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Posts Tagged ‘se rassurer’

Le poète en oiseau immortel (Ron Padgett)

Posted by arbrealettres sur 18 avril 2018




    
Le poète en oiseau immortel

Il y a une seconde le battement de mon cœur s’est tu
et j’ai pensé : « ce n’est pas le bon moment
pour mourir d’une attaque, au
beau milieu d’un poème », puis je me suis rassuré
à l’idée que personne à ma connaissance
n’est jamais mort en pleine écriture
d’un poème, tout comme les oiseaux ne meurent jamais en plein vol.
Je crois.

***

Poet as Immortal Bird

A second ago my heart thump went
and I thought, “This would be a bad time
to have a heart attack and die, in the
middle of a poem,” then took comfort
in the idea that no one I ever heard
of has ever died in the middle of writing
a poem, just as birds never die in midflight.
I think.

(Ron Padgett)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil: On ne sait jamais
Traduction: Claire Guillot
Editions: Joca Seria

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Face après face (Pierre Dhainaut)

Posted by arbrealettres sur 16 mars 2018




    
Face après face

C’est un mur, se dit-on, trop lisse,
aveugle, on croit bon ainsi
de se rassurer, les doigts en doutent,

qui frémissent, qui
s’écorchent, arête avec crevasse,
pour ne rêver que de caresses,
découvrir un visage.

(Pierre Dhainaut)

 

Recueil: Sur le vif prodigue
Traduction:
Editions: Des Vanneaux

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UN ÉTERNEL AMOUR (Philippe Delaveau)

Posted by arbrealettres sur 3 mars 2018



Illustration: Lisa G.
    
UN ÉTERNEL AMOUR

Quoi donc en cet après-midi où tu reposes
Mon bel amour te fait sourire ?
Tu dors en cette chambre
A nous deux seulement. Dehors
L’été fume son feu sur le sable qui brûle.
On entend sous les pins la dictée des cigales.
Le soleil ton ami paisible et le ciel bleu,
La mer sous la terrasse, les parfums lourds.

M’aimes-tu ? Oh m’aimes-tu, toujours les amoureux
Questionnent, se rassurent. Chuchotements pour rien.
Je voudrais réunir en un bouquet les lauriers-roses
Et t’offrir l’été, tout l’été des collines.
Tresser pour toi les vignes. Tout un monde enchanté.
Accepte la merveille qui t’attend. L’amour
Éternel, et le silence, écrin fragile.

(Philippe Delaveau)

 

Recueil: Le Veilleur amoureux précédé d’Eucharis
Traduction:
Editions: Gallimard

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Il n’y a pas de preuves (Lucien Noullez)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2017



Il n’y a pas de preuves
et chacun se rassure;
il n’y a pas non plus de remuements.
On ne connaît pas de sourires
pas de pétillements particuliers
dans les prières
ni d’angoisse
ni de genoux calamiteux sur le marbre.
Ici
pour se déshabiller on ne demande rien.
Seulement, comment le dire, seulement
la solitude qui écarte les jambes
et qui répète il n’y a pas de preuve
il n’y a pas de maison, rien
qu’un tombeau vide
une rosée
un dos
un chalumeau peut-être
dans le ventre.

(Lucien Noullez)

Illustration: Edward Hopper

 

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LETTRES ET POÈMES (Nâzim Hikmet)

Posted by arbrealettres sur 29 septembre 2016



 

LETTRES ET POÈMES

I

Ma seule au monde et
tu me dis dans ta dernière lettre
« Ma tête éclate, mon coeur défaille,
S’ils te pendent
si je te perds
j’en mourrai. »

Tu vivras, ma femme,
Mon souvenir comme une fumée noire
se dispersera dans le vent.
Tu vivras, soeur aux cheveux roux de mon coeur
Les morts n’occupent pas plus d’un an
les gens du vingtième siècle.

La mort
Un mort qui se balance au bout d’une corde
à cette mort-là
mon coeur ne peut se résigner.
Mais
rassure-toi, ma bien-aimée, si la main noire et velue d’un
pauvre tzigane
finit par me mettre la corde au cou ils regarderont en vain
dans les yeux bleus de Nâzim
pour y voir la peur.
Dans le crépuscule de mon dernier matin
je verrai mes amis et toi

Et je n’emporterai sous la terre
que le regret d’un chant inachevé.

Femme mienne
Mon abeille au coeur d’or
Mon abeille aux yeux plus doux que le miel
Pourquoi t’ai-je écrit qu’on demandait ma mort ?

Le procès ne fait que commencer
On n’arrache tout de même pas la tête d’un homme
comme on arrache un navet.
Allons ne t’en fais pas
Ce ne sont que des possibilités lointaines.
Si tu as de l’argent
Achète-moi un caleçon de laine
j’ai encore la sciatique dans la jambe
Et n’oublie pas que la femme d’un prisonnier
Ne doit pas avoir de noires pensées.

II

J’ai gravé ton nom avec mon ongle
sur le cuir de mon bracelet
Tu sais que là où je me trouve
il n’y a ni canif à manche d’écaille
« Défense de porter des objets contondants »
ni sapin dont la tête pénètre le ciel.
Il y aurait un petit arbre dans la cour
mais défense d’avoir les nuages au-dessus de la tête…
Combien sommes-nous à habiter cette maison,
Je n’en sais rien
Je suis seul loin d’eux

(Nâzim Hikmet)

Illustration: Kuroda Seiki

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