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Poésie

Posts Tagged ‘se passer’

UN CHEMIN (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 13 avril 2019




Illustration: Vladimir Kush
    
UN CHEMIN

Un chemin qui est un chemin
sans être un chemin
porte ce qui passe
et aussi ce qui ne passe pas

Ce qui passe est déjà passé
au moment où je le dis
Ce qui passera
je ne l’attends plus je ne l’atteins pas

Je tremble de nommer les choses
car chacune prend vie
et meurt à l’instant même
où je l’écris.

Moi-même je m’efface
comme les choses que je dis
dans un fort tumulte
de bruits, de cris.

(Jean Tardieu)

 

Recueil: L’accent grave et l’accent aigu
Traduction:
Editions: Gallimard

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UN DIMANCHE DE FIN DE VACANCES (Jan Skacel)

Posted by arbrealettres sur 19 mars 2019




    
UN DIMANCHE DE FIN DE VACANCES

Des choses merveilleuses se passent dans le ciel
et dans le jardin
les petites filles jouent à la poupée
Un garçon saute à la corde
La corde de chanvre détoure une sphère
l’enfant est complètement dedans

Derrière la clôture le vent annonce l’automne
Le sifflement du chanvre
tranche l’air et grésille
comme le silence au-dessus du cimetière des insectes

(Jan Skacel)

 

Recueil: Millet Ancien
Traduction: Yves Bergeret & Jiri Pelan
Editions: Atelier la Feugraie

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Ouvrir le coffre des ultimes regards (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 18 mars 2019



Illustration: Patrick Marquès
    
Ouvrir le coffre des ultimes regards,
ceux dont la quiétude est le support de la vision.
Et voir à nouveau sans faire de différences
entre un et aucun,
entre quelqu’un et personne.

Jusqu’à ne devenir ainsi que la vision
qui voit sans séparer
la nuit de l’être
et l’aube du non-être.

Et ne pas refermer le coffre.

Les ultimes regards
peuvent se passer de tout abri.

***

Abrir el cofre de las miradas últimas,
aquéllas cuya quietud es el respaldo de la visión.
Y volver a ver sin hacer diferencias
entre uno y ninguno,
entre alguien y nadie.

Hasta convertirse asi sólo en la visión
que ve sin separar
la poche del ser

y la aurora del no ser.
Y no cerrar otra vez el cofre.

Las últimas miradas
pueden prescindir de todo resguardo.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Quatorzième poésie verticale
Traduction: Sivia Baron Supervielle
Editions: José Corti

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Et surtout regarder avec innocence (Alejandra Pizarnik)

Posted by arbrealettres sur 12 novembre 2018




Et surtout regarder avec innocence.
Comme s’il ne se passait rien,
ce qui est sûr.

(Alejandra Pizarnik)

 

 

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Il manque une lettre (Bernard Noël)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2018



 

Illustration: Régine Boillet
    
il manque une lettre
pour tenir la clé
entrer nulle part

et manquer de tout
ainsi crée-t-on dieu
par force d’absence

si le coeur doit battre
autant qu’il se passe
enfin quelque chose

la tête à l’envers
tu vois sous les robes
monter l’infini

puis il se retire
dans la chevelure
et ça te déchire

(Bernard Noël)

 

Recueil: Un livre de fables
Traduction:
Editions: Fata Morgana

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Possédons-nous les mots (Robert Mallet)

Posted by arbrealettres sur 28 août 2018



    

Possédons-nous
les mots que nous livrons
à d’autres?
nous le croyons
puisque nous les portons
en nous

Nous les portons
les mots de tous
même ceux qui suintent
de notre sueur
ceux qui saignent
de notre sang
ceux qui jouissent
de notre plaisir
ceux qui germent
de notre sève

Les mots de chacun
sont à tous
chacun les reçoit de tous
et les porte
vers chacun

Les mots ne sont pas
de nous
ils sont de ce corps
anonyme
sans visage
qui ne peut se passer
de nous
pour exister

Les mots que nous portons
et que nous prononçons
nous croyons les forcer
à devenir les nôtres
c’est eux qui nous font
leur

Les mots viennent d’ailleurs
d’on ne sait où
ils vont ailleurs
on ne le saura pas
Nous sommes traversés
par les mots

(Robert Mallet)

 

Recueil: Presqu’îles presqu’amours
Traduction:
Editions: Gallimard

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La peur (Baruch Spinoza)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2018



Illustration
    
La peur ne peut se passer de l’espoir
et l’espoir de la peur.

(Baruch Spinoza)

 

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Ah ! Dis-moi ton bonjour, au moins de temps en temps (Ibn Zaydûn)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2018



Illustration: Paul Delvaux
    
D’entre tous les mortels, c’est à toi que tend mon bonheur,
c’est toi, jour après jour, qui occupes mes rêves.

Chaque fois qu’un souci vient assaillir mon âme,
ton souvenir suffit à ma joie, à ma vie.

Me passer de toi, qui m’es tout ?
Autant, assoiffé, me passer d’eau claire

[…]

Je vois le soleil perçant sous ton voile
et, dans ton corps qui ploie, une branche de saule.

Ah! Si mon désir pouvait m’emporter jusqu’à toi !
Et comment voler, quand on vous a coupé les ailes ?

Mais peu m’importe d’être avec toi ou loin,
peu m’importe le jour, de rencontre ou d’exil :

Il me suffit que mon rêve te voie,
où que tu sois, matin ou soir.

Je te dois cette âme jamais exempte de tristesse,
ce coeur jamais libéré de l’amour.

Ah ! Dis-moi ton bonjour, au moins de temps en temps,
et quand ce ne serait qu’en un souffle du vent !

(Ibn Zaydûn)

 

Recueil: Pour l’amour de la Princesse (Pour l’amour de Wallâda)
Traduction: André Miquel
Editions: Actes Sud

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Le commencement du monde (Henri Meschonnic)

Posted by arbrealettres sur 27 mai 2018



 

le commencement du monde c’est
nous en nous c’est tout ce qui
se fait de nous sans que nous
le sachions avec la fête
dans les yeux dans les mains dans
ce qui se passe de nous entre
tout le temps de tous les corps.

(Henri Meschonnic)

Illustration: Constantin Brancusi

 

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Avec l’âge on renonce à bien des choses (Grégoire Lacroix)

Posted by arbrealettres sur 21 avril 2018



vieillesse

Avec l’âge on renonce à bien des choses
dont on aurait pu se passer beaucoup plus tôt.

(Grégoire Lacroix)

Découvert chez la boucheaoreilles ici

 

 

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