Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘se rassembler’

UNE FUMÉE (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2018




    
UNE FUMÉE

La vie se rassemble à chaque instant
comme une fumée sur le toit.
Comme le soleil s’en va des vallées
comme un cheval à larges pas,
la vie s’en va.

Ô mon désastre, mon beau désastre,
ma vie, tu m’as trop épargné.
Il fallait te défaire au matin
comme un peu d’eau ravie au ciel,
comme un souffle d’air est heureux
dans le vol bavard des hirondelles.

(André Frénaud)

 

Recueil: Il n’y a pas de paradis
Traduction:
Editions: Gallimard

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J’ouvre les bras (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 12 février 2018



    

J’ouvre les bras

J’ouvre les bras. Des femmes s’y rassemblent.
Ô bien-aimée, est-ce l’autre, est-ce toi ?
Dans une vie, il est trois, quatre amours.
Qui nous dira lequel fut le plus beau ?

Hélas ! mes bras se ferment sur le vide.
Elles ont fui les belles voyageuses
et je suis là comme un regret d’avril,
les bras chargés de mes roses fanées.

(Robert Sabatier)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Albin Michel

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Le brouillard autour (Edward Stachura)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2017



Euan Macleod SMOKED_OUT__Euan_MACLEOD_b_1956_front

Le brouillard autour

Combien de temps encore le vagabondage m’est destiné?
Ah! Petite étoile – feu follet de mes jours
Fais arrêter enfin cette souffrance
Et conduis moi, pousses moi vers la porte tendre!

Mais où est cette maison, comment peut-on la trouver?
Où est ce refuge, ou est ce foyer?
Là il y a un pont sur le fleuve, et derrière il y a un jardin
Là le vide disparaît et le monde commence.

Mais où est ce fleuve et où est ce pont?
Ce jardin blanc et ses pommiers, où se trouvent-ils?
Le vent nous sert les fruits de ces arbres
Une main comme une fleur les ramasse dans le panier.

Ce pays existe quelque part, loin, derrière le brouillard
Je marche donc, et je me déchire toujours
Les oiseaux se rassemblent et partent sur le chemin
Ils volent déjà, tout droit, ils n’errent pas comme moi.

Combien de temps encore le vagabondage m’est destiné?
Ah! Petite étoile – feu follet de mes jours
Fais arrêter enfin cette souffrance
Et conduis moi, pousse moi vers la porte tendre!

(Edward Stachura)

Illustration: Euan Macleod

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2ème retouche à l’orage (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 29 novembre 2017



Illustration
    
2ème retouche à l’orage

à mi-pente cahote
le jour à bruit de charrette

l’odeur du tremble
cerne l’étang
où la lumière se rassemble
en grand oiseau sur une patte

(Daniel Boulanger)

 

Recueil: De laine et soie
Editions: Gallimard

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Nouvelles feuilles des cerisiers (Haruo Mizuhara)

Posted by arbrealettres sur 30 octobre 2017



Nouvelles feuilles des cerisiers —
Mes anciens amis se rassemblent
sur les ruines de notre école

(Haruo Mizuhara)

 

 

 

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Ceux qui foulèrent ce sentier (Jean Malrieu)

Posted by arbrealettres sur 29 septembre 2017




Illustration: ArbreaPhotos
    
Ceux qui foulèrent ce sentier
S’en sont allés.
Les collines sont mystérieuses.
Ils ne sont pas perdus dans les bleus lointains,
Dans l’humilité anonyme
Des passants.

Très tard, aux lieux où ils disparurent,
Un espace blanc

Que veille
Une présence désespérée.

Celui qui habite le chant, l’étage que je n’atteint pas,
Qui vit de l’air,
Prend souffle où je m’exténue.
La bête étrange du poème
Se retourne dans son sommeil
Et le poème tremble où les hommes se rassemblent.
Quel est celui qui a saisi ma vie ?

(Jean Malrieu)

 

Recueil: EN PAYS DE VERTIGE
Editions: Le Verbe et l’Empreinte

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Le veilleur (Jean Malrieu)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2017



Illustration: Julien Dugué
    
Le veilleur

Le vent n’a pas assez traversé assez de pays
Essoufflé d’oiseaux émondé de branches
La vague n’a pas assez roulé
Il manque un grain de sable au désert
Il manque un jour de plus à la terre
Un peu de poids dans le nuage
Encore une ravine au visage
Encore une lettre à l’alphabet

A minuit
Dans les rues désertes si le fantôme mendiant de la neige vient à passer
Ne ferme pas ta porte. Même de lui l’espérance va renaître.
Les rennes dessinés sur les rochers se rassembleront
Et viendront rafraîchir une soif de pierre sur les vitres
Les fleurs de givre donneront enfin des graines.

(Jean Malrieu)

 

Recueil: Préface à l’Amour
Editions: Les cahiers du Sud

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Septembre (quel joli temps) (Sophie Makhno)

Posted by arbrealettres sur 12 septembre 2017




Illustration: ArbreaPhotos
    
Septembre (quel joli temps)

Jamais la fin d’été n’avait paru si belle.
Les vignes de l’année auront de beaux raisins.
On voit se rassembler, au loin les hirondelles
Mais il faut se quitter. Pourtant, l’on s’aimait bien.

Quel joli temps pour se dire au revoir.
Quel joli soir pour jouer ses vingt ans.
Sur la fumée des cigarettes,
L’amour s’en va, mon cœur s’arrête.
Quel joli temps pour se dire au revoir.
Quel joli soir pour jouer ses vingt ans.

Les fleurs portent déjà les couleurs de Septembre
Et l’on entend, de loin, s’annoncer les bateaux.
Beau temps pour un chagrin que ce temps couleur d’ombre.
Je reste sur le quai, mon amour. A bientôt.

Quel joli temps, mon amour, au revoir.
Quel joli soir pour jouer ces vingt ans.
Sur la fumée des cigarettes,
L’amour nous reviendra peut-être.
Peut-être un soir, au détour d’un printemps.
Ah quel joli temps, le temps de se revoir.

Jamais les fleurs de Mai n’auront paru si belles.
Les vignes de l’année auront de beaux raisins.
Quand tu me reviendras, avec les hirondelles,
Car tu me reviendras, mon amour, à demain…

(Sophie Makhno)

Découvert ici: https://eleonoreb.wordpress.com/

 

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LE GRAND LIVRE (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 5 septembre 2017



    

LE GRAND LIVRE

Quelque part dans un tuyau d’orgue
dans les carafes et le sang des libellules
dans les villes mentales
et la ménagerie des fantômes

On est allé. on s’est dissous
dans l’étonnement. on a postulé
le coeur de la terre. puis on s’est tu
avec le couteau qui se repose.

Quelque part dans la résine ou les pépins de pomme
dans des ferveurs d’hirondelle
dans une serpillière et la trompette qui éclate
dans l’écurie aux morsures fraîches

On s’est frayé un chemin égarant.
On s’est repu de patience et de nuages
et d’obscurité sans limites.
On s’est évanoui dans la splendeur.

Quelque part dans le bois ou l’espèce de sourire
des chaises fracassées. dans la langue affaiblie
des violettes. dans la main froide des étrangers
et les petites créatures paisibles.

Dans le chant limpide des fenêtres
et la poussière vivante. dans le moustique scintillant.
les stèles, les arcs. et le fouet des tempêtes.
dans la sphère exacte de la bulle.

On s’est inscrit. on s’est enfoui. on a germé.
on est devenu la Terre.
on s’est rassemblé. on s’est accepté.
on a regardé le Grand Livre.

(Lionel Ray)

 

Recueil: Le nom perdu
Editions: Gallimard

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L’INTIME SOUDAIN (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 11 août 2017



Illustration: Xing Jianjian 
    

L’INTIME SOUDAIN

c’est au noir de soi-même
un très lent sommeil

la présence se rassemble
en traces d’incendie

s’éparpille la terre
poudroie le froid du monde

nous sommes les gardiens de l’exténuement

comme si tu retirais
le monde du monde
pour une éclaircie qui traverse tout

pacte des plus grands arrachements

territoire de la grâce
au passage blanc du vivant

une infinité de visages rompus
se pose au bord du monde

parole noyée entre deux lointains
l’intime soudain

la très haute langue d’insomnie

c’est
à perdre la pensée
à tomber en lisière de soi

c’est une soif
à aveugler les comètes

jusqu’au fruit qui ouvre la vie

(Zéno Bianu)

 

Recueil: Infiniment proche
Editions: Gallimard

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