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Posts Tagged ‘se réjouir’

Je crois que tout souffre dans cette vie (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 29 novembre 2022




Illustration: ArbreaPhotos
    
Je crois que tout souffre dans cette vie.
Ne soyez pas trop effrayé par cette phrase,
je pourrais aussi bien dire, et ce serait aussi vrai:
tout se réjouit dans cette vie.

(Christian Bobin)

 

Recueil: La grande vie
Traduction:
Editions: Folio

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Je viens d’avoir un entretien silencieux (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 26 novembre 2022



 

Je viens d’avoir un entretien silencieux
avec un enfant âgé de dix mois.
Nous nous sommes regardés dans les yeux pendant plus d’un quart d’heure.
Il y a dans les yeux plus de mots que dans les livres.
Notre entretien était d’ordre métaphysique.
Je me réjouissais de sa présence et il s’étonnait de la mienne.
Nous sommes parvenus à la même conclusion
qui nous a fait éclater de rire en même temps.

(Christian Bobin)

Illustration

 

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DES CONTEMPTEURS DU CORPS (Frédéric Nietzsche)

Posted by arbrealettres sur 9 mai 2022



Christian Schloe   75_b [1280x768]

DES CONTEMPTEURS DU CORPS

C’est aux contempteurs du corps que je veux dire leur fait.
Ils ne doivent pas changer de méthode d’enseignement,
mais seulement dire adieu à leur propre corps — et ainsi devenir muets.

« Je suis corps et âme » — ainsi parle l’enfant.
Et pourquoi ne parlerait-on pas comme les enfants ?

Mais celui qui est éveillé et conscient dit :
Je suis corps tout entier et rien autre chose ;
l’âme n’est qu’un mot pour une parcelle du corps.

Le corps est un grand système de raison,
une multiplicité avec un seul sens,
une guerre et une paix, un troupeau et un berger.

Instrument de ton corps, telle est aussi ta petite raison que tu appelles esprit,
mon frère, petit instrument et petit jouet de ta grande raison.

Tu dis « moi » et tu es fier de ce mot.
Mais ce qui est plus grand, c’est — ce à quoi tu ne veux pas croire —
ton corps et son grand système de raison : il ne dit pas moi, mais il est moi.

Ce que les sens éprouvent, ce que reconnaît l’esprit, n’a jamais de fin en soi.
Mais les sens et l’esprit voudraient te convaincre qu’ils sont la fin de toute chose : tellement ils sont vains.

Les sens et l’esprit ne sont qu’instruments et jouets : derrière eux se trouve encore le soi.
Le soi, lui aussi, cherche avec les yeux des sens et il écoute avec les oreilles de l’esprit.

Toujours le soi écoute et cherche : il compare, soumet, conquiert et détruit.
Il règne, et domine aussi le moi.

Derrière tes sentiments et tes pensées, mon frère, se tient un maître plus puissant, un sage inconnu — il s’appelle soi.
Il habite ton corps, il est ton corps.

Il y a plus de raison dans ton corps que dans ta meilleure sagesse.
Et qui donc sait pourquoi ton corps a précisément besoin de ta meilleure sagesse ?

Ton soi rit de ton moi et de ses cabrioles.
« Que me sont ces bonds et ces vols de la pensée ? dit-il.
Un détour vers mon but. Je suis la lisière du moi et le souffleur de ses idées. »

Le soi dit au moi : « Éprouve des douleurs ! »
Et le moi souffre et réfléchit à ne plus souffrir — et c’est à cette fin qu’il doit penser.

Le soi dit au moi : « Éprouve des joies ! »
Alors le moi se réjouit et songe à se réjouir souvent encore — et c’est à cette fin qu’il doit penser.

Je veux dire un mot aux contempteurs du corps.
Qu’ils méprisent, c’est ce qui fait leur estime.
Qu’est-ce qui créa l’estime et le mépris et la valeur et la volonté ?

Le soi créateur créa, pour lui-même, l’estime et le mépris, la joie et la peine.
Le corps créateur créa pour lui-même l’esprit comme une main de sa volonté.

Même dans votre folie et dans votre mépris, vous servez votre soi, vous autres contempteurs du corps.
Je vous le dis : votre soi lui-même veut mourir et se détourner de la vie.

Il n’est plus capable de faire ce qu’il préférerait : — créer au-dessus de lui-même.
Voilà son désir préféré, voilà toute son ardeur.

Mais il est trop tard pour cela :
— ainsi votre soi veut disparaître, ô contempteurs du corps.

Votre soi veut disparaître, c’est pourquoi vous êtes devenus contempteurs du corps !
Car vous ne pouvez plus créer au-dessus de vous.

C’est pourquoi vous en voulez à la vie et à la terre.
Une envie inconsciente est dans le regard louche de votre mépris.

Je ne marche pas sur votre chemin, contempteurs du corps !
Vous n’êtes point pour moi des ponts vers le Surhumain ! —

Ainsi parlait Zarathoustra.

(Frédéric Nietzsche)

Illustration: Christian Schloe

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POUR BOIRE AUX AMIS (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 5 novembre 2021



 

POUR BOIRE AUX AMIS

Je boirai en souvenir de la blancheur des montagnes
Je tirerai du vin du bouillonnement de la source
par-delà les hauts lieux glacés
Pour offrir le meilleur aux amis pour les réjouir
il faut n’avoir eu peur de rien
il faut s’être avancé très haut
Pour m’inviter à boire, moi aussi
comme si j’étais devenu mon ami
par la grâce de la blancheur de la source
pour devenir mon ami droit dans les yeux.

(André Frénaud)

 

 

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Dialogue intime et familier (Sôseki)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2021



Illustration: Tsukioka Yoshitoshi
    

Dialogue intime et familier
Si nuit d automne plus longue était
Comme les deux se réjouiraient

(Sôseki)

 

Recueil: Haïkus
Traduction: Elisabeth Suetsugu
Editions: Philippe Picquier

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Eclosion funèbre (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 16 juillet 2021



Eclosion funèbre

Cette nuit-là,
entre la plongée du soleil
et la rosée,
une espèce inconnue d’abeilles
se réjouit sur les fleurs qui étaient closes,
pour à jamais disparaître.

(André Frénaud)


Illustration

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DÉMON (Volker Braun)

Posted by arbrealettres sur 21 novembre 2020




    
DÉMON

Me domine un être singulier
Qui me réjouit et me gourmande
Impossible de m’en délivrer
Depuis l’enfance il me commande.
Ma liberté, mon étroitesse
Sous le pesant harnais s’agitent
Et j’accomplis donc ma détresse
En subissant ma réussite.

(Volker Braun)

 

Recueil: Poèmes choisis
Traduction: Jean-Paul Barbe et Alain Lance
Editions: Gallimard

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Les champs et le jardin (Tao Yuan Ming)

Posted by arbrealettres sur 23 juin 2020



    

Les champs et le jardin doivent déjà être envahis par les herbes,
Pourquoi ne m’en suis-​je pas retourné plus tôt ?…
Aujourd’hui j’ai raison, hier j’avais tort…
J’interroge des passants pour trouver le bon chemin
À l’aube je regrette que la lumière soit à peine claire
Dès que j’aperçois mon humble hutte,
Joyeux aussitôt je me mets à courir
Le jeune serviteur vient m’accueillir,
Mes jeunes enfants attendent à la porte…
Tenant la main des enfants j’entre dans la maison
Il y a un pot rempli de vin
Je prends le pot, me sers et bois seul
À contempler les arbres dans la cour se réjouit mon visage

(Tao Yuan Ming)

 

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Ton corps (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 8 février 2020



Ton corps a la mémoire
De vos rapports,

A souffert
De ta rumination
En dehors de lui,

S’est réjoui des retours
Quand en lui
Tu te blottissais.

(Guillevic)

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Mobilisation (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 20 octobre 2019



Mobilisation

Le facteur qui n’a plus qu’un bras
promenait chaque dimanche
ses trois filles belles comme le jour.

– Jeunes hommes qui partez en guerre,
réjouissez-vous.

(André Frénaud)

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