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Posts Tagged ‘se réconcilier’

MA VIE N’EST PAS (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 11 juillet 2018



 

Geology. 64x64cm. Oil on canvas. (2009)

MA VIE N’EST PAS

Ma vie n’est pas cette heure abrupte
où tu me vois précipité
Je suis un arbre devant mon décor,
Je ne suis qu’une de mes bouches,
celle de toutes qui se clora la première.

Je suis l’intervalle entre les deux notes
qui ne s’accordent l’une et l’autre qu’à grand’peine,
car celle de la mort voudrait monter plus haut…
Mais toutes deux, vibrant durant l’obscure pause,
se sont réconciliées.
Et le chant reste beau.

(Rainer Maria Rilke)

Illustration: Kristoffer Zetterstrand

 

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Que l’angoisse de mon coeur jamais ne se retire (Pär Lagerkvist)

Posted by arbrealettres sur 11 juillet 2018



Que l’angoisse de mon coeur jamais ne se retire.
Que jamais je n’aie la paix.
Que jamais je ne me réconcilie avec la vie,
non plus qu’avec la mort.
Que ma route soit sans fin, vers un but inconnu.

***

Att hjärtats oro aldrig må vika.
Att jag aldrig må få frid.
Att jag aldrig må försona mig med livet,
inte heller med döden.
Att min väg må vara oändlig, med ett okänt mål.

(Pär Lagerkvist)

Illustration retirée sur demande de l’artiste

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Et voici que j’aime aujourd’hui (Pierre-Albert Birot)

Posted by arbrealettres sur 5 août 2017



 Emil Nolde young-couple-1935.jpg!HD [1280x768]

Et voici que j’aime aujourd’hui
comme dans un grand paysage
à voyager sur mon visage
avec mon amitié pour lui

Tu vois je me réconcilie
avec moi tout entier merci
et merci veux-je dire aussi
à la lumière qui nous lie

(Pierre-Albert Birot)

Illustration: Emil Nolde

 

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Tout devient calme (Rilke)

Posted by arbrealettres sur 12 novembre 2016




Après une journée de vent,
dans une paix infinie,
le soir se réconcilie
comme un docile amant.
Tout devient calme, clarté…
Mais à l’horizon s’étage,
éclairé et doré,
un beau bas-relief de nuages.

(Rilke)

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Les jeunes époux (Halwâ al-Abbâr « al-Miknâsiyya »)

Posted by arbrealettres sur 2 novembre 2015




Les jeunes époux

Combien souffrent les jeunes époux,
quand, dos à dos et en silence,
l’orgueil les empêche de se réconcilier !

Mais quelle joie quand soudain ils se retournent
et mettent fin à la querelle d’amour :
elle en lui, lui en elle !

(Halwâ al-Abbâr « al-Miknâsiyya »)

 

 

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Il est temps que l’homme se fixe à lui-même son but (Frédéric Nietzsche)

Posted by arbrealettres sur 2 octobre 2015



 

Sylvie Lemelin_Des fleurs pour ArlequinWEB

Et ainsi Zarathoustra se mit à parler au peuple :
Il est temps que l’homme se fixe à lui-même son but.
Il est temps que l’homme plante le germe de sa plus haute espérance.
Maintenant son sol est encore assez riche.
Mais ce sol un jour sera pauvre et stérile et aucun grand arbre ne pourra plus y croître.
Malheur ! Les temps sont proches où l’homme ne jettera plus par-dessus les hommes la flèche de son désir,
où les cordes de son arc ne sauront plus vibrer !

Je vous le dis : il faut porter encore en soi un chaos pour pouvoir mettre au monde une étoile dansante.

Je vous le dis : vous portez en vous un chaos.
Malheur ! Les temps sont proches où l’homme ne mettra plus d’étoile au monde.
Malheur ! Les temps sont proches du plus méprisable des hommes, qui ne sait plus se mépriser lui-même.
Voici ! Je vous montre le dernier homme.

Amour ? Création ? Désir ? Etoile ? Qu’est cela ?
Ainsi demande le dernier homme, et il cligne de l’œil.

La terre sera alors devenue plus petite, et sur elle sautillera le dernier homme, qui rapetisse tout.
Sa race est indestructible comme celle du puceron; le dernier homme vit le plus longtemps.
Nous avons inventé le bonheur, – disent les derniers hommes, et ils clignent de l’œil.

Ils ont abandonné les contrées où il était dur de vivre : car on a besoin de chaleur.
On aime encore son voisin et l’on se frotte à lui: car on a besoin de chaleur.
Tomber malade et être méfiant passe chez eux pour un péché : on s’avance prudemment.
Bien fou qui trébuche encore sur les pierres et sur les hommes !
Un peu de poison de-ci de-là, pour se procurer des rêves agréables.
Et beaucoup de poisons enfin, pour mourir agréablement.

On travaille encore, car le travail est une distraction.
Mais l’on veille à ce que la distraction ne débilite point.
On ne devient plus ni pauvre ni riche : ce sont deux choses trop pénibles.
Qui voudrait encore gouverner ?
Qui voudrait obéir encore?
Ce sont deux choses trop pénibles.

Point de berger et un seul troupeau ! Chacun veut la même chose, tous sont égaux :
qui a d’autres sentiments va de son plein gré dans la maison des fous.
Autrefois tout le monde était fou, – disent ceux qui sont les plus fins, et ils clignent de l’œil.

On est prudent et l’on sait tout ce qui est arrivé c’est ainsi que l’on peut railler sans fin.
On se dispute encore, mais on se réconcilie bientôt – car on ne veut pas se gâter l’estomac.
On a son petit plaisir pour le jour et son petit plaisir pour la nuit : mais on respecte la santé.

Nous avons inventé le bonheur, – disent les derniers hommes, et ils clignent de l’œil.

(Frédéric Nietzsche)

Illustration: Sylvie Lemelin

 

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Errant asile (Octavio Paz)

Posted by arbrealettres sur 29 septembre 2015




Le vent se délie et rassemble le feuillage,
la nation des nuages se disperse.

Fragile est le réel et inconstant;
et aussi, sa loi le changement, infatigable :

tourne la roue des apparences
sur l’axe du temps, sa fixité.

La lumière dessine tout et tout enflamme,
elle plante dans la mer des poignards qui sont des torches,

elle fait du monde un bûcher de reflets :
nous autres ne sommes que moutonnements.

Elle n’est pas la lumière de Plotin, mais lumière terrestre,
lumière d’ici, mais lumière intelligente.

Elle me réconcilie avec mon exil :
patrie est sa vacuité, errant asile.

(Octavio Paz)

Illustration: ArbreaPhotos
 

 

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Sérénité du désert (Bernard Montini)

Posted by arbrealettres sur 2 juin 2015



L’âme s’égoutte
s’évapore

plus rien ne bouge

tout se réconcilie
jusqu’au blanc final

sérénité du désert

(Bernard Montini)


Illustration

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