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Posts Tagged ‘se mouiller’

LES VOIX (Georges Themelis)

Posted by arbrealettres sur 31 janvier 2019



 

Odd Nerdrum_sleeping_couple

LES VOIX

Les voix qu’on avait entendues reviennent
Des lamentations et des bruissements remplissent l’air.

Le printemps vient et revient
Des arbres comme pétrifiés dans une lumière dure.

La lumière est rude et nous change,
Brûle le visage, dévore la peau.

La pluie arrive et tombe dans la mémoire,
Murs mouillés et moisis.
La chair se mouille en dedans, l’âme se mouille.

La fontaine où nous buvions ne coule pas.
Tu distingues le bruit, tu vois l’eau
Suspendue se penche vers la terre,
Comme d’un arbre une branche sèche.

Tu écoutes les rossignols que tu écoutais, ils ne s’arrêtent point
Dans l’ouïe attentive, dans les forêts attardées dans l’obscurité.
Tu dégustes les paroles de la nuit.
Mains que j’ai gardées dans les miennes,
Mains, doigts dans les doigts,
Vous êtes restées au toucher comme les taches
Qui ne disparaissent pas, comme du sang sur les habits.
Lèvres sur mes lèvres,
Ame sur mon âme.

Mer résonnant dans le sommeil. Vaste mer.

(Georges Themelis)

Illustration: Odd Nerdrum

 

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Le parc (Boris Pasternak)

Posted by arbrealettres sur 18 juin 2018




Sur les buissons croît la brouille
Des nuages nus. La bouche
Du parc, orties qui se mouillent,
Sent les orages, les souches.

Des soupirs, le bois se lasse.
Le ciel s’emplit de passages.
Nu-pieds, l’azur a la grâce
D’échassiers au marécage.

Comme des lèvres qui luisent,
Que la main n’a pas essuyées,
Brillent les saules, les alises,
Les pas sur la terre mouillée.

(Boris Pasternak)

Illustration: Corinne Salou

 

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COLLIER DE PERLES (Attila József)

Posted by arbrealettres sur 14 juin 2018



Illustration: Auguste Macke
    
COLLIER DE PERLES

Perles… rare collier… pures gouttes de pierre :
Sonnet… à son épaule apporte ta fraîcheur.
Je t’offre à cette femme. Et pourtant, plein d’ardeur,
Étrangle-la, Sonnet, si, ne daignant se taire,

Elle répond au scélérat cossu, prospère.
Sonnet, maudis-nous tous… si la fuit le bonheur.
Ses rêves, défends-les comme on défend la fleur.
Jette ton feu dès que se mouille sa paupière.

Tous mes pleurs sont pour elle. Oh! ne le dis jamais !
Elle en rirait. Tous les poèmes que je fais,
Mais ne le lui dis pas non plus, tous, sont pour elle.

Dans l’immense folie aboutit mon chemin.
Mais quand brille, à minuit, ta lumière si belle,
Sur ses cheveux, pour moi, dépose un baiser fin.

(Attila József)

 

Recueil: Aimez-moi – L’oeuvre poétique
Traduction: Georges Kassaï
Editions: Phébus

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Pour mon papa (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2018



Pour mon papa

J’écris le mot agneau
Et tout devient frisé :
La feuille du bouleau,
La lumière des prés.

J’écris le mot étang
Et mes lèvres se mouillent ;
J’entends une grenouille
Rire au milieu des champs.

J’écris le mot forêt
Et le vent devient branche.
Un écureuil se penche
Et me parle en secret.

Mais si j’écris papa,
Tout me devient caresse,
Et le monde me berce
En chantant dans ses bras

(Maurice Carême)

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Mes cuisses s’écartent (Ariane Dreyfus)

Posted by arbrealettres sur 12 mars 2018



Illustration: Pascal Renoux
    
Mes cuisses s’écartent devant ta main
Tes doigts se mouillant deviennent lumineux

Ce sont des moments comme de chantonner
Ce que je sens j’y pense fort à toi

Il faut toujours s’arrêter en chemin
Un simple contact la scintillation

Mon ventre n’est pas vide tu es si heureux

(Ariane Dreyfus)

 

Recueil: Iris c’est votre bleu
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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CRÉPUSCULE (Max Rouquette)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2016


 

CRÉPUSCULE

Des palombes effarouchées
dans la délice de leur chant
le vol tourne sur vigne et champ
jusqu’aux heures plus apaisées
que leur plainte s’en va cherchant.
La paix, lueur d’espoir lointain
envahira l’ombre céleste,
molle de lune et de clarté ;
mêlée à l’éclat du feuillage
l’ombre créera d’étranges formes,
et le crapaud, pour les étoiles,
son chant se mouillera de lune.

***

CALABRUN

De palombas espaurugadas
dins la délícia de son cant
lo vòu vira sus vinha e camp,
fins als oras apasimadas
que son planhum se’n vai sonant.
La patz, lusor d’esper lonhtàn
gandirà l’ombra celestiala
mola de luna e de clarum
mesclada al rebat del folhum
l’ombra farà de farfantelas
e lo sabaud, per las estelas,
son cant se banharà de lum.

(Max Rouquette)

 

 

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Quand l’orage viendra (Franz Hellens)

Posted by arbrealettres sur 11 juillet 2015



 

Quand l’orage viendra, les poules
Fuiront sous l’arbre tiède et sec
Moi, j’irai me mouiller la tête
En jouant avec les éclairs.

(Franz Hellens)

Illustration: Jean Martin

 

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