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Poésie

Posts Tagged ‘se plier’

LE BAMBOU (José Juan Tablada)

Posted by arbrealettres sur 30 avril 2018



 

feux-d-artifice

LE BAMBOU

Fusée fine de fête
le bambou sitôt grandi se plie
en pluie de multiples émeraudes.

(José Juan Tablada)

 

 

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Il y aura d’autres jours (Antoine Emaz)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2018



Illustration : Pierre Faure
    
Il y aura d’autres jours : on dort là-dessus. Dans l’abri
creusé, laisser place pour ce qui viendra. Passent des
jours sans heures. On se plie dans le détroit de l’oeil
avant l’angle : on attend.

Le mur coupe. Rien d’autre, devant.

Les mains savent, autant que les yeux.

(Antoine Emaz)

Recueil: Caisse claire
Traduction:
Editions: Points

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Tristesse (Napoléon Aubin)

Posted by arbrealettres sur 5 février 2018




    
Tristesse

Seul bien que j’envie,
Amour! douce erreur!
Viens, ma triste vie
S’éteint de langueur.
Ô coupe d’ivresse,
Pourquoi te tarir?
Ô fleur de jeunesse,
Pourquoi te flétrir?

Une fièvre ardente
Consume mes os:
Chacun se tourmente
Pour changer de maux,
On suit sa chimère,
On fait des projets…
Et bientôt la terre
Les couvre à jamais.

Comme un flot se brise
Aux rochers du bord,
Ma vigueur s’épuise
A vaincre le sort.
Mal qui me possèdes,
Abrège ton cours!
Combien tu m’obsèdes,
Ô fardeau des jours!

Seul parmi la foule
Je m’en vais en rêvant,
Et sans but je roule
Au pouvoir du vent.
J’offre, en ma détresse,
J’offre à tous la main,
Mais nul ne la presse;
Ils vont leur chemin…

Ô mélancolie
Qui partout me suit,
Vois, mon âme se plie
Au faix des ennuis!
Chaque doux prestige
A fui devant toi:
Monde où tout m’afflige
Que veux-tu de moi?

La joie est donnée
A nos jeunes ans.
La vie et l’année
N’ont qu’un seul printemps.
Malheur à qui chasse
Les tendres plaisirs;
L’hiver bientôt glace
Et fleurs et désirs…

Je vis une rose
Au déclin du jour;
Que ma main t’arrose,
Dis-je, ô fleur d’amour!
Pour qu’elle te cueille
Demain sans retard.
Je vins.. mais sa feuille
Volait au hasard.

(Napoléon Aubin)

 

 

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De l’aube de nos corps (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 3 novembre 2017



    

De l’aube de nos corps aux ténèbres du couchant
La terre lit en nous son écho et ses traces
Des chemins se chantent
Des chemins se plient

Je ne compte pas les oiseaux qui défilent
Elle demande : par où venir à nos espaces?
Je ne compte pas les territoires qui se reproduisent
Fous de confidences
En elle et en nous

(Adonis)

 

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Ici rien ne se passe (Heather Dohollau)

Posted by arbrealettres sur 6 octobre 2016



Ici rien ne se passe
tout est dehors
Le temps se plie comme un vêtement
Dans un coin
La mer rentre par transparence
Par la porte de verre
L’eau de la lumière tremble
Sur les murs lisses
Prison ou sanctuaire
Fermé à double tour
Par le regard même
La paix de l’instant se boit
Dans une coupe sans bord
Là-bas un bateau gîte
Toutes voiles dehors
Et avec l’écume bleue
Je mouille la page

***

Here nothing happens
all’s on the other side
time folded like a coat
lies in a corner
the sea comes clearly in
through the glass door
and on the walls
the watery light is trembling
prison or sanctuary
so well locked up
in its own vision
that the instant’s peace
is drunk in a rimless cup
out there a ship is listing
under sail
and with the blue of the spray
I damp the page

(Heather Dohollau)

Illustration: ArbreaPhotos

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Récréation (Odilon-Jean Périer)

Posted by arbrealettres sur 22 août 2016



Récréation

Muse des champs je vous rejoins.
Ouvrez votre aile, mon amie,
nous allons conquérir la pluie
et mille foudres dans les foins.

Ce minuit pâle, je l’accueille,
où le peuplier des jardins
hésite, se plie, et soudain,
pêche la lune au ras des feuilles.

Mais demain, ma fidèle amie,
ivres de verdure et d’émoi,
nous célébrerons les prairies,
nous nous baignerons dans les bois.

Et si les flûtes de la vie
aux cris du seigle ont répondu,
je vous dirai, sans ironie,
que ce Dimanche m’était dû.

(Odilon-Jean Périer)

 

 

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L’homme s’enfuit, le cheval tombe (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 13 décembre 2015



L’homme s’enfuit, le cheval tombe,
La porte ne peut pas s’ouvrir,
L’oiseau se tait, creusez sa tombe,
Le silence le fait mourir.

Un papillon sur une branche
Attend patiemment l’hiver,
Le coeur est lourd, la branche penche,
La branche se plie comme un ver.

Pourquoi pleurer la fleur séchée
Et pourquoi pleurer les lilas ?
Pourquoi pleurer la rose d’ambre ?

Pourquoi pleurer la pensée tendre ?
Pourquoi chercher la fleur cachée
Pourquoi Si l’on n’a pas de récompense ?

– Mais pour ça, ça et ça.

(Paul Eluard)

Illustration

 

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Je campe dans tes chevelures (Hubert Juin)

Posted by arbrealettres sur 19 juin 2015



 

Alexander Sigov  (17) [1280x768]

Je campe dans tes chevelures
Le chant se plie à tes pieds et prie
Le bec de tes seins m’ouvre
Voici des fontaines des renards pris aux cris
Alors tu danses Tatouée Cristal nu
Je n’irai jamais plus avant que ta nuit
Pour moi tu inventes les siècles les batailles les épopées les légendes
Tu fais l’Histoire obscène
Tu chevauches l’envers des mots

Je te veux lente peureuse un peu lourde d’ornements ôtés
Je t’ai logée dans le creux des arbres où rien ne vient
que l’air craintif le péché et la salsepareille

(Hubert Juin)

Illustration: Alexander Sigov

 

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