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Posts Tagged ‘se soulever’

FUTURE LARME (Ion Deaconescu)

Posted by arbrealettres sur 25 juin 2019



Illustration: Tineke Storteboom
    

FUTURE LARME

La vague gronde, se soulève
Son échine d’écume
Écrase l’instant
Laisse des traces profondes
Dans le ciel terrorisé.

Un jour viendra peut-être
Où les ombres des bateaux
Annonceront le secret de l’horizon.
Ainsi Icare, aux ailes de pierre
Volant derrière l’horizon
Se révèle une future larme
Une larme du temps.

***

ZUKÜNFTIGE TRÄNE

Die Welle knurrt, rebelliert,
Ihr Schaumrücken
Zerschlägt den Augenblick,
Hinterlässt tiefe Zeichen im dermaßen
Erschrockenen Himmel.
Vielleicht werden eines Tages
Die Schatten der Schiffe
Das Geheimnis der Ferne verkünden.
Wie Ikarus, mit Steinflügel
Hinter dem Horizont fliegend
Sich als zukünftige Träne entpuppt,
Als Träne der Zeit.

***

未来的眼泪

海浪咆哮,反叛,
它泡沫的背面
粉碎瞬间,
把深深印记留在
如此恐怖的天空。

也许有一天
航船的影子
将标志距离的神秘。
像伊卡洛斯,有石头翅膀,
飞到地平线的后面,
将自己展现为未来的一滴眼泪,
像时间的一滴眼泪。

***

FUTURE TEAR

The wave growls, rebels,
Its back of foam
Smashes the moment,
Leaves deep marks in the
So terrified sky.
Maybe one day
The shadow of the ships
Will proclaim the mystery of the distance.
Like Icarus, with stone wings,
Flying behind the horizon,
Revealing itself as a future tear,
As a tear of the time.

***

LÁGRIMA FUTURA

La ola gruñe, se rebela,
Su espalda de espuma
Rompe el momento,
Deja marcas profundas
en un más que asustado cielo.
Quizás un día
Las sombras de los barcos
Proclamarán el misterio de la distancia.
Como Ícaro que, con alas de piedra,
Volando más allá del horizonte
Se manifiesta como lagrima futura,
Como lagrima del tiempo.

***

TOEKOMSTIGE TRAAN

De golf gromt, rebelleert,
Haar schuimrug
Verplettert het ogenblik
Laat diepe sporen na in de zozeer
Geschrokken hemel.
Misschien komt er een dag
Waarop de schaduwen van de schepen
Het geheim van de verte zullen verkondigen.
Zoals Icarus, met stenen vleugels
Achter de horizon vliegend
Zich als toekomstige traan ontpopt,
Als traan van de tijd.

***

LACRIMA DI FUTURO

L’onda righia, ribelle,
la sua schiena di schiuma
infrange l’attimo,
lascia segni profondi
in un cielo di paura.
Forse un giorno
l’ombra delle navi
proclameranno il mistero della distanza.
come Icaro, con ali di pietra,
volando oltre l’orizzonte,
svelandosi come una lacrima di futuro,
come una lacrima del tempo.

***

LÁGRIMA FUTURA

A onda ruge, se rebela,
Sua espalda de espuma
Rompe o momento,
Deixa marcas profundas no mais que assustado céu.

Quem sabe um dia as sombras dos barcos
Proclamarão o mistério da distância.
Como Ícaro, que com asas de pedra,
Voando mais além do horizonte
Manifesta-se como lágrima futura,
Como lágrima do tempo.

(Ion Deaconescu)

 

Recueil: ITHACA 588
Traduction: Français Gabriela Căluțiu Sonnenberg – Germain Droogenbroodt – Elisabeth Gerlache / Allemand Gabriela Căluțiu Sonnenberg / Chinois William Zhou / Anglais Gabriela Căluțiu Sonnenberg – Germain Droogenbroodt / Espagnol Rafael Carcelén / Néerlandais Gabriela Căluțiu Sonnenberg – Germain Droogenbroodt / Italien Luca Benassi / Portugais José Eduardo Degrazia
Editions: POINTS

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L’acte poignant et si grave d’écrire (René Char)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2019



 

Talon Abraxas 1980 - British Surrealist painter - Tutt'Art@ (35) [1280x768]

L’acte poignant et si grave d’écrire
quand l’angoisse se soulève sur un coude pour observer
et que notre bonheur s’engage nu dans le vent du chemin.

(René Char)

Illustration: Talon Abraxas

 

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Bonheur, étouffe-moi pendant une seconde (Henri Thomas)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2019



Illustration
    
Bonheur, étouffe-moi pendant une seconde

Bonheur, cause entendue,
Cause perdue,
J’aimerai le premier visage,
Je vous appellerai ma sœur,
Passante, mettez-vous entre le monde et moi,
Je tomberai de rue en rue,
Cueilli dans les filets
Qui me retiendront tout le soir ;
Et dans le buisson des lumières,
Couteaux aigus visant au cœur,
Je dormirai peut-être sur les pierres,
Je dormirai peut-être sur le vide
Je dormirai aux portes du matin,
Une épaule nue glisse avec la nuit,
Est-ce la vague qui se creuse
Et se soulève et prend un corps
Qui doit mourir ?

(Henri Thomas)

 

Recueil: Trézeaux
Traduction:
Editions: Gallimard

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MER IDÉALE (Juan Ramón Jiménez)

Posted by arbrealettres sur 16 mars 2019



 

Edmund Dulac

MER IDÉALE

Nous nageons, tous les deux,
— eau de fleurs ou de fer —
en nos doubles vies.

— Moi, dans la mienne et dans la tienne ;
toi, dans la tienne et dans la mienne —.

Soudain, tu te noies dans ta vague,
moi dans la mienne ; et, soumises,
ta vague, sensitive, me soulève,
te soulève la mienne, pensive.

***

MAR IDEAL

Los dos vamos nadando
—agua de flores o de hierro —
por nuestras dobles vidas.

—Yo, por la mía y por la tuya;
tú, por la tuya y por la mía—.

De pronto, tú te ahogas en tu ola,
yo en la mía; y, sumisas,
tu ola, sensitiva, me levanta,
te levanta la mía, pensativa.

(Juan Ramón Jiménez)

Illustration: Edmund Dulac

 

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Ma ferveur (Roger Munier)

Posted by arbrealettres sur 7 août 2018




    
Ma ferveur n’est pas de moi.
C’est comme le monde, dans ma ferveur,
qui se soulève.

(Roger Munier)

 

Recueil: Contre-jour
Traduction:
Editions: Atelier la Feugraie

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Aujourd’hui suis de retour (Emmanuelle Le Cam)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2018




    
Aujourd’hui suis de retour
dans le remue-ménage
des pages à aligner.

Et je marche
à travers la lumière
de septembre.

La Rade
est beauté,
poignard
dans mes côtes
qui se soulèvent
du souvenir
de vous.

(Vos membres:
perfection, envie
douloureuse.)

(Emmanuelle Le Cam)

 

Recueil: Unique demeure
Traduction:
Editions: Le dé bleu

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Immobile (Bruno Mabille)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2018




    
Immobile
dans sa posture de reine
elle n’aurait pas l’air
d’être vivante
si ne se soulevait
par instants sa poitrine

je retiens mon souffle.

(Bruno Mabille)

 

Recueil: A celle qui s’avance
Traduction:
Editions: Gallimard

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La balançoire (Gérard Macé)

Posted by arbrealettres sur 7 juillet 2018



Illustration: Jean-Honoré Fragonnard
    
La balançoire suspendue
à la branche du cerisier,
les jupes qui se soulèvent
et le ciel qui se renverse.

(Gérard Macé)

 

Recueil: Homère au royaume des morts a les yeux ouverts
Traduction:
Editions: Le bruit du temps

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La lampe luit (Herman Gorter)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2018




    
La lampe luit, la chambre est ouverte —
dehors j’entends courir le vent.
Les feuilles, les feuilles battantes,
les feuilles battantes du printemps — de la nuit
vertes et noires et molles —
leurs lèvres mouillées, faible battement de mains —
écoute leur envol, leur fuite,
les revoilà —
escarmouches d’armes douces dans le noir,
elles se heurtent,
entends-les s’emporter,
la nuit est grand-ouverte
comme l’écluse —
sur ma main baiser frais et caresse,
la lumière luit comme enfumée.
comme pour s’endormir,
dans la fausse lueur, se lover, se soulever, retomber.

(Herman Gorter)

 

Recueil: Ce que tu es
Traduction: Saskia Deluy et Henri Deluy
Editions: Al Dante

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On s’amusait sous la lumière jaune (Alexandre Blok)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2017



    
On s’amusait sous la lumière jaune,
Le cercle, près des murs, rétrécissait,
La masse des danseurs se dédoublait sans cesse,
Et j’avais l’illusion qu’un ami me suivait.

Le désir faisait se soulever les poitrines,
Sur les visages la chaleur se reflétait.
Je déambulais rêvant de miracle,
Et j’étais accablé par leurs désirs lascifs…

On eût dit que, derrière le voile de poussière,
Quelqu’un vivait, caché parmi la foule,
Et son étrange regard épiait sans cesse,
Et sa voix s’élevait, et chantait et parlait…

(Alexandre Blok)

 

Recueil: Le Monde terrible
Traduction:Pierre Léon
Editions: Gallimard

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