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Poésie

Posts Tagged ‘se refermer’

VISION DISTINCTE (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 6 février 2018




    
VISION DISTINCTE

Je commence à y voir clair
Près de moi
Quelqu’un fait la lumière
Je la reçois en pleine face

Les visages s’effacent
Tous les doigts se referment
Sur leur peau de chagrin
Les coeurs
Perdent leur mauvais grain
On entend des chansons
Comme au premier jour
Je vais prendre froid
Dans la verdure

Sur la terre comme au ciel
Une voix s’est levée.

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Poésie la vie entière
Traduction:
Editions: Seghers

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GENÈSE (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 6 février 2018




    
GENÈSE

Si la terre s’arrêtait de tourner
Si les ailes n’allaient plus jamais se refermer
Si l’homme reprenait l’enfance au premier geste
Le plus clair de son temps
Pour satisfaire l’amour

La neige coulera comme un beau marbre antique
Mais le ciel gardera ses ardoises dorées
Il y aura les hauts visages
Les signes blancs de ceux qui dressent les moissons
Le bruit de pas feutrés derrière la cloison
Les sortilèges des mansardes

On parlera de toi
Et beaucoup du retour
Les mains s’aligneront un soir sur le rivage
Le meilleur de nous deux retenu pour longtemps

Déjà je parle aux arbres
Et mes doigts me suffisent
Déjà les torses flambent au bord du lendemain
Et le soc d’une étoile nous ouvre le chemin.

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Poésie la vie entière
Traduction:
Editions: Seghers

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D’après tes cheveux rougeoyants (Edward Estlin Cummings)

Posted by arbrealettres sur 1 février 2018



    
D’après tes cheveux rougeoyants s’instaure
Un crépuscule,en gage de quelles perles implorantes;
D’après la vigne charnelle ta beauté se retord
Sur moi,avec des opiums aussi fourmillants
Qu’immobile attend ma chair littérale;
Déjà tournoie l’attentif vent spirituel
Sur le massacre des grives et des merles
De cette rapide forêt que ton sourire dévoile;

M’arrêtant,je lève les yeux du mieux que je puis,
Où se referme l’arc de deux bougies frêles
Au-dessus d’une cézannienne aquarelle.
Mais,d’amour assoiffée,tu souffles ce qui luit;
En totale terreur de l’obscurité réelle
Changeant l’équivalent timide d’un rêve.

***

After your poppied hair inaugurates
Twilight,with earnest of what pleading pearls;
After the camal vine your beauty curls
Upon me,with such tingling opiates
As immobile my literal flesh awaits;
Ere the attent wind spiritual whirls
Upward the murdered throstles and the merles
Of that prompt forest which your smile creates;

Pausing,I lift my eyes as best I can,
Where twain frail candles close their single arc
Upon a water-colour by Cezanne.
But you,love thirsty,breathe across the gleam;
For total terror of the actual dark
Changing the shy equivalents of dream.

(Edward Estlin Cummings)

 

Recueil: Erotiques
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: Seghers

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Une parmi les brunes (Georges-Emmanuel Clancier)

Posted by arbrealettres sur 23 janvier 2018




    
Une parmi les brunes.
Chanson dis-moi son nom.
La malicieuse à contretemps se
Déshabille à contre-jour.

Son corps tout au bord du
Silence paraît d’or.
Est fou qui ne le veut.

Né de l’image rieuse
D’un coup le piège se referme.
Oiseau mon coeur c’en est fait.

(Georges-Emmanuel Clancier)

 

Recueil: Le Poème Hanté
Traduction:
Editions: Gallimard

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Raison des larmes (Luis Cernuda)

Posted by arbrealettres sur 29 décembre 2017



Illustration: Caroline Duvivier
    

Raison des larmes

La nuit parce qu’elle est triste manque de frontières,
Son ombre, rebelle comme l’écume,
Brise les murs fragiles,
Honteux de leur blancheur ;
Nuit qui ne peut être rien d’autre que nuit.

Peut-être les amants poignardent-ils des astres,
Peut-être l’aventure apaisera-t-elle une tristesse.
Mais toi, nuit, portée par les désirs
Jusqu’à la pâleur de l’eau,
Tu attends toujours debout on ne sait quels rossignols.

Au-delà frémissent les abîmes
Que peuplent des serpents entre les plumes,
Chevet d’hommes malades
Qui ne fixent rien d’autre que la nuit
Tandis que leurs lèvres se referment sur l’air.

La nuit, la nuit éblouissante,
Qui, aux coins des rues, tortille des hanches
Et qui attend, qui sait,
Comme moi, comme tous.

***

Razón de las lagrimas

La noche por ser triste carece de fronteras.
Su sombra, en rebelión como la espuma,
Rompe los muros débiles
Avergonzados de blancura;
Noche que no puede ser otra cosa sino noche.

Acaso los amantes acuchillan estrellas,
Acaso la aventura apague una tristeza.
Mas tú, noche, impulsada por deseos
Hasta la palidez del agua,
Aguardas siempre en pie quién sabe a cuáles ruiseñores.

Más allá se estremecen los abismos
Poblados de serpientes entre pluma,
Cabecera de enfermos
No mirando otra cosa que la noche
Mientras cierran el aire entre los labios.

La noche, la noche deslumbrante,
Que junto a las esquinas retuerce sus caderas,
Aguardando, quién sabe,
Como yo, como todos.

(Luis Cernuda)

 

Recueil: Un fleuve, un amour
Traduction: Jacques Ancet
Editions: Fata Morgana

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LA SOLITUDE (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2017



Illustration: Daniel Siguier

    

LA SOLITUDE

Bel arbre noir dans cette chambre
Je te pare de tous mes soucis
Derrière moi
C’est le bruit d’ailes des portes
Qui se referment

Tout ce qui tombe
De l’autre côté des épaules
Tout ce qui plane
Plus haut que la nuit
N’atteint pas mon visage

Je cherche un homme en moi
A qui parler.

(René Guy Cadou)

 

Recueil: René Guy Cadou
Traduction:
Editions: Seghers

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Tout se passe comme si tu étais là (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 11 décembre 2017



 

Auto Observacion ... 2008 ... GAO XINGJIAN

Tout se passe comme si tu étais là
Et des années-lumière nous séparent
Je n’attends rien de toi
Mon Dieu
Je ne crains rien de toi
Nous portons tous deux la même croix
Nos paumes se referment sur les mêmes clous d’or
Les mêmes fautes
Je te donne le meilleur de mon mal
Et ce regard de gel
Qu’un jour tu me rendras.

(René Guy Cadou)

Illustration: Gao Xingjian

 

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Le coeur s’est refermé (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 11 décembre 2017



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Le coeur s’est refermé
Les mains se sont éteintes
Sous le toit défleuri
La misère qui tinte
Mais les oiseaux sauvés
La dernière clé d’or allumée sur la porte
Et les chiens d’aube qui rapportent
Quelques lambeaux d’été
Des plumes de lumière
Les cloches réveillées au fond de la rivière
Tout le ciel de côté

Chacun reprend courage
Et la route est partie sous l’aile de l’orage
L’homme sur sa chanson
Que le plus clair de nous éclaire ton visage

(René Guy Cadou)

 Illustration

 

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Les fleurs de lotus se referment (Atsuko Ishida)

Posted by arbrealettres sur 2 novembre 2017



Les fleurs de lotus
se referment
pour éclore demain

(Atsuko Ishida)

 

 

 

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MIROIR VIDE (Kenneth Rexroth)

Posted by arbrealettres sur 10 octobre 2017




    
MIROIR VIDE

Tant que nous vivons perdus
Dans le règne de la finalité
Nous ne sommes pas libres. Je suis assis
Dans ma cabane de dix mètres carrés.

Les oiseaux chantent. Les abeilles bourdonnent.
Les feuilles frémissent. L’eau
Murmure sur les rochers.
Le canyon me referme sur moi-même.

Un mouvement, et la grenouille de Basho
Sauterait dans l’étang.
Tout l’été les feuilles dorées
Des lauriers ont tourné dans l’espace.

Aujourd’hui, une feuille
D’érable dérivait sur l’eau.
A la tombée de la nuit, je contemple le feu.

Il fut un temps où je voyais des cités de feu,
Des villes, des palais, des guerres,
Des aventures héroïques
Dans les feux de camp de ma jeunesse.

Aujourd’hui, je ne vois plus qu’un feu.
Je respire doucement.
Les étoiles se meuvent dans le ciel.

Dans l’obscurité pure
Seule une petite lueur rougeoyante
Palpite encore parmi la cendre.

Sur la table, une peau
De serpent desséchée, une pierre brute.

(Kenneth Rexroth)

 

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