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Poésie

Posts Tagged ‘se prosterner’

Au grenadier (T. Carmi)

Posted by arbrealettres sur 7 août 2017



Illustration
    
Au grenadier

Va, va-t’en d’ici.
Va-t’en vers d’autres yeux.
J’ai déjà écrit sur toi hier.

J’ai dit vert
à tes branches qui se prosternent au vent
et rouge rouge rouge
aux gouttelettes de tes fruits.
J’ai crié clarté à ta racine
humide, obscure et tenace.

A présent tu n’es plus.
A présent tu me caches le jour
et la lune pas encore levée.

Mais toi, viens,
(j’ai écrit sur toi avant-hier
et ton jeune souvenir
brûle mes mains comme le chardon),
viens et tu verras cet étrange grenadier :
son sang est dans mon âme, mon coeur, mes mains,
et lui, il est toujours encore planté à son poste.

(T. Carmi)

 

Recueil: Anthologie de la poésie en hébreu moderne
Traduction: M. Lazar
Editions: Gallimard

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À l’orient de tout (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2017




    
À l’orient de tout, là où se souvient
La mer, l’orage a dispersé écailles
Des dragons, carapaces des tortues
Nous nous prosternons vers le pur silence
Régnant par-delà la terre exilée
À l’heure du soir, à l’orient de tout

Où se lève le vent de l’unique mémoire

(François Cheng)

 

Recueil: A l’orient de tout
Editions: Gallimard

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La Terre ne t’inspirerait plus (Emily Brontë)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2017



 

La Terre ne t’inspirerait plus
Ô rêveuse solitaire ?
Si la passion trahit, la Nature
Cessera-t-elle d’incliner?

Ton esprit toujours s’avance
Dans des régions pour toi obscures ;
Révoque sa vaine errance —
Reviens demeurer avec moi —

Je sais que mes brises sauvages
T’enchantent encore et t’apaisent.
Je sais que mon soleil te charme
Malgré ta volonté rebelle —

Quand le jour dans le soir se fond
Et sombre au ciel de l’été,
J’ai vu, en une tendre adoration
Ton esprit se prosterner —

Je t’ai guettée à toute heure.
Je sais mon puissant empire —
Je sais mon magique pouvoir
De chasser tes chagrins —

Peu de coeurs parmi les mortels
Sur terre languissent aussi fort
Mais nul ne désire autant un Ciel
Plus semblable à cette Terre.

Alors laisse mes vents te caresser —
Accepte-moi pour compagne.
puisque rien d’ autre ne peut te combler
Reviens demeurer avec moi —

***

Shall Earth no more inspire thee,
Thou lonely dreamer now ?
Since passion may not fire thee
Shall Nature cease to bow ?

Thy mind is ever moving
In regions dark to thee ;
Recall its useless roving —
Come back and dwell with me —

I know my mountain breezes
Enchant and soothe thee still.
I know my sunshine pleases
Despite thy wayward will.

When day with evening blending
Sinks from the summer sky,
I’ve seen thy spirit bending
In fond idolatry —

I’ve watched thee every hour.
I know my mighty sway —
I know my magic power
To drive thy griefs away —

Few hearts to mortals given
On earth so wildly pine
Yet none would ask a Heaven
More like the Earth than thine.

Then let my winds caress thee —
Thy comrade let me be.
Since nought beside can bless thee
Return and dwell with me —

(Emily Brontë)

 

 

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Ô Saint homme ! (Kabîr)

Posted by arbrealettres sur 20 mai 2017



 

    

Ô Saint homme ! S’unir simplement à Lui,
voilà ce qu’il y a de meilleur.

Depuis le jour où j’ai rencontré mon Dieu,
les jeux de notre amour n’ont jamais cessé !

Je ne ferme pas mes yeux;
je ne bouche pas mes oreilles;
je ne mortifie pas mon corps.
Je regarde avec mes yeux grands ouverts ;
je souris et partout je contemple Sa beauté.

Je murmure Son nom et tout ce que je vois me parle de Lui.
Tous mes actes sont un culte que je rends à mon Dieu.
L’aurore et le crépuscule me sont semblables.
Les contradictions n’existent plus pour moi.
Partout où je vais je n’agis qu’en Lui.
Tout ce que j’accomplis est Son Service.
Quand je me couche, c’est à Ses pieds que je me prosterne.
Il est le seul adorable à mes yeux;
je n’en connais pas d’autres.

Ma langue ne prononce plus de paroles impures;
jour et nuit elle chante Ses louanges.
Debout ou assis, je ne puis l’oublier,
car le rythme de Sa chanson bat à mes oreilles.

Kabîr dit : «Mon coeur est embrasé d’une joie frénétique
et je découvre tous les mystères cachés dans mon âme.
— Je suis immergé dans une immense félicité
qui surpasse toute joie et toute douleur. »

(Kabîr)

 

 

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Joueuse (Maram al-Masri)

Posted by arbrealettres sur 29 avril 2017



Illustration: Catherine Combey

    
Joueuse
je m’entête à jouer au hasard
je joue avec les mêmes lettres
et à chaque fois je me mets moi-même
en gage

sans tricherie
je mets en jeu des matières vivantes

obstinée
je m’accroche à la poésie

comment puis-je la saisir sans la faire mienne
comment voir ses signes
sans me prosterner
devant cette légère
soudaine
difficile
belle?

devant elle

(Maram al-Masri)

 

Recueil: Par la Fontaine de ma Bouche
Traduction: Maram al-Masri – Bruno Doucey
Editions: Bruno Doucey

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Je sais que mon amoureux ne peut pas être loin (Kabîr)

Posted by arbrealettres sur 25 avril 2017



Ô Narad !
je sais que mon amoureux ne peut pas être loin.

Quand mon amoureux s’éveille, je m’éveille;
quand Il dort, je dors.

Il sera anéanti celui qui afflige mon Bien-Aimé.
Là où l’on chante ses louanges, là je vis.

Quand Il marche, je marche devant Lui.
Mon coeur soupire après mon Bien-Aimé.

Un pèlerinage sans fin se déroule à Ses pieds
et des millions de dévots y sont prosternés.

Kabîr dit : « Le Bien-Aimé Lui-même
révèle la gloire du véritable amour. »

(Kabîr)

 

 

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Parce que tu m’as parlé de vice … (Guillaume Apollinaire)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2017



Parce que tu m’as parlé de vice…

Tu m’as parlé de vice en ta lettre d’hier
Le vice n’entre pas dans les amours sublimes
Il n’est pas plus qu’un grain de sable dans la mer
Un seul grain descendant dans les glauques abîmes

Nous pouvons faire agir l’imagination
Faire danser nos sens sur les débris du monde
Nous énerver jusqu’à l’exaspération
Ou vautrer nos deux corps dans une fange immonde

Et liés l’un à l’autre en une étreinte unique
Nous pouvons défier la mort et son destin
Quand nos dents claqueront en claquement panique
Nous pouvons appeler soir ce qu’on dit matin

Tu peux déifier ma volonté sauvage
Je peux me prosterner comme vers un autel
Devant ta croupe qu’ensanglantera ma rage
Nos amours resteront pures comme un beau ciel

Qu’importe qu’essoufflés muets bouches ouvertes
Ainsi que deux canons tombés de leur affût
Brisés de trop s’aimer nos corps restent inertes
Notre amour restera bien toujours ce qu’il fut

Ennoblissons mon cœur l’imagination
La pauvre humanité bien souvent n’en a guère
Le vice en tout cela n’est qu’une illusion
Qui ne trompe jamais que les âmes vulgaires

(Guillaume Apollinaire)

Illustration: Gustav klimt

 

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Sacrifice (George William Russell)

Posted by arbrealettres sur 9 août 2016



Sacrifice

Ces errants aux pas délicats,
Le vent, l’étoile, le nuage
Depuis toujours avant mes yeux
Se prosternaient face à l’autel
Où la lumière et les nuées
Sont offertes en sacrifice.

Je vois s’élever les offrandes,
Monter l’écharpe d’arc-en-ciel,
Le pur cristal, l’or et l’azur
Voler vers le pays du rêve,
Et au milieu du sacrifice
Dieu se mouvoir comme jadis.

Dans les miracles de ce feu
Il symbolise Sa Venue,
Dans les rêves de ce cristal
Il révèle quels purs chemins
Conduisent au désir de l’âme
Le silence des altitudes.

***

Sacrifice

Those delicate wanderers,
The wind, the star, the cloud,
Ever before mine eyes,
As to an altar bowed,
Light and dew-laden airs
Offer in sacrifice.

The offerings arise:
Hazes of rainbow light,
Pure crystal, blue, and gold,
Through dreamland take their flight;
And ‘mid the sacrifice
God moveth as of old.

In miracles of fire
He symbols forth his days;
In gleams of crystal light
Reveals what pure pathways
Lead to the soul’s desire,
The silence of the height.

(George William Russell)

Illustration: Marc Chagall

 

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Putain d’amour (Louis Chedid)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2016



Putain d’amour qui nous délaisse après nous avoir tant aimé
Putain d’amour qui fusille après avoir bien ensorcelé
Putain d’amour coulée de lave sur l’obscène des illusions
Putain d’amour comme une épave
Putain d’amour

Putain d’amour qui lacère après avoir tant caressé
Qui mord qui griffe qui marque aux fers
Putain d’amour défiguré

Putain d’amour qui parlemente
Voudrait bien trouver les mots

Les circonstances atténuantes
Putain d’amour, procurez-moi une arme blanche
Que j’étripe ce sale dimanche
Où l’amour qui transformait tout
Est devenu celui qui rend fou…

Putain d’amour qui se lamente
Se prosterne et supplie
Pour qu’on le laisse encore en vie
Mais c’est déjà fini…
Putain d’amour
Putain d’amour
Putain d’amour

(Louis Chedid)

Illustration: ArbreaPhotos

 

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L’Arbre (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 25 juin 2015



L’Arbre

L’horizon à peine visible
Tremble de chaleur
Et s’habille de clarté
Les oiseaux s’ébouriffent
Dans la volupté des feuilles
Dont l’arbre se prosterne
Devant un toit hautain

Sous un ciel qui gesticule
Les herbes chantent
J’écoute le rire de la source
Qui coule avec un bruit de cailloux
Et je m’approprie l’espace
Qui m’est offert

Au fond du jardin
Un arbre solitaire frissonne sous la lune
Qui l’éclabousse
Et s’endort dans le froid
D’une nuit féminine.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration

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