Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘se nourrir’

Vient le jour où la beauté borde notre chemin (Hélène Dorion)

Posted by arbrealettres sur 11 mars 2018




    
Vient le jour où la beauté borde notre chemin.
On se penche sur la vie, et aussitôt
on se relève, le coeur tremblant, plus fort
d’une vérité ainsi effleurée.

Vient le jour où l’on pose la main
sur un visage, et tout devient la clarté
de ce visage. Tout se nourrit
du même amour, d’un même rayon de bleu
et boit au même fleuve. Tout va
et vient dans un unique balancement des choses.

(Hélène Dorion)

 

Recueil: Sans bord sans bout du monde
Traduction:
Editions: La différence

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Demain (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2018



Demain

Nous glisserons sur un fleuve royal
Et chaque été nous prendrons dans nos mains
L’or jaillissant d’un tout nouveau langage,
Nous serons clairs et simples comme l’eau.

Je t’aimerai car tu seras ma lèvre
L’ombre des mots caressera ta joue
D’une aile fraîche et nous suivrons leurs vols
Mais nous tairons le nom de notre terre.

Chaque pensée est un saut d’antilope
Pour éveiller nos intimes forêts.
Chaque écureuil se nourrira d’un rêve
Qu’entre nos doigts nous aurons fait mûrir.

Au confluent des tigres et des mers,
Nous nous boirons comme terre et rosée.
Ce sera l’aube et dans sa main de flamme
Nous renaîtrons porteurs de nos ferments.

(Robert Sabatier)

 

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

À partir de l’inaliénable singulier (Jean-Pierre Chambon)

Posted by arbrealettres sur 2 mars 2018



    

À partir de l’inaliénable singulier
éveiller des voix inouïes
qui donneront pouvoir
de parler au pluriel
tel est le rêve
le projet prodigieux
dont se nourrit le désir d’écrire

(Jean-Pierre Chambon)

 

Recueil: Tout-venant
Traduction:
Editions: Héros-Limite

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Dis-moi où vit le silence (Luis Mizón)

Posted by arbrealettres sur 15 février 2018



Le vent souffle et ma peau se ride
puits de l’oeil et de l’étoile aveugle
ma parole est regard et rire
je me nourris de silence.

Dis-moi où vit le silence
non ce que l’homme nomme
quand il dit silence ou le silence
mais ce qu’il regarde
avant de se jeter bras ouvert dans l’abîme
du haut d’une tour en flammes
dans la rupture de tous les mots
là où l’horizon pèse dans sa balance désarmée
la dernière goutte d’homme
qui tombe dans le vide.

(Luis Mizón)

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Je ne sais rien (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 12 février 2018




    

Je ne sais rien

Je ne sais rien de toi, je ne sais rien
de moi. J’ignore où se trouve ton ciel.
Le mien si noir se cache à tes regards
et nous vivons de ce rien d’être ensemble
quand tous les mots me semblent séparés.

Où fut ta bouche il reste mon baiser.
Entre nos mains s’abrite l’invisible.
Nous parcourons des espaces fragiles
où tout s’efface, où la lèvre est le fruit,
où notre faim de la faim se nourrit.

D’où vient l’instant qui nous unit, d’où vient
la goutte d’heure où nos songes croisés
d’un océan firent l’éternité ?
Es-tu la voile et moi suis-je la barque ?
Le vent nous aime, ô mon île, ô ma joie !

(Robert Sabatier)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Albin Michel

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

À la recherche du paysage nouveau (Yves Mabin Chennevière)

Posted by arbrealettres sur 8 février 2018



Illustration
    

— À la recherche du paysage nouveau,
où pâlit le dessin que le regret pollue,
s’effritent les projets qui n’ont pas abouti,
s’effacent les rêves flottant sans images,

À la recherche du paysage nouveau,
où le sang usé se nourrit d’un air intact,
le corps brisé restaure ses membres rompus,
l’âme famélique se gave d’émotions,

À la recherche du paysage nouveau,
je découvre tes yeux qu’une eau pure a baignés,
je découvre ton corps que le soleil anime,
je découvre ton coeur que mon regard impulse ;

(Yves Mabin Chennevière)

 

Recueil: Variations du sensible
Traduction:
Editions: De la Différence

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Mémoire (Paul Celan)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2018



Illustration: René Magritte
    
Mémoire

De figues se nourrisse le coeur
en qui l’heure se souvient
de l’oeil-amande du mort.
Qu’il se nourisse de figues.

Escarpé,
sous le souffle marin,
le front échoué,
frère des écueils.

Blanche,
augmentée de tes cheveux,
la toison
du nuage paissant.

***

Remembrance

Nourished by figs be the heart
wherein an hour thinks back
on the deadman’s almond eye.
Nourished by figs.

Steep, in the seawind’s breath,
the shipwrecked
forehead,
the cliff-sister.

And full-blown by your white hair
the fleece
of the grazing cloud.

***

Andenken

Feigengenährt sei das Herz,
darin sich die Stunde besinnt
auf das Mandelauge des Toten.
Feigengenährt.

Schroff, im Anhauch des Meers,
die gescheiterte
Stirne,
die Klippenschwester.

Und um dein Weißhaar vermehrt
das Vlies
der sömmernden Wolke.

(Paul Celan)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Quand j’ai faim tout me nourrit (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 21 janvier 2018



Claughton Pellew Valleyevening_Knight
Quand j’ai faim tout me nourrit
racontait cette chanteuse
dont le nom m’est inconnu

Un visage la pluie l’aboiement
d’un chien moi aussi
quand j’ai grande faim

musardant par les rues populeuses
dérivant au gré de mon humeur
je m’emplis de tout ce qui s’offre

Des visages des regards un arbre un nuage
la lumière du jour le sourire d’un enfant
tout est absorbé tout me nourrit

(Charles Juliet)

Découvert chez la boucheaoreilles ici

Illustration: Claughton Pellew

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Un silence (Yves Namur)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2018



Ettore Aldo Del Vigo -   (95)

Il y a tout au fond de la fatigue
Tout ce qu’un homme a de plus beau à donner :

Son courage peut-être,
Sa sueur perlée, sa respiration difficile
Et ses blessures déjà anciennes.

Et au sommet de la colline,
Près des myrtilles, des bruyères et de la pluie,

Il y a aussi ce secret bien gardé

Que seule
La Nature est prête à partager avec lui.

***

Un silence
Qui ne se mesure pas au nombre de mètres qu’il faut pour l’enjamber
Et passer dans l’histoire d’un autre silence,

Un silence
Qui est parfois rempli de pétales de roses
Et de tristesse,

Un silence
Qui ressemble parfois à ces choses qu’on a perdues,
Englouties par des torrents de pluie
Ou des amours déçues.

Un silence comme ça nous renverse parfois,
Comme si nous n’étions qu’un simple tas de paille
A la merci du vent.

(…)

***

J’ai souvent pensé à ceci :

Il doit encore bien exister quelque part dans le monde
Des fragments de silence
Dont l’homme ne s’est jamais approché.

Quelques fragments,
Cachés peut-être tout au fond d’un puits perdu

Ou sur les parois d’une caverne profonde
Et encore inexplorée.

En quelque sorte des lambeaux,
Des fragments de ce qui pourrait être du silence originel

Dont seuls quelques insectes minuscules
Partageraient les secrets.

Et je me dis parfois que penser ainsi n’est pas bon,
Et qu’il n’y a que les poètes pour se nourrir de hasard, de coïncidences et de riens …

(Yves Namur)

Illustration: Ettore Aldo Del Vigo

Découvert chez la boucheaoreilles ici

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Lumière (Yves Mabin Chennevière)

Posted by arbrealettres sur 9 janvier 2018




    
— Lumière,

Saisis-moi,
empare-toi de moi,
ne m’emporte pas hors du Temps,
hors de ce monde,
n’anéantis pas l’ombre d’où tu es née,
où je me repose,
immortalise ce dont mortel mon corps se nourrit,
les formes, les couleurs,
les sons, les souvenirs, les odeurs,
la solitude,
le silence,

Lumière,

Prends ce qui m’appartient,
mais qu’ai-je à te donner que tu n’aies déjà ?
possède-moi,
transfuse-moi,
transfigure-moi,
Lumière !

(Yves Mabin Chennevière)

 

Recueil: Variations du sensible
Traduction:
Editions: De la Différence

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :