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Posts Tagged ‘se refroidir’

Le Chant de triomphe de Trishancou (Sri Aurobindo)

Posted by arbrealettres sur 21 mars 2020



Trishancou 
    
Le Chant de triomphe de Trishancou

Je ne mourrai pas.
Bien que ce corps, quand l’esprit sera las
de son étroite demeure, doive nourrir les flammes,
ma maison brûlera, moi pas.

Abandonnant cette gaine
je découvrirai un vaste espace éthéré.
À la tombe avide échappera mon esprit,
trompant l’étreinte de la mort.

La Nuit retiendra
le soleil en ses profondeurs glacées ; le Temps aussi devra cesser ;
les astres qui peinent auront leur délivrance.
Je ne cesse pas, moi, je demeure.

Avant que les premières graines
fussent semées sur terre, j’étais déjà vieux,
et quand se refroidiront des planètes point encore nées
mon histoire se poursuivra.

Je suis la lumière
au coeur des étoiles, la force léonine et la joie des matins ;
je suis l’homme et la jeune fille et le petit garçon,
protéen, infini.

Je suis l’arbre
qui se dresse, solitaire, sur le bleu sans limite ;
je suis la rosée qui pleut en silence
et la mer illimitée.

Je tiens le ciel entre mes mains
et soutiens la terre exubérante.
À ma naissance j’étais l’éternel Penseur
et le demeurerai après ma mort.

(Sri Aurobindo)

 

Recueil: Poésie
Traduction: Français Cristof Alward-Pitoëff
Editions: Sri Aurobindo Ashram Trust

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Tu me seras fidèle (Marie Noël)

Posted by arbrealettres sur 8 septembre 2018




    
Ô mon Dieu,
Tu donnes la lumière, la joie de Toi pendant le jour,
mais pendant la nuit, simplement, fidèlement, sans joie ni lumière, Tu es là.

Dans ma fatigue à ras de terre,
quand je suis trop faible pour aimer Dieu ni homme.
Pendant la nuit, Seigneur, Tu me seras fidèle.

Dans mon usure, quand je ne vois plus clair, que mon cœur se refroidit,
que ma dernière vertu à bout de forces s’assoupit et somnole comme une vieille femme.
Pendant la nuit, Seigneur, Tu me seras fidèle.

Dans ma nuit la plus noire, dans le gouffre terrible où Dieu se renverse,
où la foi s’écroule comme un château de nuages, où il n’y a plus trace d’espérance sur la terre comme au ciel.
Pendant la nuit, Seigneur, Tu me seras fidèle.

Dans la mort où tout disparaît, dans la nuit de la mort
où l’âme n’a plus ni espace, ni temps, dans le rien où je ne trouverai plus moi ni personne.
Pendant la nuit, Seigneur, Tu me seras fidèle.

Amen

(Marie Noël)

 

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ROSÉE MATINALE (J. Shuin-Ling)

Posted by arbrealettres sur 16 avril 2018



 

ROSÉE MATINALE

Sur le fond sombre de l’élégante fenêtre, enguirlandée de fleurs,
la jeune fille émerge, lumineuse.

Demi-nue, elle se penche,
et sa chair, pareille au givre, apparaît, hors du rebord de pierre.
Le charme de la toilette moderne,
n’est visible qu’à la coiffure, déjà achevée.

Ses sourcils, blonds, ont la forme du croissant de la lune.
De l’arrosoir, plein d’eau pure, jaillit une pluie claire.
Avec effort, elle tient l’anse de métal,
et, bien sûr, se refroidit beaucoup les doigts.

Ah ! que je voudrais, si je pouvais être auprès de sa gracieuse personne,
Soir et matin, avec zèle, arroser à sa place !…

(J. Shuin-Ling)

Illustration: Gustav Klimt

 

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C’est la fièvre de la jeunesse (Georges Bernanos)

Posted by arbrealettres sur 27 février 2017



 

C’est la fièvre de la jeunesse
qui maintient le reste du monde
à la température normale.
Quand la jeunesse se refroidit,
le reste du monde claque des dents.

*

L’espérance est un risque à courir.

(Georges Bernanos)

Illustration: Annagol

 

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CENDRES (Joseph Rouffanches)

Posted by arbrealettres sur 12 septembre 2015



CENDRES

Que de cendres dans la chaumière de la vie
quand au petit matin elle s’est refroidie !
Et plus de petit bois, plus d’anthracite,
plus à brûler d’objets hétéroclites.
Alors on tisonne comme l’on meurt,
à petits coups lassés du coeur,
jusqu’à la saison d’autres roses.

(Joseph Rouffanches)

Illustration

 

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