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Poésie

Posts Tagged ‘se promener’

Un jour l’empereur (Inconnu)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2022



    
Un jour l’empereur avait admiré, en se promenant,
un prunier aux fleurs roses
et il voulait le faire transporter dans son jardin;
il envoya un messager pour déraciner l’arbre.
La maîtresse de l’enclos où se trouvait le prunier répondit:


Puisqu’il le désire,
Celui que chacun bénit,
Cela doit suffire;
Mais au rossignol que dire
Lorsqu’il cherchera son nid?

(Inconnu)

Recueil: Poëmes de la libellule
Traduction: Judith Gautier
Editions: Beaux-Arts de Paris

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Les Filles (Charles-Ferdinand Ramuz)

Posted by arbrealettres sur 2 mars 2022



Illustration 
    
Les Filles

Le dimanche soir, les filles se promènent dans
leurs belles robes, bras dessus bras dessous, en
grandes bandes sur la route;
elles vont jusqu’au bois, elles s’en reviennent,
les oiseaux se couchent dans les cerisiers.

On entend leurs rires : de quoi rient-elles ?
Ah ! les filles qui n’ont pas vingt ans,
ça ne sait que rire et de tout le monde,
mais c’est pour faire voir qu’on a de jolies dents.
Alors, les garçons vont à leur rencontre;
elles, elles les voient venir, elles cessent de
chanter; elles rient en dedans, les regards baissés,
on les voit qui se serrent les unes contre les autres
comme sous un arbre quand il pleut.

(Charles-Ferdinand Ramuz)

 

Recueil: Le Petit Village
Traduction:
Editions: Héros-Limite

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Un certain homme (Pierre Menanteau)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2022




Un certain homme

Ignorant de ses dieux
Mais adorant la vie,
Un homme curieux,
Sensible, sans envie,
Se promène en tous lieux.

Il ne sait pas toujours
Quel est son vrai visage.
Un souffle – est-ce l’amour? –
Passe dans le feuillage,
Révèle les contours.

Sa femme, ses enfants,
Ses amis innombrables,
Les animaux charmants
Qui sortent de leurs fables
Enchantent ses tourments.

Il lui faut tout cela
Au pays sans frontière
Où s’attardent ses pas:
Il faut que cette terre
Ouvre tout grands les bras.

(Pierre Menanteau)

 

 

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Les perles de rose (Gilbert Saint-Pré)

Posted by arbrealettres sur 10 novembre 2021




Les perles de rose

Si tu veux inventer un collier,
Tiens, voici comment procéder.
De bon matin, te réveiller,
Dans les rosiers, te promener.

Tu verras des perles de rosée,
Sur les roses elles sont accrochées.
Une bonne poignée tu cueilleras,
Dans une boîte tu les rangeras.

Un cheveu d’or pour les assembler,
Un tout petit noeud pas trop serré,
Ainsi tu auras un joli collier,
Aussi souple que celui d’une fée.

(Gilbert Saint-Pré)

Illustration

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L’arbre taillé (Malcolm de Chazal)

Posted by arbrealettres sur 9 novembre 2021


L’arbre taillé
Se promenait
En veston de ville
Dans les
Squares.

(Malcolm de Chazal)

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QUAND SOUS LA LUNE (Czeslaw Milosz)

Posted by arbrealettres sur 11 avril 2021



QUAND SOUS LA LUNE

Sous la lune quand se promènent les femmes avec des robes à fleurs
Leurs yeux m’étonnent, leurs cils et tout l’ordre du monde.
Il me semble que d’une si grande inclination mutuelle
Pourrait enfin résulter la vérité ultime

(Czeslaw Milosz)


Illustration: Sandro Botticelli

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NOCTURNE (ET PUIS) (Christian Arabian)

Posted by arbrealettres sur 3 mars 2021



Alice Pike Barney 29739 [1280x768]

NOCTURNE
(ET PUIS)

Et puis
Je crois qu’on s’aimait vraiment
Et puis
Tout était grave et charmant
Et puis
J’allais chez toi chaque nuit
Et puis
Tu m’appelais en dormant

Alors, le matin nous reprenait
Alors, nous allions nous promener
Alors, c’était une autre journée
Et puis
Le soleil ou bien la pluie
Et ces jours heureux je te les dois
Je peux les compter sur mes doigts
Peut-être moins d’une semaine à peine à peine
Un train s’en allait et je l’ai pris
Et je ne t’ai jamais écrit
Comme j’en avais fait promesse promesse de Paris

Et puis
Je ne sais plus qui tu es
Et puis
Je me suis habitué
Et puis
Je ne sais plus où je suis
Et puis
Je vais chez toi chaque nuit
Et puis
Et puis
Et puis.

(Christian Arabian)

Illustration: Alice Pike Barney

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Dans le chemin toujours trempé (Francis Jammes)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2021




    
Dans le chemin toujours trempé, tant y est épais
le feuillage visqueux de l’aulne amertumé,
nous nous promènerons. Mais comme elle est plus grande
que moi, c’est elle qui écartera les branches
et elle encore qui mettra sur mon épaule
sa joue et ses yeux bleus qui fixeront le sol.

(Francis Jammes)

 

Recueil: Clairières dans le Ciel
Traduction:
Editions: Gallimard

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Prisonnier d’un bureau (François Coppée)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2021



François Coppée    
    
Prisonnier d’un bureau, je connais le plaisir
De goûter, tous les soirs, un moment de loisir.
Je rentre lentement chez moi, je me délasse
Aux cris des écoliers qui sortent de la classe ;
Je traverse un jardin, où j’écoute, en marchant,
Les adieux que les nids font au soleil couchant,
Bruit pareil à celui d’une immense friture.
Content comme un enfant qu’on promène en voiture,
Je regarde, j’admire, et sens avec bonheur
Que j’ai toujours la foi naïve du flâneur.

(François Coppée)

Recueil: Promenades et interieurs
Traduction:
Editions:

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LES PRUNES (Alphonse Daudet)

Posted by arbrealettres sur 29 novembre 2020



    

LES PRUNES.

I.

Si vous voulez savoir comment
Nous nous aimâmes pour des prunes,
Je vous le dirai doucement,
Si vous voulez savoir comment.
L’amour vient toujours en dormant,
Chez les bruns comme chez les brunes ;
En quelques mots voici comment
Nous nous aimâmes pour des prunes.

II.

Mon oncle avait un grand verger
Et moi j’avais une cousine ;
Nous nous aimions sans y songer,
Mon oncle avait un grand verger.
Les oiseaux venaient y manger,
Le printemps faisait leur cuisine ;
Mon oncle avait un grand verger
Et moi j’avais une cousine.

III.

Un matin nous nous promenions
Dans le verger, avec Mariette :
Tout gentils, tout frais, tout mignons,
Un matin nous nous promenions.
Les cigales et les grillons
Nous fredonnaient une ariette :
Un matin nous nous promenions
Dans le verger avec Mariette.

IV.

De tous côtés, d’ici, de là,
Les oiseaux chantaient dans les branches,
En si bémol, en ut, en la,
De tous côtés, d’ici, de là.
Les prés en habit de gala
Étaient pleins de fleurettes blanches.
De tous côtés, d’ici, de là,
Les oiseaux chantaient dans les branches.

V.

Fraîche sous son petit bonnet,
Belle à ravir, et point coquette,
Ma cousine se démenait,
Fraîche sous son petit bonnet.
Elle sautait, allait, venait,
Comme un volant sur la raquette :
Fraîche sous son petit bonnet,
Belle â ravir et point coquette.

VI.

Arrivée au fond du verger,
Ma cousine lorgne les prunes ;
Et la gourmande en veut manger,
Arrivée au fond du verger.
L’arbre est bas ; sans se déranger
Elle en fait tomber quelques-unes :
Arrivée au fond du verger,
Ma cousine lorgne les prunes.

VII.

Elle en prend une, elle la mord,
Et, me l’offrant : « Tiens !… » me dit-elle.
Mon pauvre cœur battait bien fort !
Elle en prend une, elle la mord.
Ses petites dents sur le bord
Avaient fait des points de dentelle…
Elle en prend une, elle la mord,
Et, me l’offrant : « Tiens !… » me dit-elle.

VIII.

Ce fut tout, mais ce fut assez ;
Ce seul fruit disait bien des choses
(Si j’avais su ce que je sais !…)
Ce fut tout, mais ce fut assez.
Je mordis, comme vous pensez,
Sur la trace des lèvres roses :
Ce fut tout, mais ce fut assez ;
Ce seul fruit disait bien des choses.

IX.

À MES LECTRICES.

Oui, mesdames, voilà comment
Nous nous aimâmes pour des prunes :
N’allez pas l’entendre autrement ;
Oui, mesdames, voilà comment.
Si parmi vous, pourtant, d’aucunes
Le comprenaient différemment,
Ma foi, tant pis ! voilà comment
Nous nous aimâmes pour des prunes.

(Alphonse Daudet)

 

Recueil: Les amoureuses
Traduction:
Editions:

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