Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘se quitter’

Se rencontrer, difficile, et se quitter, plus encore (Li Shangyin)

Posted by arbrealettres sur 4 mai 2019



 

 

Kathy Sosa (17) [1280x768]

Se rencontrer, difficile, et se quitter, plus encore.
Le vent d’Est a faibli, les cent fleurs sont fanées.
Le ver à soie du printemps jusqu’à la mort déroule son fil,
La chandelle ne sèche ses pleurs qu’une fois réduite en cendres.

Seul chagrin de mon miroir au matin: le nuage grisonnant de tes tempes.
Lorsque je chante dans la nuit, tu dois sentir le froid du clair de lune.
D’ici jusqu’à l’île des immortels la route n’est pas longue.
Ô oiseau bleu, prends bien soin de lui rendre visite en mon nom.

(Li Shangyin)

Illustration: Kathy Sosa

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Chaque jour apporte un trouble nouveau (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2019



Chaque jour apporte un trouble nouveau;
L’odeur du seigle mûr est toujours plus forte.
Si tu t’es couché à mes pieds,
Bel ami, ne bouge plus.

Les loriots crient dans les grands érables,
Rien ne les fera taire jusqu’à la nuit.
J’aime chasser les guêpes folâtres
Loin de tes yeux verts.

Sur le chemin on entend un grelot –
Ce son léger éveille en nous un souvenir.
Je te chanterai, de peur que tu ne pleures,
La chanson des soirs où l’on se quitte.

(Anna Akhmatova)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Ta main est un archipel (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 13 juillet 2018



Ta main est un archipel
Où la terre et l’eau
Ne peuvent se quitter.

(Guillevic)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , | Leave a Comment »

Feuilles mortes (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 4 janvier 2018


 

Feuilles mortes,
S’il vous plaît
Un peu de discrétion.

Vous n’êtes pas les seules
A vous quitter.

(Guillevic)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , | 4 Comments »

Les fusillés de Chateaubriant (René-Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 11 décembre 2017


Les fusillés de Chateaubriant

Ils sont appuyés contre le ciel
Ils sont une trentaine appuyés contre le ciel
Avec toute la vie derrière eux
Ils sont pleins d’étonnement pour leur épaule
Qui est un monument d’amour
11s n’ont pas de recommandations à se faire
Parce qu’ils ne se quitteront jamais plus
L’un d’eux pense à un petit village
Où il allait à l’école
Un autre est assis à sa table
Et ses amis tiennent ses mains
Ils ne sont déjà plus du pays dont ils rêvent
Ils sont bien au-dessus de ces hommes
Qui les regardent mourir
Il y a entre eux la différence du martyre
Parce que le vent est passé 1à ils chantent
Et leur seul regret est que ceux
Qui vont les tuer n’entendent pas
Le bruit énorme des paroles
Ils sont exacts au rendez-vous
Ils sont même en avance sur les autres
Pourtant ils disent qu’ils ne sont pas des apôtres
Et que tout est simple
Et que la mort surtout est une chose simple
Puisque la liberté se survit.

(René-Guy Cadou)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Septembre (quel joli temps) (Sophie Makhno)

Posted by arbrealettres sur 12 septembre 2017




Illustration: ArbreaPhotos
    
Septembre (quel joli temps)

Jamais la fin d’été n’avait paru si belle.
Les vignes de l’année auront de beaux raisins.
On voit se rassembler, au loin les hirondelles
Mais il faut se quitter. Pourtant, l’on s’aimait bien.

Quel joli temps pour se dire au revoir.
Quel joli soir pour jouer ses vingt ans.
Sur la fumée des cigarettes,
L’amour s’en va, mon cœur s’arrête.
Quel joli temps pour se dire au revoir.
Quel joli soir pour jouer ses vingt ans.

Les fleurs portent déjà les couleurs de Septembre
Et l’on entend, de loin, s’annoncer les bateaux.
Beau temps pour un chagrin que ce temps couleur d’ombre.
Je reste sur le quai, mon amour. A bientôt.

Quel joli temps, mon amour, au revoir.
Quel joli soir pour jouer ces vingt ans.
Sur la fumée des cigarettes,
L’amour nous reviendra peut-être.
Peut-être un soir, au détour d’un printemps.
Ah quel joli temps, le temps de se revoir.

Jamais les fleurs de Mai n’auront paru si belles.
Les vignes de l’année auront de beaux raisins.
Quand tu me reviendras, avec les hirondelles,
Car tu me reviendras, mon amour, à demain…

(Sophie Makhno)

Découvert ici: https://eleonoreb.wordpress.com/

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

J’emporte comme un fardeau léger (Francis Vielé-Griffin)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2017



 

Frank Dicksee romeo_and_juliet, 1884-large arc

J’emporte comme un fardeau léger,
Comme une gerbe de fleurs et de feuilles,
Toute l’ombre de ton verger,
Toute la lumière de ton seuil ;

Le poids est si doux qu’il m’enivre
D’un baiser de lys sur la bouche ;
Faut-il donc tout ceci pour, enfin, que tu livres
L’aveu de ton âme farouche ?

Il est bon de partir quand on aime,
Il est doux de se quitter ainsi :
Puisqu’on ne le sait qu’à ce prix
Et qu’on se découvre soi-même.

(Francis Vielé-Griffin)

Illustration: Frank Dicksee

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Ophélie (Maurice Fanon)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2017



Illustration: Arthur Hughes

    

Ophélie

À la pêche à la ligne avec un bouchon
Qui ressemble à la fleur du jupon d’Ophélie
Avec une chanson au bout de mon hameçon
Y a quelque chose de pourri au royaume des poissons

Quand ils s’étaient couchés dans l’herbe de l’été
Les gens disent qu’elle s’était mise à chanter
S’était mise à chanter dans l’herbe de l’été
Comme jamais l’été fille n’avait chanté

À la pêche à la blonde avec un regard
Qui ressemble à un train qui a perdu sa gare
Avec un billet pour partir à l’armée
Y a quelque chose de pourri au royaume de Peynet

Quand ils s’étaient quittés dans l’herbe de l’été
Les gens disent qu’elle s’était mise à pleurer
S’était mise à pleurer dans l’herbe de l’été
Comme jamais l’été fille n’avait pleuré

À la pêche aux médailles avec un pantalon
De la couleur du temps qu’il fait dans les entrailles

Avec une mitraille pour faire la moisson
Y a quelque chose de pourri au royaume des semailles

Quand il était tombé dans l’herbe de l’été
Les gens disent qu’elle s’était mise à prier
S’était mise à prier dans l’herbe de l’été
Comme jamais l’été fille n’avait prié

À la pêche aux larmes avec le sourire
Des femmes déchirées qui n’ont plus rien à dire
Avec un télégramme venu de quelque part
Y a quelque chose de pourri au royaume des faire-part

Quand elle s’était couchée dans l’herbe de l’étang
Les gens disent que la pluie s’était mise à tomber
S’était mise à tomber dans l’herbe de l’étang
Comme jamais l’été la pluie n’était tombée

À la pêche à la ligne avec un bouchon
Qui ressemble à la fleur du jupon d’Ophélie
Avec une chanson au bout de mon hameçon
Y a quelque chose de pourri au royaume des poissons

(Maurice Fanon)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LENDEMAIN (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 13 mars 2017



 

LENDEMAIN
A Henri Mercier.

Avec les fleurs, avec les femmes,
Avec l’absinthe, avec le feu,
On peut se divertir un peu,
Jouer son rôle en quelque drame.

L’absinthe bue un soir d’hiver
Eclaire en vert l’âme enfumée,
Et les fleurs, sur la bien-aimée
Embaument devant le feu clair.

Puis, les baisers perdent leurs charmes,
Ayant duré quelques saisons.
Les réciproques trahisons
Font qu’on se quitte un jour, sans larmes.

On brûle lettres et bouquets
Et le feu se met à l’alcôve,
Et, si la triste vie est sauve,
Restent l’absinthe et ses hoquets.

Les portraits sont mangés des flammes ;
Les doigts crispés sont tremblotants…
On meurt d’avoir dormi longtemps
Avec les fleurs, avec les femmes.

(Charles Cros)

Illustration: Viktor Oliva

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

J’emporte comme un fardeau léger (Francis Vielé-Griffin)

Posted by arbrealettres sur 25 janvier 2017



 

Júlia Fernández Sánchez 9831

J’emporte comme un fardeau léger,
Comme une gerbe de fleurs et de feuilles,
Toute l’ombre de ton verger,
Toute la lumière de ton seuil;

Le poids est si doux qu’il m’enivre
D’un baiser de lys sur la bouche;
Faut-il donc tout ceci pour, enfin, que tu livres
L’aveu de ton âme farouche?

Il est bon de partir quand on aime,
Il est doux de se quitter ainsi:
Puisqu’on ne le sait qu’à ce prix
Et qu’on se découvre soi-même.

(Francis Vielé-Griffin)

Illustration: Júlia Fernández Sánchez

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :