Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘se regarder’

Je me chauffe les mains à un bouquet de roses ardentes (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 12 janvier 2018



Feu de cheminée

Je me chauffe les mains
A un bouquet de roses ardentes
A un feuillage de flammes
Alors que le vent frappe à la vitre
Où se regardent les étoiles

Je me chauffe les mains
En regardant mûrir des fruits rouges
Dans le buisson du feu
Et un grand coquelicot éclore
Sur la plaque de l’âtre

Je m’endors et le feu s’éteint
Mais la cendre couve peut-être
Un bel oiseau de braise
Qui m’emportera.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Retouche à la prière du merci (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 3 décembre 2017




    
retouche à la prière du merci

Sur les paravents du soir
les oiseaux peints les fleurs se regardent
l’homme dénude sa compagne
heureux d’être au monde
et l’histoire a la taille d’un instant
sans vaincu ni victoire
forts prénoms au bas du ciel
que la lumière paraphe.

(Daniel Boulanger)

 

Recueil: Les dessous du ciel
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La vitre (Malcolm de Chazal)

Posted by arbrealettres sur 11 novembre 2017




    
La vitre
Ne sait
Par
Quel côté
Se regarder
Pour se reconnaître.

(Malcolm de Chazal)

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , | Leave a Comment »

L’intelligence entre deux êtres (Mario Luzi)

Posted by arbrealettres sur 13 septembre 2017



Illustration: Alain DENEFLE
    
L’intelligence entre deux êtres
transmuée en grâce, quand ils se regardent
et échangent en offrande
avec la pureté d’une amande émondée
le sens précis des choses cueilli dans leur aube
et qu’ils chantent l’unisson, l’accord
au-delà du dialogue, au-delà du litige…

***

L’intelligenza tra due
quando tramutata in grazia si guardano
e si scambiano come offerta
con nitore di mandala mondata
il senso preciso delle cose spiccato alla loro alba
e cantano l’unisono, il concorde
di là dal dialogo, di là dal diverbio…

(Mario Luzi)

 

Recueil: Dans l’oeuvre du monde
Traduction: Philippe Renard, Bernard Simeone
Editions: Editions Unes

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Les Vieux (Renée Rivet)

Posted by arbrealettres sur 12 février 2017



carl-kronberger-vieux-couple

Les Vieux

Le vieux est assis dans la cuisine.
Ses yeux ont la même couleur que le vieux fauteuil.
Sa main posée sur la table est une étrangère, un gros nœud tout seul.
Le vieux creuse une idée.

Le feu et le chien se regardent.

La vieille éveille mille souris
– mille besognes surgissent dans tous les coins.

Le balancier de l’horloge va de l’un à l’autre…
D’année en année, l’ombre des arbres a envahi la pièce.
Et maintenant il y fait mi-jour même en plein été.

La vieille monte vite vite l’étroit escalier.
Où en est la provision de soleil ?
La fenêtre du grenier est si petite,
si bas contre le sol, juste pour une tête d’enfant.
Le lit craque de lavande sèche.
Des enfants ont laissé leur ombre,
des enfants font encore la ronde dans les murs.

La vieille redescend précipitamment, elle a dérobé une pomme,
elle l’enfouit au fond de sa longue poche,
comme si quelqu’un allait lui faire des reproches…

Le vieux n’a pas bougé, il tourne un peu la tête,
puis lentement il reprend le cours de son idée.
Ses joues sont un peu plus creuses que tout à l’heure.

Un calendrier suspendu par un ruban bleu très pâle
fait une tache insolite sur le mur.
Des visages montent de la profondeur de la pierre.

La vieille fait briller ses bougeoirs, et ses doigts
s’allongent s’allongent dans l’univers métallique.
Elle a donné toutes les étincelles de ses yeux à son vieux cuivre…
Elle y a enfermé toute l’eau du printemps,
tout le soleil des feuilles…

Le vieux reprend sa main posée sur la table,
comme un fardeau il la met sur son genou.
Sa tête penche, elle non plus il ne sait trop où la mettre.

Le chien s’aplatit contre le sol.
Le feu est bas, une petite frange de coquelicots surgit timidement de la souche de bois.
Dans l’œil du chien subsiste une petite, toute petite lueur.
Il essaye de maintenir la vie, mais la vie s’échappe
et le vieux a perdu son idée.

La vieille est raide sur sa chaise, solennelle pour personne.
Soudain elle n’a plus rien à faire.
Elle trouve que l’éternité met du temps à venir…

Le balancier va toujours doucement, de l’un à l’autre.
Depuis longtemps, ils ne se parlent pas autrement.

(Renée Rivet)

Illustration: Carl Kronberger

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 5 Comments »

Epris de ciel (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 3 janvier 2017



L’eau du ruisseau
Se regardait

Vivre le jaune

Dans le narcisse
Epris de ciel.

(Guillevic)


Illustration: John William Waterhouse

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , | 3 Comments »

MINUIT (Tudor Arghezi)

Posted by arbrealettres sur 25 décembre 2016



 

Jeanie Tomanek bearing [1280x768]

MINUIT

Rencontrés à la pointe de la croix
étoile et lune, face à face,
se regardent, et un à un,
les astres réveillent les noyers.

Et sur le plastron du ciel
étincellent les beaux et vigoureux
Hypérions en innombrable foule,
pleins de grâce et de volonté.

De l’ouest jusqu’à l’est
toute l’herbe dessus le ciel,
à graine menue comme grain de poivre
a fleuri et tressailli.

Et cependant qu’en bas,
parmi les poulaillers, vieillit le monde,
d’une nouvelle adolescence
chaque jour le ciel s’accroît.

(Tudor Arghezi)

Illustration: Jeanie Tomanek

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

L’amour signifie apprendre à se regarder soi-même (Czeslaw Milosz)

Posted by arbrealettres sur 26 novembre 2016



L’amour signifie apprendre à se regarder soi-même
C’est aussi la façon dont on regarde les choses lointaines
Car vous êtes seulement une chose parmi d’autres.
Et quiconque voit cette voie guérit son coeur,
Sans le savoir, à partir de divers maux.
Un oiseau et un arbre lui disent : ami.

Puis il veut se servir de lui-même et des choses
Alors qu’ils arrivent dans la lueur de la maturité.
Peu importe s’il sait ce qu’il sert ou pas :
Qui sert le mieux ne comprend pas toujours.

***

Love

Love means to learn to look at yourself
The way one looks at distant things
For you are only one thing among many.
And whoever sees that way heals his heart,
Without knowing it, from various ills-
A bird and a tree say to him: Friend.

Then he wants to use himself and things
So that they stand in the glow of ripeness.
It doesn’t matter whether he knows what he serves:
Who serves best doesn’t always understand.

(Czeslaw Milosz)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 Illustration: Kajan: https://dessinrencontre.com/

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Est-ce ainsi qu’on recommence à aimer ? (Robert Mallet)

Posted by arbrealettres sur 21 août 2016



 

Plus lucide en se regardant
et mieux éclairé par l’autre,
est-ce ainsi qu’on recommence à aimer ?

(Robert Mallet)

 

 

Posted in méditations | Tagué: , , , , , | 1 Comment »

Je viens d’avoir un entretien silencieux (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 19 avril 2016



 

Je viens d’avoir un entretien silencieux
avec un enfant âgé de dix mois.
Nous nous sommes regardés dans les yeux pendant plus d’un quart d’heure.
Il y a dans les yeux plus de mots que dans les livres.
Notre entretien était d’ordre métaphysique.
Je me réjouissais de sa présence et il s’étonnait de la mienne.
Nous sommes parvenus à la même conclusion
qui nous a fait éclater de rire en même temps.

(Christian Bobin)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :