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Poésie

Posts Tagged ‘se refuser’

Regarde (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2019



Regarde, des anges diffusent à travers l’espace
leurs sentiments qui ne cessent jamais.
Notre incandescence leur serait froideur.
Regarde, des anges rougeoient à travers l’espace.

Cependant qu’à nous, qui n’en savons rien d’autre,
tantôt une chose se refuse, tantôt une autre échoit en vain,
eux marchent, enthousiasmés par ce qu’ils ont à accomplir,
à travers leur domaine pleinement achevé.

***

Siehe. Engel fühlen durch den Raum
ihre unaufhörlichen Gefühle.
Unsre Weißglut wäre ihre Kühle.
Siehe, Engel glühen durch den Raum.

Während uns, die wirs nicht anders wissen,
eins sich wehrt und eins umsonst geschieht,
schreiten sie, von Zielen hingerissen,
durch ihr ausgebildetes Gebiet.

(Rainer Maria Rilke)

 

 

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Toi si fragile (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 4 janvier 2018



Illustration: Klaus Kampert
    
Toi si fragile

Toi si fragile enfin tu te ressembles
comme ce mot léger, si pur qu’il tremble
et se refuse à la bouche, à l’oreille
et va mourir, écume sur la grève.

Tu ressentais cela quand, dès l’enfance,
tu mariais la cerise et la fraise
et n’osais pas manger tant de beauté.

Tremble ta voix comme feuille d’automne.
Des dieux ténus se penchent sur ta vie.

Tu ne peux plus déchirer une lettre
par peur d’entendre un long cri de souffrance.

(Robert Sabatier)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Albin Michel

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AUX PALES ACCENTS DE L’AUBE (Jean Cayrol)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2017




    
AUX PALES ACCENTS DE L’AUBE

Dans la pleine liberté de la mort
quand le sang se refuse à être partagé
dans la noirceur de l’herbe qui s’endort
quand la terre apparaît tout au fond de la plaie

sous le soleil et sous la lune
quand le monde sans fin appelle un autre monde
dans le vent dur des arbres sur la dune
quand la mer est comme un attelage qui s’effondre

dans le ciel trouvé au fond du tombeau
quand la vie sourit aux feuilles qui tombent
dans la nuit qui joue qui rit dans les cendres
quand le vent n’est plus qu’un vol de l’oiseau

écoute je viens.

(Jean Cayrol)

 

Recueil: Poèmes de la nuit et du brouillard
Traduction:
Editions: Seuil

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Brouillard (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 11 décembre 2017



Les filles de la pluie sont douces si je hèle
A travers un brouillard infiniment glacé
Leur corps qui se refuse et la noire dentelle
Qui pend de leurs cheveux comme un oiseau blessé…

(René Guy Cadou)


Illustration

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Je désire toujours (Louise Colet)

Posted by arbrealettres sur 10 octobre 2017




    
Je désire toujours

Avoir toujours gardé la candeur pour symbole,
Croire à tout sentiment noble et pur, et souffrir ;
Mendier un espoir comme un pauvre une obole,
Le recevoir parfois, et longtemps s’en nourrir !

Puis, lorsqu’on y croyait, dans ce monde frivole
Ne pas trouver un cœur qui se laisse attendrir !
Sans fixer le bonheur voir le temps qui s’envole ;
Voir la vie épuisée, et n’oser pas mourir !

Car mourir sans goûter une joie ineffable,
Sans que la vérité réalise la fable
De mes rêves d’amour, de mes vœux superflus,

Non ! je ne le puis pas ! non, mon cœur s’y refuse
Pourtant ne croyez pas, hélas ! que je m’abuse :
Je désire toujours… mais je n’espère plus !

(Louise Colet)

 

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Supporter la surabondance (Hannah Arendt)

Posted by arbrealettres sur 23 novembre 2016



Supporter la surabondance
quand vagues et vagues se brisent,
se refuser le faire-voir,
persister dans le silence —
Ô Dieu, tu ne nous entends pas.

De la surabondance la voix de Dieu
ne nous sauve pas.
Elle ne parle qu’aux nécessiteux,
aux assoiffés, aux impatients.
Ô Dieu, ne nous oublie pas.

***

Den Überfluss ertragen
wenn Well’ um Well’ sich bricht,
das Zeigen sich versagen,
im Schweigen zu verharren —
O Gott, Du hörst uns nicht.

Aus Überfluss errettet
uns Gottes Stimme nicht.
Sie spricht nur zu den Darbenden,
den Sehnsüchtigen, den Harrenden.
O Gott, vergiss uns nicht.

(Hannah Arendt)

 

 

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Le baiser (Germain Nouveau)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2016



Le baiser

Comme une ville qui s’allume
Et que le vent achève d’embraser,
Tout mon cœur brûle et se consume,
J’ai soif, oh ! j’ai soif d’un baiser.

Baiser de la bouche et des lèvres
Où notre amour vient se poser,
Plein de délices et de fièvres,
Ah ! j’ai soif, j’ai soif d’un baiser !

Baiser multiplié que l’homme
Ne pourra jamais épuiser,
Ô toi, que tout mon être nomme,
J’ai soif, oui, j’ai soif d’un baiser.

Fruit doux où la lèvre s’amuse,
Beau fruit qui rit de s’écraser,
Qu’il se donne ou qu’il se refuse,
Je veux vivre pour ce baiser.

Baiser d’amour qui règne et sonne
Au cœur battant à se briser,
Qu’il se refuse ou qu’il se donne,
Je veux mourir de ce baiser.

(Germain Nouveau)

Illustration: Antoine Picard

 

 

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NUES (Raymond Radiguet)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2016




NUES

Au regard frivoles les nues
Se refusent selon la nuit
Vers l’aurore sans plus de bruit
Dormez chère étoile ingénue

Sous les arbres de l’avenue
Les amours ne sont plus gratuits
Au regard frivoles les nues
Se refusent selon la nuit

Deux étoiles à demi-nues
Semblables soeurs nées à minuit
Chacune à son tour nous conduit
A des adresses inconnues
De leurs regards frivoles nues

(Raymond Radiguet)

Illustration: Paul Delvaux

 

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Brouillard (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 21 septembre 2015



Les filles de la pluie sont douces si je hèle
A travers un brouillard infiniment glacé
Leur corps qui se refuse et la noire dentelle
Qui pend de leurs cheveux comme un oiseau blessé…

(René Guy Cadou)


Illustration

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