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Poésie

Posts Tagged ‘se rassembler’

Une autre nuit liquide (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 21 mars 2019



Illustration: Alexandre Podgorny
    
Une autre nuit liquide
envahit le territoire de la nuit.
Les vagues du noir
n’ont pas besoin de plage
mais simplement d’un lit
de leur propre substance
qui contienne la question invraisemblable.

Les vagues du noir
cherchent une réponse
qui ne se trouve que dans le noir,
mais dans un noir distinct,
différent du noir.
Un noir aux ailes basses
et quiétudes extrêmes.

Questions et réponses
sont des substances dissemblables
qui ne se rejoignent presque jamais.

Les vagues du noir
unissent les deux substances
en rassemblant dans son noir

les noirs différents :
les liquides, les solides,
celui de derrière la vie,
celui de derrière la mort,
celui de toute question,
celui de toute réponse.

***

Otra noche líquida
invade el territorio de la noche.
Las olas de lo negro
no necesitan playa
sino tan sólo un lecho
de su mima sustancia
que lleve la pregunta inverosímil.

Las olas de lo negro
buscan una respuesta
que sólo esta en lo negro,
pero en un negro distinto,
diferente del negro.
Un negro de alas bajas
y quietudes extremas.

Preguntas y respuestas
son sustancias desiguales
que no se encuentran casi nunca.

Las olas de lo negro
juntan las dos sustancias,
al reunir en su negro

los diferentes negros:
los líquidos , los sólidos,
el de atrás de la vida,
el de atrás de la muerte,
el de toda pregunta,
el de toda respuesta.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Quatorzième poésie verticale
Traduction: Sivia Baron Supervielle
Editions: José Corti

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Rien moins que furtif (Bruno Mabille)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2018



Illustration
    
Rien moins que furtif
cet indécent frisson de dentelles

ce tourbillon d’ailes et d’élytres
quand se rassemblent les hirondelles
dans les yeux des amants.

(Bruno Mabille)

 

Recueil: A celle qui s’avance
Traduction:
Editions: Gallimard

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L’homme épelle sa fatigue (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2018




    
L’homme épelle sa fatigue.
Épelle et soudain
découvre d’étranges majuscules,
inespérément seules,
inespérément hautes.
Qui pèsent plus sur la langue.
Pèsent plus mais échappent
plus vite et c’est à peine
s’il peut les prononcer.
Son cœur se rassemble sur les chemins
où la mort éclate.
Et il découvre, tandis qu’il continue d’épeler,
de plus en plus d’étranges majuscules.
Et une grande peur l’étreint :
se trouver devant un mot
écrit seulement de majuscules
et ne pouvoir alors le prononcer.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Poésie verticale 1
Traduction: Roger Munier
Editions: Fayard

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La vieille dame (Franck André Jamme)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2018




    
La vieille dame se rassemble,
en fait un petit baluchon :

« Un soir, sur un mulet argent,
elle partit méditer près de son temple préféré.

Là, au coeur de la nuit, elle eut un rêve :
elle se vit soudain prise par le vent.

Au matin, une pensée qui n’était plus une pensée
vint se poser sur son épaule. »

(Franck André Jamme)

 

Recueil: La récitation de l’oubli
Traduction:
Editions: Flammarion

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LES PROIES (Guy Goffette)

Posted by arbrealettres sur 22 avril 2018



    

LES PROIES

Les villages de schiste sombre et froid
laissent courir aussi des filles aux lèvres peintes
et souvent le poing des vieux laboureurs s’écrase
sur la table de l’unique bistrot
élargissant d’un coup l’espace de l’attente
où la lumière se rassemble, frileuse
et comme prise au piège d’une lampe
mais il est midi à peine et dans la rue
un chat guette une proie que personne ne voit

(Guy Goffette)

 

Recueil: Éloge pour une cuisine de province
Traduction:
Editions: Gallimard

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UNE FUMÉE (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2018




    
UNE FUMÉE

La vie se rassemble à chaque instant
comme une fumée sur le toit.
Comme le soleil s’en va des vallées
comme un cheval à larges pas,
la vie s’en va.

Ô mon désastre, mon beau désastre,
ma vie, tu m’as trop épargné.
Il fallait te défaire au matin
comme un peu d’eau ravie au ciel,
comme un souffle d’air est heureux
dans le vol bavard des hirondelles.

(André Frénaud)

 

Recueil: Il n’y a pas de paradis
Traduction:
Editions: Gallimard

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J’ouvre les bras (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 12 février 2018



    

J’ouvre les bras

J’ouvre les bras. Des femmes s’y rassemblent.
Ô bien-aimée, est-ce l’autre, est-ce toi ?
Dans une vie, il est trois, quatre amours.
Qui nous dira lequel fut le plus beau ?

Hélas ! mes bras se ferment sur le vide.
Elles ont fui les belles voyageuses
et je suis là comme un regret d’avril,
les bras chargés de mes roses fanées.

(Robert Sabatier)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Albin Michel

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Le brouillard autour (Edward Stachura)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2017



Euan Macleod SMOKED_OUT__Euan_MACLEOD_b_1956_front

Le brouillard autour

Combien de temps encore le vagabondage m’est destiné?
Ah! Petite étoile – feu follet de mes jours
Fais arrêter enfin cette souffrance
Et conduis moi, pousses moi vers la porte tendre!

Mais où est cette maison, comment peut-on la trouver?
Où est ce refuge, ou est ce foyer?
Là il y a un pont sur le fleuve, et derrière il y a un jardin
Là le vide disparaît et le monde commence.

Mais où est ce fleuve et où est ce pont?
Ce jardin blanc et ses pommiers, où se trouvent-ils?
Le vent nous sert les fruits de ces arbres
Une main comme une fleur les ramasse dans le panier.

Ce pays existe quelque part, loin, derrière le brouillard
Je marche donc, et je me déchire toujours
Les oiseaux se rassemblent et partent sur le chemin
Ils volent déjà, tout droit, ils n’errent pas comme moi.

Combien de temps encore le vagabondage m’est destiné?
Ah! Petite étoile – feu follet de mes jours
Fais arrêter enfin cette souffrance
Et conduis moi, pousse moi vers la porte tendre!

(Edward Stachura)

Illustration: Euan Macleod

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2ème retouche à l’orage (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 29 novembre 2017



Illustration
    
2ème retouche à l’orage

à mi-pente cahote
le jour à bruit de charrette

l’odeur du tremble
cerne l’étang
où la lumière se rassemble
en grand oiseau sur une patte

(Daniel Boulanger)

 

Recueil: De laine et soie
Editions: Gallimard

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Nouvelles feuilles des cerisiers (Haruo Mizuhara)

Posted by arbrealettres sur 30 octobre 2017



Nouvelles feuilles des cerisiers —
Mes anciens amis se rassemblent
sur les ruines de notre école

(Haruo Mizuhara)

 

 

 

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