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Poésie

Posts Tagged ‘se refermer’

Réveil (Ernest Raynaud)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2017



Illustration: Andrew Murray
    
Réveil

Un rêve que suscite un espoir illusoire
Ainsi qu’un bel été dispense son azur,
Au coeur pauvre que doit élire le Futur
A donné tout ce qu’il pouvait donner de gloire.

On a tenu l’Armide nue aux seins d’ivoire,
Dont la lèvre est aussi saignante qu’un vin pur.
Alors que vous venaient des lointains, roulés sur
Les mers, les cris d’un peuple acclamant la Vicloire,

Hélas ! voici l’instant farouche du réveil,
Les yeux s’ouvrant dans la nuit de notre soleil
Tout effarés de ne voir plus la douce Armîde ;

Voici la vie, hélas ! revenue, et la main
Tendue encore à l’or fréquent d’un songe vain,
Qui se referme avec tristesse sur le vide.

(Ernest Raynaud)

 

Recueil: Chairs profanes
Editions: Léon Vanier

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Je suis l’animal (Hans Lodeizen)

Posted by arbrealettres sur 19 mai 2017




    
je suis l’animal le plus pur sur terre
je dors avec la nuit comme avec mon corps
et la nuit grandit dans mon coeur

dans le sombre métier à tisser de tes doigts
je brode une nuit de solitude
multicolore exigeante changeante

je connais toutes les larmes de la solitude
frappe-moi ouvre-moi
je suis une rose de gaieté

viens ici fais-moi confiance
je jette des étoiles au vent

comme un bateau d’abondance dans
la rareté de la mer

mais tu n’es pas venu
et lentement je me referme.

(Hans Lodeizen)

 

Recueil: Poètes néerlandais de la modernité
Traduction: Henri Deluy
Editions: Le Temps des Cerises

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Fleur sauvage (Bakary Bamba Junior)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2017



Fleur sauvage

Comme une fleur sauvage toute seule isolée,
Je t’ai découverte un soir te promenant près du rivage.

Belle fleur sauvage aux couleurs captivantes,
Je me suis approché de toi et t’ai admirée.

Fleur sauvage qu’on voudrait cueillir,
Je t’ai exposé mes désirs.

Dangereuse fleur sauvage isolée,
Tu t’es donnée à moi pour un amour sanglant.

Fleur sauvage attirant une abeille,
Je suis entré en toi et tu t’es refermée sur moi.

Douce fleur sauvage au parfum envoûtant,
J’ai perdu toute raison le temps de nos ébats.

Fleur sauvage au nectar enivrant,
Je me suis écoulé en toi et tu as ruisselé sur moi.

Si belle fleur sauvage, mais unique au monde,
Tu es partie sans bruit me laissant dans mes rêves.

Comme une fleur sauvage fanée au fil du temps,
Mon souvenir de toi est parti avec le vent.

(Bakary Bamba Junior)

Illustration

 

 

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Comme Feuilles – Il Se déplie – Et puis – Il se referme – (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2017



Comme Feuilles – Il Se déplie –
Et puis – Il se referme –
Puis se perche sur la Capeline
De Quelque Bouton d’Or –

Puis dans sa course Il heurte
Et renverse une Rose –
Et puis il ne fait Rien –
Puis plus loin sur un Foc – Se pose –

Et balance, Grain de Poussière
Dans Midi suspendu –
Entre – revenir Ici-bas –
Ou migrer vers la Lune –

De Lui qu’adviendra-t-il la Nuit –
L’Ignorance borne
Le privilège de le dire –
De Lui qu’adviendra-t-il – Le Jour –

Où le Gel – étreindra le Monde –
Des Vitrines – le montrent –
Un Sépulcre en curieuse Soie floche –
Une Abbaye – un Cocon –

***

He parts Himself- like Leaves –
And then – He closes up –
Then stands opon the Bonnet
Of Any Buttercup –

And then He runs against
And oversets a Rose –
And then does Nothing –
Then away opon a Jib – He goes –

And dangles like a Mote
Suspended in the Noon –
Uncertain – to return Below –
Or settle in the Moon –

What come of Him at Night –
The privilege to say
Be limited by Ignorance –
What come of Him – That Day

The Frost – possess the World –
In Cabinets – be shown –
A Sepulchre of quaintest Floss –
An Abbey – a Cocoon –

(Emily Dickinson)

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Puisque la nuit sans raison s’est ouverte (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 11 février 2017



Puisque la nuit sans raison s’est ouverte
et que les yeux veulent se refermer
ô voyageons dans l’ombre des prunelles
jusqu’à mourir à force de blesser
le vieil été couleur de tous les êtres

Seul, entouré de signes, de symboles,
je peux marcher parmi les jours de mort

(Robert Sabatier)

 

 

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Chanson pour le jardin d’une nonne (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 13 octobre 2016



Combien de rires, dites, combien de roses
dans le corsage d’une nonne.
Combien de roses fanées,
combien de rires rongés,
combien de corps piétines
pour un seul qui n’existe pas.

Combien de rêves, dites, combien de fièvres
dans le corsage d’une nonne.
Combien de rêves chassés,
combien de fièvres brûlées,
combien de cœurs dépecés
pour un seul qui n’existe pas.

Mais, sur sa monture luisante,
voici le sauveur.
La nonne, à genoux, l’accueille,
tremblante comme une feuille
et blanche comme la douleur.

Combien d’eau dites, combien d’étoiles
dans le corsage d’une fiancée.
Combien de fleuves retrouvés,
combien de bateaux pavoisés,
combien de rives enchantées
pour un jour qui va naître.

Le cavalier d’amour l’emporte
quand, du couvent, la lourde porte
se referme sur les années;

sur les nonnes en prière
qui ne seront plus de pierre.

(Edmond Jabès)

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MA MAIN DROITE (Nâzim Hikmet)

Posted by arbrealettres sur 9 octobre 2016




MA MAIN DROITE

Ma main droite sur la table,
si je l’appelais, m’écouterait-elle ?
Ma main droite sur la table
bonjour ma main droite, bonjour.

Ma main droite sur la table,
veinée, ridée, tachée de son.
Cela se voit, la main de ce vieillard
n’est pas rassasiée du monde.

Dur est le bois, douce la paume,
les cinq doigts s’ouvrent, se referment,
elle couvrira ta main, femme aimée,
ma main droite sur la table.

Ma main droite, ma main droite, ma main droite.

Ma main droite me couvre le visage
lorsque je sens venir les larmes.
Ma main droite me couvre le visage
lorsqu’une amitié meurt en moi.

Si je commets une faute grave,
mes yeux ont de moi grande honte,
mon coude à mon genou s’appuie,
ma main droite me couvre le visage.

Ma main droite me couvre le visage.
Il neige sur les bois, au-dehors.
Ma main droite me couvre le visage.
Je vogue vers un port tout en or.

(Nâzim Hikmet)

Illustration: Alison Skaggs

 

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Nos vies (Cécile Wajsbrot)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2016



Nos vies forment une courbe,
un arc-en-ciel qui se referme
et dont les extrémités vont se rejoindre
derrière un horizon, ou sous la terre.

(Cécile Wajsbrot)

 

 

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VOYAGES SANS FIN (Pierre Reverdy)

Posted by arbrealettres sur 19 juillet 2016



VOYAGES SANS FIN

Tous ceux qui vus de dos s’éloignaient en chantant
Qu’on avait vus passer le long de la rivière
Où même les roseaux redisaient leurs prières
Que reprenaient plus fort et plus loin les oiseaux
Ils viennent les premiers et ne s’en iront pas
Le chemin qu’ils ont fait se comptait pas à pas
Et disparaissait à mesure
Ils marchaient sur la pierre dure
Au bord des champs ils se sont arrêtés
Au bord de l’eau ils se désaltéraient
Leurs pieds soulevaient la poussière
Et c’était un manteau brodé par la lumière
Tous ceux qui s’en allaient
Marchant dans ce désert
Et pour qui maintenant le ciel s’était ouvert
Cherchaient encore le bout où finirait le monde
Le vent qui les poussait continuait sa ronde
Et la porte se refermait
Une porte noire
La nuit

(Pierre Reverdy)

Illustration

 

 

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Tout se passe comme si tu étais là (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2016



 

Auto Observacion ... 2008 ... GAO XINGJIAN

Tout se passe comme si tu étais là
Et des années-lumière nous séparent
Je n’attends rien de toi
Mon Dieu
Je ne crains rien de toi
Nous portons tous deux la même croix
Nos paumes se referment sur les mêmes clous d’or
Les mêmes fautes
Je te donne le meilleur de mon mal
Et ce regard de gel
Qu’un jour tu me rendras.

(René Guy Cadou)

Illustration: Gao Xingjian

 

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