébus

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Origine (Michel Voiturier)

Posted by arbrealettres sur 8 novembre 2017




    

Origine

Autrefois, frontière s’appelait rivière ou éperon, mer ou brisant.

Quand vinrent les hommes avec leur idée de lopin, tout changea.

Il devint impensable de se rendre au-delà de ou à travers la parcelle
que quelqu’un avait annexée à la présence de son corps.

Le terroir se morcela, de sorte que chaque morceau
soit étiqueté du nom de celui qui avait pris pieds sur lui.
Le sol n’accepta plus que trace d’un seul unique pas.

(Michel Voiturier)

 

Recueil: Dits en plain désert
Editions: Clarisse

Posted in méditations | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Bilan (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 9 janvier 2017



Bilan

Ton regard de dévotion
mystique
sur les choses saintes
Tu me promets joie et lumière
Avec ton sourire à attirer le baiser
Avec ton sourire à attiser le désir

La mer noie l’ombre des navires
Quand le vent secoue un tapis de feuilles mortes
Sur le sable de la plage
Et que la nuit déchire les cris
D’un sol qui souffre

L’air frémit
L’univers se morcelle
Et le brouillard étouffe l’esprit lointain

La pluie vive

(Jean-Baptiste Besnard)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :