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Poésie

Posts Tagged ‘se prosterner’

Nous nous prosternons (Zheng Xie)

Posted by arbrealettres sur 7 février 2019



Nous nous prosternons
Devant le roc élu
qui rehausse nos désirs
Informulés

(Zheng Xie)

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Ton rire (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 11 janvier 2019



Ton rire

Les fleurs se prosternent
Devant tes pas menus
Tu ris dans l’herbe
Sous un gai soleil
Ou sous la pluie
Qui te fait cet adorable visage
Mouillé qui reste enjoué
Et qu’on a envie d’essuyer
Non avec un mouchoir
Mais avec des baisers
Et dans la candeur de l’aube
Ton regard en prend la couleur

Tu ris sous le feuillage attentif
D’un arbre qui songe
Déjà à une abondance de fruits
Rien que pour te faire plaisir
Car il aime te voir croquer ses pommes
Et danser autour de lui
Dans le pré verdoyant
En légère robe d’été
Qui incite au péché.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration: Kendrick Sydney

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Hymne à la joie (Friedrich von Schiller)(Ludwig van Beethoven)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2018




    
Hymne à la joie

Mes amis, cessons nos plaintes!
Qu’un cri joyeux élève aux cieux nos chants
De fêtes et nos accords pieux!
Joie!

Joie! Belle étincelle des dieux
Fille de l’Élysée,
Nous entrons l’âme enivrée
Dans ton temple glorieux.
Tes charmes relient
Ce que la mode en vain détruit;
Tous les hommes deviennent frères
Là où tes douces ailes reposent.

Que celui qui a le bonheur
D’être l’ami d’un ami;
Que celui qui a conquis une douce femme,
Partage son allégresse!
Oui, et aussi celui qui n’a qu’une âme
À nommer sienne sur la terre!
Et que celui qui n’a jamais connu cela s’éloigne
En pleurant de notre cercle!

Tous les êtres boivent la joie
Aux seins de la nature,
Tous les bons, tous les méchants,
Suivent ses traces de rose.
Elle nous donne les baisers et la vigne,
L’ami, fidèle dans la mort,
La volupté est donnée au ver,
Et le chérubin est devant Dieu.

Heureux, tels les soleils volent
Sur le plan vermeil des cieux,
Courrez, frères, sur votre voie,
Joyeux, comme un héros vers la victoire.

Qu’ils s’enlacent tous les êtres!
Un baiser au monde entier!
Frères, au plus haut des cieux
Doit habiter un père aimé.
Tous les êtres se prosternent?
Pressens-tu le créateur, Monde?
Cherche-le au-dessus des cieux d’étoiles!
Au-dessus des étoiles il doit habiter.

Joie! Belle étincelle des dieux
Fille de l’Élysée,
Soyez unis êtres par million!
Qu’un seul baiser enlace l’univers!

***
Ode An Die Freude

O Freunde, nicht diese Töne!
Sondern laßt uns angenehmere
anstimmen und freudenvollere.
Freude!

Freude, schöner Götterfunken
Tochter aus Elysium,
Wir betreten feuertrunken,
Himmlische, dein Heiligtum!
Deine Zauber binden wieder
Was die Mode streng geteilt;
Alle Menschen werden Brüder,
Wo dein sanfter Flügel weilt.

Wem der große Wurf gelungen,
Eines Freundes Freund zu sein;
Wer ein holdes Weib errungen,
Mische seinen Jubel ein!
Ja, wer auch nur eine Seele
Sein nennt auf dem Erdenrund!
Und wer’s nie gekonnt, der stehle
Weinend sich aus diesem Bund!

Freude trinken alle Wesen
An den Brüsten der Natur;
Alle Guten, alle Bösen
Folgen ihrer Rosenspur.
Küsse gab sie uns und Reben,
Einen Freund, geprüft im Tod;
Wollust ward dem Wurm gegeben,
und der Cherub steht vor Gott.

Froh, wie seine Sonnen fliegen
Durch des Himmels prächt’gen Plan,
Laufet, Brüder, eure Bahn,
Freudig, wie ein Held zum Siegen.

Seid umschlungen, Millionen!
Diesen Kuß der ganzen Welt!
Brüder, über’m Sternenzelt
Muß ein lieber Vater wohnen.

Ihr stürzt nieder, Millionen?
Ahnest du den Schöpfer, Welt?
Such’ ihn über’m Sternenzelt!
Über Sternen muß er wohnen.

Freude, schöner Götterfunken
Tochter aus Elysium/
Seid umschlungen, Millionen!
Diesen Kuß der ganzen Welt!

(Friedrich von Schiller)(Ludwig van Beethoven)

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Bouddha (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 25 novembre 2018




    
Bouddha

Comme s’il écoutait. Silence : un lointain…
Nous retenons notre souffle et ne l’entendons pas.
Il est étoile. Entouré d’étoiles plus grandes
que nous ne voyons pas.

Il est tout. Nous attendons-nous vraiment
à ce qu’il nous voie ? En aurait-il besoin ?
Et quand on se prosterne il reste loin
profond et pesant comme un animal.

Car ce qui nous jette à ses pieds
circule en lui depuis le fond des millénaires.
Négligeant notre savoir
il pénètre ce qui nous rejette.

*

Bouddha

De loin déjà le pèlerin, craintif étranger,
ressent cette pluie d’or qui ruisselle de lui;
comme si des riches, soucieux de se racheter,
avaient amassé là tous leurs trésors.

Mais en s’approchant il est troublé
par la majesté de ces sourcils;
ce qu’il voit là ne ressemble guère
ni à leur vaisselle ni aux pendants d’oreilles
que portent leurs femmes.

Ah, si quelqu’un pouvait donc dire
quelles furent les choses qu’il fallut fondre
pour ériger dans le calice d’une fleur
cette image plus muette d’un jaune plus calme
que celui de l’or et qui effleure
tout l’espace autant que soi-même.

*

Bouddha en majesté

Coeur de tous les coeurs, centre de tous centres,
amande qui se clôt et perd son amertume, —
tout cela jusqu’aux étoiles
est ta pulpe : Je te salue.

Vois, tu le sens : rien à toi ne tient plus;
ta coque est dans l’infini,
la vigueur de ta sève s’y presse.
Et du dehors l’aide un rayonnement,

car tout là-haut tes soleils
pleins et ardents sont renversés.
Mais en toi déjà et né
ce qui surmonte tout soleil.

(Rainer Maria Rilke)

 

Recueil: Oeuvres 2 Poésie
Traduction: Jacques Legrand, Lorand Gaspar, Philippe Jaccottet, Armel Guerne, Maurice Betz
Editions: Seuil

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Dans la noire impasse (José Marti)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2018



 

hibou  url

Dans la noire impasse
Où j’erre dans les ténèbres,
Je lève les yeux et je vois
L’église, dressée, dans un angle.

Faut-il croire à un mystère ?
A une révélation, à une puissance ?
Faut-il, à genoux,
Se prosterner ? Que croire ?

La nuit tremble, sur la treille
La chenille mord le bourgeon ;
Elle grince, appelant l’automne,
La creuse et brune cigale.

Deux grincements : attentif au duo,
Je lève les yeux et je vois
Que l’église de la promenade
A la forme d’un hibou.

(José Marti)

Illustration

 

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Sur la mort de son fils Furui (Yamanoue no Okura)

Posted by arbrealettres sur 1 juillet 2018



 

Odilon Redon le rêve s'achève par la mort

[Sur la mort de son fils Furui)

Même si je possédais
Les sept sortes de trésors
Que les gens de ce monde
Prisent tant,
Quel usage
En ferais-je ?

De nous deux,
Mon fils Furui
Telle une perle blanche,
A l’aube radieuse
Où brille l’étoile du matin,
Sans quitter notre couche
De fine étoffe étendue,
Debout
Ou assis,
Folâtrait
Avec nous.
Quand l’étoile du soir
Ramenait la nuit :
 » Allons nous coucher  »
Disait-il en prenant ma main,
Père, mère,
Restez près de moi
Entre vous je veux dormir
Comme le brin médian de l’herbe saki.
Gentiment
Il parlait ainsi,
J’aurais voulu voir et quels maux
Et quels bonheurs lui étaient réservés
Quand un jour,
Il serait devenu un homme.
J’étais confiant et plein d’espoir
Ainsi qu’on est dans une grande barque.
Imprévu,
Un vent venu par le travers
A soufflé violemment
Sur nos têtes.
Ne sachant que faire,
Confondu,
J’ai fixé
Mes relève-manches de blanche étoffe,
Un clair miroir
J’ai pris en main.
Vers les dieux du ciel
Levant les yeux je n’ai fait qu’implorer.
Devant les dieux de la terre
Je me suis prosterné, front contre terre.
je me suis soumis à la volonté
Des dieux du ciel et de la terre;
Qu’ils m’exaucent
Ou ne m’écoutent pas.
Affolé
Je les suppliais.
Mais, même pour un peu de temps
Il n’y eut pas de mieux.
Peu à peu
Son corps s’est émacié,
Matin après matin,
Les mots se sont arrêtés sur ses lèvres.
De son âme à l’existence limitée
La vie s’est interrompue.
J’ai bondi,
Trépigné, crié,
Tombant à terre j’ai regardé vers le ciel
Et j’ai sangloté
j’ai laissé s’envoler mon fils
Que je gardais dans mes bras
Telle est la voie de ce monde.

***

Si jeune il est
Qu’il ne connaît pas la route :
Voici pour toi,
Messager venu d’en bas.
Sur ton dos, fais-le passer!

***

Faisant offrande d’une étoffe
Je prie et implore les dieux.
Sans le laisser errer
Conduisez-le tout droit,
Enseignez-lui le chemin du ciel!

(Yamanoue no Okura)

Illustration: Odilon Redon

 

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Dans la nature (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 13 avril 2018




Dans la nature

Beauté exquise
Dans une lumière intense
Près d’un feu ardent
Tu mesures le jour
Au nombre de tes joies
Et à la transparence du matin.

Alors que l’horizon arbore
Les plus riches couleurs
Tu vas sous un ciel habité
Par un soleil sphériquement parfait
Enchâssé dans un nuage
Et la rêverie du jardin
T’empreint de mélancolie.

Les fleurs se prosternent devant toi
Tu ris dans l’herbe
Sous un gai soleil
Et dans la candeur d’un vierge univers.
Ton regard prend la couleur de l’eau.

Tu ris sous le feuillage attentif
D’un arbre qui songe
Fécond et intarissable de fruits
Quand la prairie recèle
Les germes de tes rêves.

Dans le soir noir et froid
La bise froisse le miroir
Des eaux polies
Et déforme l’image
Des branches du saule pleureur.
La lune y grimace
Alors que ton visage
Garde sa pureté.

(Jean-Baptiste Besnard)

Illustration: Katarina Smuraga

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LA MADONE (Guy de Maupassant)

Posted by arbrealettres sur 29 mars 2018




    
LA MADONE

I

Vous m’avez donné, Madame,
Un étrange chapelet
Qui m’a pris le coeur et l’âme
Comme un agile filet !

Où sont mes goûts de naguère ?
On me disait libertin !
Aujourd’hui je n’ai plus guère
Que des soifs de sacristain.

Je me prosterne et je prie,
Chaque jour à deux genoux,
La bonne Vierge Marie
Qui, d’en Haut, veille sur nous.

II

Je récite l’Angelus,
Brûlant d’une ardeur nouvelle !…
Mais ne vous étonnez plus…
Mon secret – je le révèle !

Au fond du ciel étoilé
La Vierge m’est apparue
Découvrant son front, voilé
Par un grand manteau de nue !

J’ai cru… N’ai-je point rêvé ?
Oui j’ai cru… Dieu me pardonne !
En bredouillant mes Ave
Que c’était vous la Madone.

(Guy de Maupassant)

Découvert ici: https://nicole-pessin.com/

 

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VAL DES MERVEILLES (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 24 novembre 2017




Illustration: ArbreaPhotos
    

VAL DES MERVEILLES

deux noms dans la neige
où se prosternent les étoiles

le corps du temps
s’est recourbé

l’instant vibre
en fragments de foudre

frisson bleu du vivant

(Zéno Bianu)

 

Recueil: Infiniment proche
Editions: Gallimard

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Et moi ? Combien de gens ai-je sauvés ? (Alejandra Pizarnik)

Posted by arbrealettres sur 16 août 2017




Et moi ? Combien de gens ai-je sauvés ?
Le fait de m’être prosternée devant la souffrance
des autres, de m’être tue en l’honneur des autres.
Ma rouge violence fondamentale reculait.
Le sexe au ras du coeur,
le chemin de l’extase entre les jambes.
Ma violence de vents rouges et de vents noirs.
Les vraies fêtes se tiennent dans le corps et dans les rêves.

(Alejandra Pizarnik)

 

 

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