Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘se soûler’

Madame au fond de vous (Jacques Chessex)

Posted by arbrealettres sur 26 mars 2019



Illustration: Amedeo Modigliani
    
Madame au fond de vous

Madame au fond de vous j’ai mangé au fruit rose
Et je n’en suis pas encore rassasié
Pour être vrai j’accours à ce nouveau cellier
D’avoir
Madame en vous mangé si claire chose

Madame j’ai tâté de l’enfer je suppose
En m’abandonnant de la langue à ce beau fruit
Depuis j’erre assoiffé affamé jour et nuit
Ne pouvant me passer d’une nouvelle dose

Quel secours appeler?
Je ne sais pas attendre
Ni ne peux plus aller par un autre sentier
Sans que le goût de votre pulpe me poursuive

Vous perdant comme on perd les perles d’un collier
Si de votre déduit ne puis être la grive
Me soûlant à votre raisin tendu et tendre

(Jacques Chessex)

 

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DERNIÈRES VOLONTÉS (Hans Magnus Enzensberger)

Posted by arbrealettres sur 3 avril 2018



Illustration: Otto Dix
    
DERNIÈRES VOLONTÉS

Ôtez donc de mon visage ce drapeau : ça me chatouille !
Ensevelissez dedans mon chat ensevelissez-le là-bas
où se trouvait mon jardin chromatique.

Ôtez donc de ma poitrine cette couronne de fer-blanc :
ça bat la breloque !
Foutez-la sur le stock de statues en vrac
et donnez les rubans aux putains qu’elles s’en parent.

Dites des prières au téléphone mais coupez le fil,
ou bien enveloppez-les dans un mouchoir avec des miettes de pain
et jetez-les dans l’étang à ces crétins de poissons.

Que l’évêque reste chez lui et se soûle
Qu’on lui donne un barillet de rhum,
prêcher donne soif.

Et fichez-moi la paix avec vos monuments et vos huit reflets !
de ce beau marbre pavez une ruelle inhabitée
une ruelle pour oiseaux.

(Hans Magnus Enzensberger)

 

Recueil: Mausolée
Traduction: Maurice Regnaut et Roger Pillaudin
Editions: Gallimard

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Jadis (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 11 janvier 2018




    
Jadis vous ouvriez très grande la fenêtre
Afin que les oiseaux soient là et pour permettre
Aux mains de se poser un instant sur vos mains
Le temps n’est plus vous n’avez plus de lendemain
Parfois vous regrettez les conditions premières
Beaux hommes soûlez-vous d’orges et de lumière
Dressez les merles apprivoisez les chevaux
Mais n’allez plus oh n’allez plus sur les tréteaux
Du monde avec vos flammes
Beaux hommes vous faites pleurer les femmes

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Poésie la vie entière
Traduction:
Editions: Seghers

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