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Poésie

Posts Tagged ‘se ruer’

Le poème (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 18 septembre 2019



Le poème

Sans cesse
Au vif de soi
S’amorce le poème
Miroir de l’instant
Fragment du désir
Écho du cri

Creusant l’os jusqu’à la moelle
Transperçant jusqu’à l’âme l’habit
Rouvrant les portes de l’espace
Soulageant les égarements de l’esprit
Le poème
Se rue sur nos pages avides

Explorant à la fois
Toute la flamme
Et toute l’eau.

(Andrée Chedid)

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Ecoutez vieil homme écoutez (Kenneth White)

Posted by arbrealettres sur 30 juin 2018



Ecoutez vieil homme écoutez

Ecoutez vieil homme écoutez
vous rocher écoutez
vieil homme écoutez
écoutez sans bouger
longtemps longtemps écoutez
vous vieil homme assis là tranquille écoutez
sur les chemins où se ruent les vents écoutez
au cœur des vents où vous êtes assis écoutez
vieil homme écoutez
écoutez l’herbe vous recouvre écoutez
écoutez vous êtes couvert de fientes d’oiseaux écoutez
votre tête est entourée de plumes d’oiseaux écoutez
vieil homme écoutez
vieil homme à la tête blanche écoutez
soyez très vieux et écoutez.

(Kenneth White)

Illustration

 

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La bise se rue à travers les buissons (Paul Verlaine)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2018



 

Alexandre Pavlenko   1974 - Ukrainian Pointillist painter (41)

La bise se rue à travers
Les buissons tout noirs et tout verts,
Glaçant la neige éparpillée
Dans la campagne ensoleillée.
L’odeur est aigre près des bois,
L’horizon chante avec des voix,
Les coqs des clochers des villages
Luisent crûment sur les nuages.
C’est délicieux de marcher
A travers ce brouillard léger
Qu’un vent taquin parfois retrousse.
Ah! fi de mon vieux feu qui tousse!
J’ai des fourmis plein les talons.
Debout, mon âme, vite, allons !
C’est le printemps sévère encore,
Mais qui par instants s’édulcore
D’un souffle tiède juste assez
Pour mieux sentir les froids passés
Et penser au Dieu de clémence…
Va, mon âme, à l’espoir immense !

(Paul Verlaine)

Illustration: Alexandre Pavlenko

 

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Alors l’été (Jean Grosjean)

Posted by arbrealettres sur 29 avril 2018



    

Alors l’été

La clarté de juin se rue
sur le sol et sur les murs.

Un papillon blanc
traverse la rue.
Un nuage infime
se perd dans l’azur.

Un souffle d’air fait frémir
le frêne au-dessus du toit
et l’ombre du frêne aussi
sur la toiture et sur toi.

(Jean Grosjean)

 

Recueil: Les parvis
Traduction:
Editions: Gallimard

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Je vais proférer un arbre (Edward Estlin Cummings)

Posted by arbrealettres sur 1 février 2018



Illustration: Lionel Valot
    
je vais proférer un arbre,Personne
ne m’arrêtera

mais d’abord
la terre,l’insouciante orale obscurité
se déchaînant en de fines impulsions

je ferai

un
rêve
je
pense qu’il sera de roses et
le printemps lui apportera
des vers se ruant dans le terreau.

(ensuite je
monterai
avec de longs muscles attentifs

dans un silence nerveux précis… Mais d’abord

tu)

presseras doucement
d’abord,ce sera les feuilles
et un peu plus fort

pour les roses
juste un peu plus fort

à la fin nous
dans le feu gémissant d’un net énorme
pataugeant baiser montant humide hideusement avec
de larges
minuscules
hanches,Oh

.presse

les vers se ruant lentement dans le terreau

***

i am going to utter a tree,Nobody
shall stop me

but first
earth ,the reckless oral darkness
raging with thin impulse

i will have

into nervous and accurate silence….But first
a
dream
i
think it shall be roses and
spring will bring her
worms rushing through loam.

(afterward i’ll
climb
by tall careful muscles

into nervous and accurate silence….But first

you)

press easily
at first,it will be leaves
and a little harder

for roses
only a little harder

last we
on the groaning flame of neat huge
trudging kiss moistly climbing hideously with
large
minute
hips,O

.press

worms rushing slowly through loam

(Edward Estlin Cummings)

 

Recueil: Erotiques
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: Seghers

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Du haut du pavillon des Cigognes (Wang Zhi-huan)

Posted by arbrealettres sur 26 janvier 2018




    
Du haut du pavillon des Cigognes

Le soleil blanc s’efface par-delà les montagnes
Le fleuve Jaune se rue vers la mer
Vaste pays qu’on voudrait d’un regard embrasser :
Montons encore d’un étage

(Wang Zhi-huan)

 

Recueil: L’Ecriture poétique chinoise
Traduction: François Cheng
Editions: du Seuil

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AMOUR ET SOLITUDE (John Clare)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2018




    
AMOUR ET SOLITUDE

Je hais le bruit même de l’homme tracassier
Qui persiste à me faire tout le mal possible
Je voudrais être un prisonnier libre du monde
Sans autre compagnie que celle de mon ombre
Pour voir paraître seul les étoiles filantes
Ces mondes qui se ruent sans cesse au Jugement
Oh menez-moi vers l’ombre la plus solitaire
Au plus rare séjour que jamais fit la paix
Où pousse la renoncule si belle à voir
Verte quand elle est close et qui s’ouvre dans l’or
Adieu la poésie — mais que l’élan demeure
Qu’on m’enlève le monde entier — mais qu’on me laisse
La musique joyeuse d’une voix de femme
Qui convainque le coeur d’être heureux et content

***

LOVE AND SOLITUDE

I hate the very noise of troublous man
Who did and does me all the harm he can
Free from the world I would a prisoner be
And my own shadow all my company
And lonely see the shooting stars appear
Worlds rushing into judgment all the year
Oh lead me onward to the loneliest shade
The dearest place that quiet ever made
Where kingcups grow most beauteous to behold
And shut up green and open into gold
Farewell to poesy — and leave the will
Take all the world away — and leave me still
The mirth and music of a woman’s voice
That bids the heart be happy and rejoice

(John Clare)

 

Recueil: Poèmes et Proses de la Folie de John Clare
Traduction: Pierre Leyris
Editions: Mercure de France

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LE FEU (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 3 janvier 2018




    
LE FEU

Arraché aux liturgies du ciel
Le Feu
Se rua sur nos terres
Incendia nos usages
Calcina nos frontières
Embrasa les vivants
Qui s’abusaient de mots

Ravivant les cendres
Ranimant l’aurore
Il ensemença de soleils
Nos sables et nos glacis.

(Andrée Chedid)

 

Recueil: Par-delà les mots
Traduction:
Editions: Flammarion

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APRÈS LA PLUIE (Boris Pasternak)

Posted by arbrealettres sur 30 janvier 2017




APRÈS LA PLUIE

Cohue aux fenêtres : les feuilles sont là!
Le ciel, ce chablis, jonche encor le gazon.
Le calme revient. Mais vous auriez vu ça
D’abord ! A présent, c’est une autre chanson.

D’abord on l’a vu qui se rue, trublion,
Franchit les enclos et décoiffe les branches,
Piétine le parc, et de pluie en grêlons,
Et puis de hangar en terrasse de planches !

Goûtez à présent l’air épais et corsé !
Et le peuplier, si ses veines éclatent,
C’est l’air du jardin que, sodé, fait mousser
L’amer peuplier, tel du bicarbonate.

La vitre transpire et ruisselle, évoquant
La hanche et le dos frissonnants d’une ondine.
Le coin des fraisiers est glacé et brillant,
La grêle — égaillée en gros sel de cuisine.

D’un fil d’araignée tombe un rai de soleil
Qui semble un moment se tapir dans l’ortie,
Mais proche est l’instant qui verra l’escarbille
Flamber dans la haie et souffler l’arc-en-ciel.

(Boris Pasternak)

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Toutes les fleurs se ruent vers nous (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 8 décembre 2015



Toutes les fleurs se ruent vers nous
en nous léguant de leur vivant
leur couleur et leur innocence.
Les contempler mène à la vie parfaite

(Christian Bobin)

 

 

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