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Poésie

Posts Tagged ‘se refermer’

Les fleurs de lotus se referment (Atsuko Ishida)

Posted by arbrealettres sur 2 novembre 2017



Les fleurs de lotus
se referment
pour éclore demain

(Atsuko Ishida)

 

 

 

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MIROIR VIDE (Kenneth Rexroth)

Posted by arbrealettres sur 10 octobre 2017




    
MIROIR VIDE

Tant que nous vivons perdus
Dans le règne de la finalité
Nous ne sommes pas libres. Je suis assis
Dans ma cabane de dix mètres carrés.

Les oiseaux chantent. Les abeilles bourdonnent.
Les feuilles frémissent. L’eau
Murmure sur les rochers.
Le canyon me referme sur moi-même.

Un mouvement, et la grenouille de Basho
Sauterait dans l’étang.
Tout l’été les feuilles dorées
Des lauriers ont tourné dans l’espace.

Aujourd’hui, une feuille
D’érable dérivait sur l’eau.
A la tombée de la nuit, je contemple le feu.

Il fut un temps où je voyais des cités de feu,
Des villes, des palais, des guerres,
Des aventures héroïques
Dans les feux de camp de ma jeunesse.

Aujourd’hui, je ne vois plus qu’un feu.
Je respire doucement.
Les étoiles se meuvent dans le ciel.

Dans l’obscurité pure
Seule une petite lueur rougeoyante
Palpite encore parmi la cendre.

Sur la table, une peau
De serpent desséchée, une pierre brute.

(Kenneth Rexroth)

 

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Je m’enfonce très fort (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 2 octobre 2017




    
Je m’enfonce très fort les ongles dans la peau
pour me rappeler que je suis encore en vie
à l’heure où mes doigts craignent de se refermer
sur des os prêts à jouer le jeu de la mort.

Que me reste-t-il de quarante ans de regards,
sinon le souvenir de deux ou trois couchants
au-dessus de soirs presque sans date ni lieu,
de blés marchant la tête haute vers la nuit ?

Le soleil fait semblant de ne pouvoir sortir
d’un filet d’eau traversant pierres et chemins
ou des yeux d’une amoureuse pour qui se lève
le jour irremplaçable d’un visage d’homme.

Elle avance sans savoir que les murs s’éclairent
à l’approche d’un corps aussi bouleversant
que celui d’un navire en route vers la terre,
foudre vivante à quoi se brûle l’horizon.

La lumière éparse n’a plus d’autre support
qu’une main tendue venant tout droit de la nuit
et par laquelle ma chair rayonne et s’étend
très loin de ce point trop gris qu’est toujours le coeur.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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Soir (Louis Guillaume)

Posted by arbrealettres sur 25 septembre 2017



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Soir

Les étoiles dorment.
Le soir a cueilli
Par tous les étages
Un bouquet de lampes.

Au ras du trottoir
Un petit enfant
Ecarte les doigts
vers tant de lumière.

La ville s’éteint
La main se referme.
A tous les étages
Grimpe le sommeil.

(Louis Guillaume)

Illustration

 

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LE DÉSIR N’A PAS DE LÉGENDE (XVI) (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 2 septembre 2017



 

Illustration: Oleg Korolev
    

LE DÉSIR N’A PAS DE LÉGENDE (XVI)

A nos regards pris dans la même pierre de présence,
le monde arrive par une fenêtre
où nous nous penchons parfois
de nos corps, hauts comme des promontoires.

La ville est au pied de la chambre où tu te tiens
avec pour horizon celui de tes épaules
et nous touchons jusqu’en son fond
le vivier de feu qui donne sa mesure à l’été.

Tu te refermes sans cesse sur moi
comme deux vagues sur un rocher
et nous n’avons qu’à nous laisser porter par la mer
qui s’étend très loin autour de nos visages.

Perdus dans un pays de chair et de caresses,
nous vivons les quelques milliers d’années
dont notre amour a besoin pour que naisse
une étreinte de chaque goutte de notre sang.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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LE DÉSIR N’A PAS DE LÉGENDE (VIII) (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 31 août 2017



Illustration: Margarita Sikorskaia 
    
LE DÉSIR N’A PAS DE LÉGENDE (VIII)

Il me suffit de quelques gestes pour retrouver,
enfouie sous ta peau, la plante nue que tu es
et, vacillant de tout le soleil conquis par les ruisseaux,
tu entres dans la nuit avec le jour devant toi.

Je n’ai qu’à toucher la pointe de tes seins
pour que soient soudain rompues les mille écluses
qui retiennent entre nous un poids d’eau égal à celui de la mer,
pour que toutes les lumières s’allument en nous.

Et quand dans la clarté du drap,
tu n’es plus qu’un éventail de chair,
j’ai hâte de le faire se refermer sur mon corps
par une caresse que je jette en toi comme une pierre.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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Je rase le sol (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 19 août 2017



Illustration: Euan Macleod  
    
Je rase le sol sous des nuages de boue
qui font de la rue un trou
qui ne mène qu’à une autre rue.
Chaque porte est un sceau qui protège la douleur des hommes.

A chaque pas, la terre se referme
à chaque regard, le monde se vide
à chaque arrivée, la même maison m’attend sous un soleil
que je voudrais revoir de mes yeux d’enfant.

C’est seulement sur les moissons que se lève la joie,
mais elle reste prise entre les cils, loin du visage.
L’été s’est repu de briques et de toits sanglants
et la nuit mal cachée s’étrangle dans les portes.

Les murs faits du dernier regard de tant de morts
attendent un signe pour tomber sur moi.
En face d’eux, comme mes gestes sont vains,
comme ma façon de mourir sera ridicule.

Aucun chemin ne peut s’arrêter sous mes pieds
au moment où je coule en pleine terre
avec les mots d’amour que je n’ai pas franchis
quand la vie venait vers moi,
libre comme une poitrine de femme.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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C’est toujours après que la bouche s’affole (Jean-Marie Barnaud)

Posted by arbrealettres sur 9 août 2017



Illustration: Marie Gailland

    

C’est toujours après que la bouche s’affole
à saisir ce qui brûle les mains
La langue sur les dents sonne après l’émoi
L’intime lui échappe
Non pas en avant le poème
ni le rire des enfants
plutôt le travail du boeuf
Une boucle se referme
Rien vraiment d’une étrave
d’une aile

(Jean-Marie Barnaud)

 

Recueil: Fragments d’un corps incertain
Editions: Cheyne

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Réveil (Ernest Raynaud)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2017



Illustration: Andrew Murray
    
Réveil

Un rêve que suscite un espoir illusoire
Ainsi qu’un bel été dispense son azur,
Au coeur pauvre que doit élire le Futur
A donné tout ce qu’il pouvait donner de gloire.

On a tenu l’Armide nue aux seins d’ivoire,
Dont la lèvre est aussi saignante qu’un vin pur.
Alors que vous venaient des lointains, roulés sur
Les mers, les cris d’un peuple acclamant la Vicloire,

Hélas ! voici l’instant farouche du réveil,
Les yeux s’ouvrant dans la nuit de notre soleil
Tout effarés de ne voir plus la douce Armîde ;

Voici la vie, hélas ! revenue, et la main
Tendue encore à l’or fréquent d’un songe vain,
Qui se referme avec tristesse sur le vide.

(Ernest Raynaud)

 

Recueil: Chairs profanes
Editions: Léon Vanier

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Je suis l’animal (Hans Lodeizen)

Posted by arbrealettres sur 19 mai 2017




    
je suis l’animal le plus pur sur terre
je dors avec la nuit comme avec mon corps
et la nuit grandit dans mon coeur

dans le sombre métier à tisser de tes doigts
je brode une nuit de solitude
multicolore exigeante changeante

je connais toutes les larmes de la solitude
frappe-moi ouvre-moi
je suis une rose de gaieté

viens ici fais-moi confiance
je jette des étoiles au vent

comme un bateau d’abondance dans
la rareté de la mer

mais tu n’es pas venu
et lentement je me referme.

(Hans Lodeizen)

 

Recueil: Poètes néerlandais de la modernité
Traduction: Henri Deluy
Editions: Le Temps des Cerises

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