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Posts Tagged ‘se saisir’

Oh! c’était un jour de fraîcheur (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2019




Oh! c’était un jour de fraîcheur
Dans la merveilleuse ville de Pierre.
Le couchant semblait un bûcher de pourpre
Et l’ombre lentement s’épaississait.

Tu as caressé ma poitrine
Comme autrefois on caressait la lyre,
Pour entendre une humble réponse
À un «je t’aime» conquérant.

Tu n’as que faire de mes yeux,
Qui sont prophétiques et constants.
Mais tu voudrais te saisir de mes vers,
Prière de mes lèvres orgueilleuses.

(Anna Akhmatova)

Illustration: ArbreaPhotos

 

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Ce dont Lily voulait se saisir (Virginia Woolf)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2018


 


 

Artemisia Gentileschi_autoritratto_1638_-_1639

Ce dont Lily voulait se saisir
était cette irritation même des nerfs,
la chose elle-même
avant qu’elle ne se transforme en autre chose.
Obtenir cela et recommencer;
obtenir cela et recommencer, dit-elle
désespérément,
se projetant fermement contre son chevalet

(Virginia Woolf)

Illustration: Artemisia Gentileschi

 

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C’ÉTAIT LE SOIR, ET NOS PEAUX SE TOUCHAIENT (Attila József)

Posted by arbrealettres sur 11 juin 2018



Illustration: Omar Ortiz    
    
C’ÉTAIT LE SOIR, ET NOS PEAUX SE TOUCHAIENT

C’était le soir. Tombant du ciel d’été.
De fous désirs, ardents comme une flamme,
Intimement m’ont visité.
Ma peau touchait ta peau de femme.
Toute ma vie, alors, pulsait
Sur le petit espace
Où ta peau, soudain, à ma peau se fiançait.

Je le sais à présent, c’est toi qu’il me fallait,
Que je cherchais, lorsque ma raison fit surface.
Vous, lointains inhumains,
Ô vous ! petites fleurs à la fine corolle,
— Aux fins dessins,
Entendez-vous de son doux giron la parole ?
Elle est pour moi trop lourde assurément :
La totalité de la femme!
Telle une abeille bourdonnant,
Dès lors, de tout mon coeur bruissant,
Lanceur de comètes, je clame:

Que sont auprès de toi le vignoble au soleil,
Le céleste animal au pelage d’aurore
Empli de fraîcheur dès l’éveil
Ou bien encore
Le bercement matinal des buissons
Sur les coteaux intacts aux tendres mamelons !
Des baisers de la femme
Bouillonne sous ta peau
Toute la gamme.
Souvent j’ai peur, car nous formons un écheveau
Inextricable ! Et s’il me reste quelques fibres
Qui semblent libres,
Tu t’en saisis. Ô combien nous nous désirons !
Mais si c’est même amour que tous deux respirons,
Je le vis tel un roc dessous lequel j’enrage
Et toi comme un coussin plus léger que nuage.

(Attila József)

 

Recueil: Aimez-moi – L’oeuvre poétique
Traduction: Georges Kassaï
Editions: Phébus

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Les mains (Jacques Izoard)

Posted by arbrealettres sur 5 juin 2018




    
Les mains ne saisissent
ni âme-qui-vive,
ni aube, ni corps irréel.
On se souviendra longtemps
des pelletées de terre
et du noir intégral.

(Jacques Izoard)

 

Recueil: Dormir sept ans
Traduction:
Editions: De la Différence

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RÊVE (Jacques Basse)

Posted by arbrealettres sur 29 juillet 2017



Illustration: Andrew Murray
    
RÊVE

se respire la nuit
un grain d’éternité
d’un rêve avorté

sur l’aile d’un ange
ce passage étrange
Jadis y fut embaumé

pour des jours à venir
où l’envol d’une pensée
se saisit d’un souvenir

béni soit ce grain de rêve
où un grain de beauté
abrite la présence d’Êve

(Jacques Basse)

 

Recueil: Le temps des Résonances
Editions: Rafaël de Surtis

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Tout autre est Ton amour (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 1 novembre 2016




Par tous les moyens
ils tentent de se saisir de moi,
ceux qui m’aiment en ce monde.

Tout autre est Ton amour,
plus grand que le leur.
Toi, tu me laisses libre.

(Rabindranath Tagore)

Illustration: Jean Paul Avisse

 

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LA ROSE EN SA TENEBRE (7) (Jean Tortel)

Posted by arbrealettres sur 20 septembre 2016




LA ROSE EN SA TENEBRE (7)

Il ne faut pas se saisir d’elle
Il ne faut la donner à personne
Sa propre ténèbre l’entoure
Elle n’a plus de masque
Elle est elle-même son poids

Elle est l’amour qu’elle refuse
Pour la comprendre il faut l’ouvrir
Il ne restera rien qu’un pas imperceptible
De pétales froissés

Elle tremble légèrement
Et ce n’est peut-être pas elle

(Jean Tortel)

Illustration

 

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Rien de plus clair que la brisure (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 20 juin 2016



Le corps
longtemps
fermé (le
paysage)
s’est
fendu

Le gel
ainsi parfois
délie la grâce d’une
pierre

Rien de plus clair que la brisure

La rosée jouit
de
la
merveille

et pour le creux
dont l’arbre se saisit
il n’est plus que sève et
secret

(Jean Joubert)

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A ce point du soir (Florence Noël)

Posted by arbrealettres sur 25 avril 2016



à ce point du soir
c’est là, vois-tu que
le verbe devrait se saisir
des corps épars
des âmes concassées
les étreindre au plus vide
de leur manque
bercer leur moelle
et écrire tendrement
à même leurs veines
le mythe jamais écrit
de la consolation

(Florence Noël)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Illustration: Erich Heckel

 

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Celui qui écrit habite le monde en nomade (Eric Brogniet)

Posted by arbrealettres sur 15 septembre 2015



Il ne saisit rien
Mais creuse ses décombres

A mesure qu’il se traverse
Celui qui écrit habite le monde
En nomade

Et ne saisissant rien
Il est saisi

(Eric Brogniet)

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