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Poésie

Posts Tagged ‘se nommer’

Derrière les étoiles (Daniel Leduc)

Posted by arbrealettres sur 29 juillet 2019



Derrière les étoiles
d’autres étoiles
se nomment

l’inconnu

toujours semblable
au différent

bouche
qui vocifère
son silence

tourbillon
extatique

d’une mémoire
sans
temps

La lumière
nous partage
nous
défragmente aussi

lien
qui lie
l’un à l’autre

autant
qu’il nous relie
à nous-même

épaisseur
de la page invisible
que l’on tourne
à peine
lorsque
l’on meurt

(Daniel Leduc)

Découvert ici: http://www.ipernity.com/blog/lara-alpha

 

 

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NOMMER (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 21 novembre 2018



 

Bao-Pham Thienbao 7804

NOMMER

Nommer
Foudres et limon
Ciel et terre
Confondus

Se nommer
Dans le bref

Entre la lueur
D’un chant
Et les serres
De la nuit.

(Andrée Chedid)

Illustration: Bao-Pham Thienbao

 

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J’ai été souvent seul dans ma vie (Jean-Claude Demay)

Posted by arbrealettres sur 20 mai 2018



J’ai été souvent seul dans ma vie
Défilaient les jours noirs et les blanches nuits
Heureusement me restaient les amis
Et cela me console et cela me suffit

Un jour je révélerai la mouvance de tous les là-bas
Le diamant des étoiles au fond des galactiques lacs
Où se perdent les cœurs les âmes et les pas
De ceux qui ne se souviennent pas
Du chemin qu’ils viennent d’emprunter
Et qui se nomme l’amitié

(Jean-Claude Demay)

Illustration: Stéphane Pencréac’h

 

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Frais ô ruisseau du regard (Georges-Emmanuel Clancier)

Posted by arbrealettres sur 23 janvier 2018



    

Frais ô ruisseau du regard glissant sur nous
Où brille vive ablette un temps nouveau comme
Le premier rire de l’été vers les rives.
Qui dira si la vasque se nommait hasard
Moins rencontre dans le jeu que souterrain désir
Ou si par la nuit l’ordre était écrit.
Que longtemps se poursuive en nous secret l’accord
Et que luise au-delà un silence rêvé.

(Georges-Emmanuel Clancier)

 

Recueil: Le Poème Hanté
Traduction:
Editions: Gallimard

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Comment se nomme la force (Pierre Dhainaut)

Posted by arbrealettres sur 19 septembre 2017




    
Comment se nomme
la force qui change
un cri en buée
la buée en lumière ?

farouche, prodigue,
on s’apprête à la suivre :

on ne craint pas d’obstacle,
il n’y a plus de cibles.

(Pierre Dhainaut)

 

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Mon souffle (Rose Ausländer)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2017



    

Mon souffle se nomme
Maintenant

(Rose Ausländer)

 

Recueil: Pays maternel
Traduction: Edmond Verroul
Editions: Héros-Limite

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Ce n’est pas le bonheur (Hannah Arendt)

Posted by arbrealettres sur 21 novembre 2016



Ce n’est pas le bonheur
Tel que l’imaginent
Ceux qui mendient, pleurent
Et accourent aux temples.
Et du parvis perçoivent la ferveur,
Et une sublimité sans les comprendre.
Puis, le regard mauvais, rebroussent chemin
Et se plaignent d’une existence perdue.

Qu’est-ce que le bonheur pour
Qui est en accord avec soi-même
Et ne heurte du pied
Que ce qui lui est destiné,
Pour qui se connaître est droit et frontière,
Pour qui se nommer est signe de lignée.

***

Das ist nicht Glück,
Wie die es meinen,
Die betteln, weinen,
Und zu Tempeln streben.
Und von dem Vorhof aus die Andacht sehen,
Und eine Weihe, die sie nicht verstehen.
Mit büsem Blick sich wenden dann zurück,
Und klagen über ein verlorenes Leben.

Was ist Glück dem,
Der mit sich selbst geeint ist,
Des Fuß nur stößt,
Wo es für ihn gemeint ist,
Für den Sich-Kennen Grenze ist und Recht,
Für den Sich-Nennen Zeichen im Geschlecht.

(Hannah Arendt)

 

 

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LA ROUE (Robert Guiette)

Posted by arbrealettres sur 31 mars 2015



LA ROUE

I
Chante, étranger sur le trottoir
Ta voix n’écarte aucun volet

Au soleil blanc reste en arrêt
Chante plus fort chante plus noir

Dos au mur aveuglant
Face au fronton des façades

La note frappera la seule vitre en flammes
Aux mille éclairs vois le sourire du temps

Comme
un grand visage
qui se nomme

II
O doux éclatement
Le livre s’est ouvert
et j’ai vu du coeur qui ne ment
déborder les souvenirs de mon enfance

Comment
dis-moi comment
ce passé s’est ouvert
que tu gardais si pieusement
pour habiter ce coeur d’abondance

La bouche de blessure
avait-elle mis son secret
dans la grenade mûre
Si longtemps
si longtemps après

C’est bien ma solitude
comme une ancienne fleur
qui plus tard a germé dans ce feu
Où donc
jadis perdue

III
La parole est morte
Et le monde est venu
Et les rues sont pleines de monde

Personne ne passe la porte
Tout se nomme refus
Et les ruines s’enivrent de monde

Au fond de la chaussée
une grande fleur d’encre
qui rature la joie

L’attente folle
couleur de fuite
un souvenir géant
qui efface tout

IV
Coeur dévasté pour rire
beauté usée par les sales regards

Le triste et le gai
comme des éventails
et la blessure comme un loup

L’histoire finit
lorsqu’il n’est plus temps

V
La rue suit sa pente
Les hommes leur chemin
ou suivent les passantes
Moi seul je me souviens
Le soleil las poursuit sa route
Les fenêtres s’entrouvrent
au silence à la fraîcheur

Une grande roue tourne
et tourne grande roue
où les hommes s’usent

La terre mâche la terre

(Robert Guiette)

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