Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘se muer’

FOOTBALLEUR (Kazuko Shiraishi)

Posted by arbrealettres sur 19 juin 2019



Illustration: Tineke Storteboom
    
FOOTBALLEUR

Il est joueur de football
Tous les jours il donne des coups de pied dans un ballon
Un jour
Il a lancé l’amour haut dans le ciel
Et l’amour y est resté
Il n’est plus redescendu sur terre
Les gens pensaient, ce doit être le soleil
La lune ou une étoile nouvelle
Au fond de moi
Se trouve un ballon qui ne retombe jamais
Il reste là suspendu dans l’air
Vous pouvez voir comme il prend feu
Se mue en amour
En étoile.

***

FOOTBALL PLAYER

He’s a football player.
Kicks a ball, every day, he kicks a ball.
One day,
He kicked love up high into the sky.
It stayed there
And didn’t come down.
People thought it must be the sun,
The moon, or a new star.
Inside me,
A ball that never comes down,
Hangs suspended in the sky.
You can see it become fire,
Become love
Become a star.

***

FUßBALLSPIELER

Er ist ein Fußballspieler
Er tritt einen Ball, jeden Tag tritt er einen Ball
Eines Tages
Trat er die Liebe hoch in den Himmel
Und sie blieb dort
Sie kam nicht mehr herunter
Die Leute dachten, es sei die Sonne,
Der Mond oder ein neuer Stern
In mir
Gibt es einen Ball, der nie herunter kommt
Er bleibt hängen in der Luft
Du kannst sehen wie er entflammt
Liebe wird
Ein Stern wird

***

足球运动员

他是个足球运动员
踢一个球,每天他都踢一个球
有一天
他把爱踢上了天空
它留在那儿了
因为它没有落下来
人们认为它一定是太阳
是月亮或是一颗新星

我内心深处
永不落下的一颗球
悬挂在天空
你可以看到它变成火焰
变成爱情
正变成一颗星。

***

FUTBOLISTA

Es un jugador de fútbol
Patea una pelota, cada día patea una pelota
Un día
Pateó el amor hasta el cielo
Y se quedó allí
Sin descender hacia abajo
La gente pensó que debía ser el sol
La luna o una estrella nueva
Dentro de mí
Hay una pelota que nunca desciende
Está colgada, suspendida en el cielo
Puedes ver cómo se convierte en llamas
Se convierte en amor
Se convierte en estrella.

***

VOETBALLER

Hij is een voetballer
Hij schopt op een bal, iedere dag schopt hij op een bal
Op een dag
Schopte hij de liefde hoog in de lucht
En ze bleef er
Ze kwam niet meer naar beneden
De mensen dachten, het moet de zon zijn
De maan of een nieuwe ster
Binnen in mij
Is er een bal die nooit neerkomt
Hij blijft daar hangen in de lucht
Je kan zien hoe hij opvlamt
Liefde wordt
Ster wordt.

***

CALCIATORE

È un calciatore.
dà calci a un pallone, ogni giorno.
Una volta,
spedì con un calico l’amore su fino al cielo.
Rimasi lì
e non tornò più giù.
La gente pensava dovesse essere il sole,
la luna, o una nuova stella.
Dentro di me,
c’è una palla che non scende mai giù,
rimane lì, sopesa nel cielo.
puoi vederla diventare fuoco,
diventare amore
diventare una stella.

***

JOGADOR

Existe um jogador de futebol
Que a cada dia chuta uma bola
Um dia
Chutou o amor para o espaço
E ficou ali
Sem descer mais
As pessoas pensaram que deveria ser o sol a lua ou uma estrela nova

Dentro de mim
Existe uma bola que nunca desce
Está pendurada, suspensa no ar
Podes ver como se converte em chama
Convertida no amor
Convertida em estrela.

(Kazuko Shiraishi)

 

Recueil: ITHACA 587
Traduction: Français Germain Droogenbroodt – Elisabeth Gerlache / Anglais Stanley Barkan / Allemand Wolfgang Klinck / Chinois Zhou Dao Mo / Espagnol John Solt – Germain Droogenbroodt – Rafa Carcelén / Néerlandais Germain Droogenbroodt / Italien Germain Droogenbroodt – Stanley Barkan – Luca Benassi / Portugais José Eduardo Degrazia /Editions: POINTS

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le thé (Kikaku)

Posted by arbrealettres sur 27 octobre 2018



Le thé qu’ils ont oublié
en eau froide s’est mué.

(Kikaku)

Posted in haïku, poésie | Tagué: , , , , | Leave a Comment »

GOUTTES DE ROSÉE (John Clare)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2018




    
GOUTTES DE ROSÉE

Les gouttes de rosée sur chaque tige d’herbe
ressemblent tant à des gouttes d’argent
que j’ai dû me pencher en marchant
pour voir si c’étaient des perles,
et celles qui parsèment les lits de primevères
entrelacés de lierre sous le noisetier l’aubépine et les érables
ressemblent tant à des perles d’or
que j’ai dû me pencher pour sentir si elles étaient dures,
mais elles ont fondu sous mon doigt.

Et lorsque la rosée repose sur les feuilles
des primevères, des violettes et des aubépines,
elles sont émeraude et béryl
sans être pourtant rien d’autre
que la rosée du matin sur les feuilles en bourgeon
— mieux encore les herbes de la route
sont couvertes de perles d’or et d’argent
et plus on va plus elles paraissent brillantes
comme de l’or ou de l’argent solide.

Ce n’est que l’effet du soleil et de l’ombre
sur elles par ce matin de rosée
— chaque pointe d’épine chaque tige de ronce
a sa tremblante parure —
jusqu’au moment où le vent se fait un peu plus vif,
alors tout est jeté bas
et l’étincelante joaillerie se mue en une commune matinée de printemps
pleine de feuilles en bourgeon de primeroses
de violettes de véroniques de jacinthes d’orchidées
et de choses ordinaires

(John Clare)

 

Recueil: Poèmes et Proses de la Folie de John Clare
Traduction: Pierre Leyris
Editions: Mercure de France

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Et la montagne (Maurice Benhamou)

Posted by arbrealettres sur 5 août 2017




    
Et la montagne
devient un grand épaulement de nuit,
une nuit dans la nuit
pour ceux qui attendent
se taisant, oh, se taisant,
tant que la chair embue de nuit
se mue en de la terre inviolable,
de la matière de silence.

Ce fut une nuit
à l’odeur de terre moisie,
à l’odeur de cachot ;
l’instant d’une seule étoile
indifférente
la nuit
de la Révélation du Rien.

Miasmes de temps
qu’exhalent
les tièdes obscurités végétales.
Dans le chevelu des étoiles
grésillent des « où ? » des « quoi ? »

Un glacis d’effroi
ourle
le champ du guetteur.

(Maurice Benhamou)

 

Recueil: Tréfonds du Temps
Editions: Unes

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Un journal oublié (Tomas Tranströmer)

Posted by arbrealettres sur 19 mai 2016



Là-bas sur le terrain vague, non loin des immeubles,
il y a depuis des mois déjà un journal oublié, truffé d’événements.
Il vieillit durant les nuits et les jours de soleil et de pluie
en passe de se muer en plante, en chou pommé, de
s’unir à la terre.
Comme un souvenir qui peu à peu en nous se transforme.

(Tomas Tranströmer)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :