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Poésie

Posts Tagged ‘se rencontrer’

Te souviens-tu ? (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2019



Illustration: Freydoon Rassouli  
    
Te souviens-tu ? Nous nous sommes rencontrés, séparés
Le soleil était jaune comme le wars
Le vent asphyxié
Sans te frôler, j’ai imaginé tes seins
Tes reins, tes hanches et plus bas
L’étoile du nombril
L’idée de redevenir enfant
Rendait ses traits à mon visage
Et à mon âge ses premiers chagrins

(Adonis)

 

Recueil: Lexique amoureux
Traduction: Vénus Khoury-Ghata Issa Makhlouf Houria Abdelouahed
Editions: Gallimard

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Il y a des années et des années (Clarice Lispector)

Posted by arbrealettres sur 6 septembre 2019



Illustration
    
Il y a des années et des années
que je me suis perdu de vue
et c’est pourquoi j’hésite
à chercher à me rencontrer.

(Clarice Lispector)

 

Recueil: Un souffle de vie
Traduction: Jacques Thiériot & Teresa Thiériot
Editions: Des femmes

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Les pétales se détachent (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 5 mai 2019




    
Les pétales se détachent

Un par un depuis les vases
Les pétales de roses éphémères viennent de se détacher.
Dans le monde des fleurs
Je ne trouve nulle décomposition de la mort.
Le pas-beau ne lance nulle invective ultime contre la vie.
Nulle fleur ne cherche à avilir de sa haine
Cette terre à qui elle demeure redevable
Et lui rend les reliefs du peu qui lui reste, pâle, en parfums et formes.
Là-dedans se cache le toucher mélancolique d’un adieu,
Point de reproches.
Quand le jour de l’anniversaire et celui de la mort
Viennent à se rencontrer,
Entre l’aube et le crépuscule
je compte déceler, dans cette union,
L’échange de regards entre le jour si las
A l’horizon du levant et celui du coucher,
Et la belle apothéose
D’une éclatante gloire en prosternation !

***

An Example

From the flower vase fell, one by one,
Petals from a short-lived rose.
In the realm of flowers
I see no decrepitude from death.
Ugliness is unable to scoff ultimately at life.
No flower profanes with its hatred
The soil to which it is indebted,
It pays back the faint remnants
of its forms and perfumes.
It has a melancholic touch of bidding farewell,
Exempt from blames.
I seem to find in the union
When birth-day and death-day meet face to face
An exchange of look of the exhausted day
At the horizons where rises and sets the sun :
A humble and beautiful end
of a resplendent glory.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: Tantôt Dièse, Tantôt Bémol
Traduction: Prithwindra Mukherjee
Editions: Shahitya Prakash

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Se rencontrer, difficile, et se quitter, plus encore (Li Shangyin)

Posted by arbrealettres sur 4 mai 2019



 

 

Kathy Sosa (17) [1280x768]

Se rencontrer, difficile, et se quitter, plus encore.
Le vent d’Est a faibli, les cent fleurs sont fanées.
Le ver à soie du printemps jusqu’à la mort déroule son fil,
La chandelle ne sèche ses pleurs qu’une fois réduite en cendres.

Seul chagrin de mon miroir au matin: le nuage grisonnant de tes tempes.
Lorsque je chante dans la nuit, tu dois sentir le froid du clair de lune.
D’ici jusqu’à l’île des immortels la route n’est pas longue.
Ô oiseau bleu, prends bien soin de lui rendre visite en mon nom.

(Li Shangyin)

Illustration: Kathy Sosa

 

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La noire virginité (Mina Loy)

Posted by arbrealettres sur 6 avril 2019




    
La noire virginité

Lignes parallèles
Un vieil homme
Fixe une collégienne en mousseline blanche
Et tout cela
Aussi plaisant que déroutant
Ne risque pas de se rencontrer
Je suis à jamais désorientée
Les hommes en vieillissant deviennent gloutons —
Quel non-sens
Il est midi —
Et les jeunes pousses du salut
Sont rabattues vers le réfectoire

(Mina Loy)

 

Recueil: Il n’est ni vie ni mort, poésie complète
Traduction: Olivier Apert
Editions: Nous

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N’importe quel temps et espace (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 18 mars 2019



Illustration
    
N’importe quel temps et espace
sert pour que nos mains se rencontrent.

Mais l’espace et le temps de la nuit
semblent prédisposés à cela.

L’obscurité n’est pas obscurité
pour mes mains.

L’obscurité est lumière
pour les tiennes.

***

Cualquier tiempo y espacio
sirve para que se encuentren nuestras manos.

Pero el espacio y el tiempo de la noche
parecen predispuestos para eso.

La oscuridad no es oscuridad
para mis manos.

La oscuridad es luz
para las tuyas.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Quatorzième poésie verticale
Traduction: Sivia Baron Supervielle
Editions: José Corti

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Meubles (Barbara Köhler)

Posted by arbrealettres sur 28 décembre 2018



Meubles

Quitter toute sécurité,
les phrases utilisées, taire
le dit jusqu’à ce qu’il aille,
jusqu’à ce qu’il aille aux choses,
qui se dressent immobiles dans la pièce :
la table
les deux chaises
le lit.
Sortir, fermer la porte, laisser
les choses pour elles,
pour toi.

Tout ainsi se transforme,
et vient le temps :
nous nous rencontrons
dans l’autre, une autre fois
la porte s’ouvre comme ça,
assis sur les chaises, attablés,
assis sur le lit, nous rêvons
encore une fois au retour du bois
dans les forêts.

***

Möbel

Alles Verläßliche verlassen,
die benutzten Sätze, das Besagte
verschweigen bis es geht,
bis zu den Dingen geht,
die im Raum stehen unbewegt :
der Tisch
die zwei Stühle
das Bett.
Hinaus gehen, die Tür schließen, die Dinge
stehen lassen für sich,
dir zu.

So wird alles anders
so wird es Zeit :
wir begegnen im Anderen
einander, ein andermal
öffnet sich so die Tür,
wir sitzen auf den Stühlen, am Tisch,
auf dem Bett träumen wir
noch einmal das Holz zurück
in die Wälder.

(Barbara Köhler)


Illustration: René Magritte

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Je ne puis pleurer (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2018




Je ne puis pleurer
Moi qui tournant vers toi ma pensée
Contemple un mystère si profond,
Un monde porté sur un souffle
Qui vient dans la vie et va dans la mort,
D’une branche étoilée troublant les feuilles
Sombres. Qui rêve nos vies je ne sais,
Ni en quel pays nous nous rencontrons.

***

I cannot weep
Who, when I turn to you in thought
Behold a mystery so deep,
A world upheld upon a breath
That comes in life and goes in death
Troubling dark leaves upon a starry bough.
Who dreams our lives I do not know,
Nor in what land it is we meet.

(Kathleen Raine)

Illustration: Evelyn de Morgan

 

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Si loin – (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2018




Si loin —
Hors de la nuit,
Nous avons voyagé, toi et moi,
Pour nous rencontrer sur cet astre ténu.
Notre destin choisi,
Récompense et seul désir
Tout ce qu’avons perdu.

***

So far
Out of the night
We travelled, you and I,
To meet on this small star.
Our chosen fate,
Our meed and sole desire
All we have lost.

(Kathleen Raine)

Illustration: Jean-Luc Ollivier

 

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Habitants-des-brumes (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2018




Habitants-des-brumes :
L’amour en partie se souvient,
Mais qui sommes-nous,
Où nos regards déjà s’étaient-ils rencontrés —
Dans les lointains voyages de l’âme
Quelle est cette gloire oubliée?

***

Mist-dwellers:
Love in part remembers,
But who we are,
And where before our eyes had met
In soul’s far wanderings
What is that glory we forget?

(Kathleen Raine)

Illustration: Yves Tanguy

 

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