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Poésie

Posts Tagged ‘se perpétuer’

Nous hébergeons (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 3 janvier 2018




    
Nous hébergeons cycles et métamorphoses
Mondes rampants et prouesses
Abysses et flambées

Champs de bataille
De l’indicible avenir
En nous
Se perpétuent
L’instinct incendiaire
Comme le penchant d’aimer

(Andrée Chedid)

 

Recueil: Par-delà les mots
Traduction:
Editions: Flammarion

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Tu l’entrevois (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 16 septembre 2017




    
Tu l’entrevois

Tu l’entrevois, la belle plénitude
avec sa corne et ses fruits échappés.

Nous avons bu les eaux de tant de sources,
de tant d’oiseaux nous avons bu le chant.

Sommes-nous là pour remercier le ciel
de ces présents que la terre a donnés ?

Nous célébrons de fades artifices
quand le miracle apparaît sous nos yeux.

Et ce miracle — ici tout est miracle —,
c’est que la vie allant de corps en corps

se perpétue au bord de ce cratère
où le feu vif ne brûle qu’au-dedans.

(Robert Sabatier)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Editions: Albin Michel

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Dans les yeux, rien de leur histoire ne s’efface (Georges Rodenbach)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2017



Dans les yeux, rien de leur histoire ne s’efface;
Rien n’est soluble; tout s’avère à leur surface…

Ainsi tels yeux ont l’air pauvres dorénavant
Pour avoir médité d’entrer en un couvent;
Tels sont en fleur pour avoir vu des orchidées;
D’autres sont nus de tant de fautes regardées;
On y perçoit des courtisanes se baignant
Et par leurs fards perdus l’eau des yeux est nacrée;
D’autres, pour être nés près d’un canal stagnant,
Portent un vaisseau noir qu’aucun marin ne grée
Et qui semble, dans eux, captif en des glaçons…
Prolongement sans fin ! Survie ! Aubes lointaines !
Ciel qui met dans les puits de bleus caparaçons !
Nuages habitant les prunelles humaines !

Tout le passé qui s’y garde, remémoré !
Tout ce qui s’y trahit qu’on croyait ignoré :
Les voeux qu’on viola; les seins que nous fleurîmes;
Et le regard qu’on eut en pensant à des crimes;
Et le regard qu’on eut, pris d’un dessein vénal,
Fût-ce un instant, jadis, devant des pierreries
— Trésor qu’on troquerait contre ses chairs fleuries —
Et qui fait à jamais, de 1’oeil, l’écrin du Mal.

Car tout s’y fige, y dure, et tout s’y perpétue
Désirs, mouvements d’âme, instantané décor,
Tout ce qui fut, rien qu’un moment, y flotte encor;
Dans l’air des yeux aussi survit la cloche tue,
Et l’on voit, dans des yeux qui se croient gais et beaux,
D’anciens amours mirés comme de grands tombeaux !

(Georges Rodenbach)

 

 

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Dans cette lente nuit se perpétue le baiser (Lina Lachgar)

Posted by arbrealettres sur 10 novembre 2016



 

Dans cette lente nuit
Se perpétue le baiser
La ferveur est toujours en moi
Tout ce que je fais réfléchit ton absence
Tout est sauvé
Tu restes liée au souffle que je respire
Ne nous hâtons plus
Le lierre a toute l’éternité

(Lina Lachgar)

Illustration: Gustav Klimt

 

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Trois Étoiles (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 25 mai 2016



Trois Étoiles

J’ai perdu le regret du mal passé les ans.
J’ai gagné la sympathie des poissons.
Plein d’algues, le palais qui abrite mes rêves est un récif
et aussi un territoire du ciel d’orage
et non du ciel trop pâle de la mélancolique divinité.
J’ai perdu tout de même la gloire que je méprise.
J’ai tout perdu hormis l’amour, l’amour de l’amour,
l’amour des algues, l’amour de la reine des catastrophes.
Une étoile me parle à l’oreille :
Croyez-moi, c’est une belle dame
Les algues lui obéissent et la mer elle-même se transforme en robe de cristal
quand elle paraît sur la plage.
Belle robe de cristal tu résonnes à mon nom.
Les vibrations, ô cloche surnaturelle, se perpétuent dans sa chair
Les seins en frémissent.
La robe de cristal sait mon nom
La robe de cristal m’a dit :
« Fureur en toi, amour en toi
Enfant des étoiles sans nombre
Maître du seul vent et du seul sable
Maître des carillons de la destinée et de l’éternité
Maître de tout enfin hormis de l’amour de sa belle
Maître de tout ce qu’il a perdu et esclave de ce qu’il garde encore.
Tu seras le dernier convive à la table ronde de l’amour
Les convives, les autres larrons ont emporté les couverts d’argent.
Le bois se fend, la neige fond.
Maître de tout hormis de l’amour de sa dame.
Toi qui commandes aux dieux ridicules de l’humanité
et ne te sers pas de leur pouvoir qui t’es soumis.
Toi, maître, maître de tout hormis de l’amour de ta belle »
Voilà ce que m’a dit la robe de cristal.

(Robert Desnos)

 

 

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C’était un temps de grisaille indéfinie (Antoine Emaz)

Posted by arbrealettres sur 6 février 2016



C’était un temps de grisaille indéfinie
– rien ne s’achevait vraiment.
Cela se perpétuait seulement, de façon assez creuse.

On aurait pu se contenter de cette durée pâle
mais qui avait l’avantage de se maintenir,
de se poursuivre à travers des journées
remplies de détails à régler.

Mais cela sonnait fêlé :
quelque chose poussait comme à l’intérieur de cette coque
et on ne voyait pas bien quoi.

On se demandait si cela aurait la force de faire éclater
tout ce qui s’était peu à peu incrusté, épaississant,
renforçant la coquille, au fur et à mesure.

En même temps que cette attente comme d’une renaissance,
il y avait la crainte de bouleverser,
la peur que quelque chose ne s’épuise dans le bouleversement
et qu’on se retrouve défait, sans rien.

On ne pouvait guère mesurer le danger, mais il pesait,
et parfois faisait presque regretter le malaise sans issue
mais plus supportable, semblait-il.

(Antoine Emaz)

Illustration: Salvador Dali

 

 

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Comme il se doit (Mario Luzi)

Posted by arbrealettres sur 30 octobre 2015



Comme il se doit

Que veux-tu, toi qui viens de si loin
et pénètres d’un vol aveugle dans le brouillard
jusqu’ici où même les oisillons de nid
de branche en branche perdent leur chemin?

La vie comme il se doit se perpétue,
s’éparpille en mille ruisseaux. La mère
rompt le pain aux petits, alimente
le feu ; la journée s’écoule pleine
ou maussade, un étranger arrive, s’en va,
la neige tombe, il y a une éclaircie, ou bien une bruine
de fin d’hiver estompe les couleurs,
imprègne souliers et vêtements, il fait nuit.

C’est peu, d’autre chose point de signe.

(Mario Luzi)

Illustration: André Jolly

Découvert ici: http://www.ipernity.com/blog/lara-alpha

 

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