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Poésie

Posts Tagged ‘se soulever’

On s’amusait sous la lumière jaune (Alexandre Blok)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2017



    
On s’amusait sous la lumière jaune,
Le cercle, près des murs, rétrécissait,
La masse des danseurs se dédoublait sans cesse,
Et j’avais l’illusion qu’un ami me suivait.

Le désir faisait se soulever les poitrines,
Sur les visages la chaleur se reflétait.
Je déambulais rêvant de miracle,
Et j’étais accablé par leurs désirs lascifs…

On eût dit que, derrière le voile de poussière,
Quelqu’un vivait, caché parmi la foule,
Et son étrange regard épiait sans cesse,
Et sa voix s’élevait, et chantait et parlait…

(Alexandre Blok)

 

Recueil: Le Monde terrible
Traduction:Pierre Léon
Editions: Gallimard

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Tout est bleu à la cime du jour (Luc Dietrich)

Posted by arbrealettres sur 8 novembre 2017




Tout est bleu à la cime du jour

La pierre du sommeil un instant se soulève et tout est bleu à la cime du jour.
Les branches et les ronces qui retenaient les ombres à la terre engourdie
se dénudent de nuit et tout est bleu à la cime du jour.

(Luc Dietrich)

Illustration

 

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A la mâchoire serrée (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 6 novembre 2017




    
A la mâchoire serrée
sur un trop brûlant secret
les paroles préférées
se proposent sans arrêt.

La poitrine se soulève.
Frappez, souffles furieux!
Tout retient, mais rien n’achève
l’ouragan silencieux.

Rien ne bouge que les cieux,
rien ne brille que les yeux.

(Jean Tardieu)

 

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Sur le soupir de l’amie (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 6 octobre 2017



Sur le soupir de l’amie
toute la nuit se soulève,
une caresse brève
parcourt le ciel ébloui.

C’est comme si dans l’univers
une force élémentaire
redevenait la mère
de tout amour qui se perd.

(Rainer Maria Rilke)

Illustration: Andrzej Malinowski

 

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Nuit d’herbe (Jean Malrieu)

Posted by arbrealettres sur 27 septembre 2017



Illustration: Egon Schiele
    
Nuit d’herbe

Nuit d’herbe, nuit mise à nu,
nuit d’ignorance, nuit de refus,
Je gémis. La barque à l’ancre se soulève.
Le dernier flot de la marée accourt.
Ne crains rien des douleurs de l’amour.

Les oiseaux dorment.
Le vent ne sait où se poser.
Il se repose.
Et sans maître habité par la nuit,
je suis aussi ce bateau-fou.

Beau temps, n’est-ce pas, timonier ?
Beau temps de minuit,
beau temps de l’amour.
Les câbles et cabestans grincent.
C’est le désir.

Des vagues s’épousent.
Le port est au bout du monde,
tes hanches, tes seins, je ne sais.
Je gémis de toute plainte pour tous les hommes.
Je psalmodie, je crie,
je murmure, je me tais.
Je n’ai rien dit,
je n’ai rien fait.

Car tes cheveux comme les forêts brûlent
avec ton odeur de fruits lointains,
Car te répondent le sang lourd de ma race terrienne,
mes mains d’artisan, ma langue rude.

Farouche, depuis que je te connais, je fais l’amour.
Je connais toutes les heures de la nuit.
Le ciel s’incline.
Mourir n’est rien. Vivre n’est plus.
Je n’ai qu’une histoire. Une violente patience.

L’oubli s’assied sur la montagne
et nous avons le temps.
Beau temps, n’est-ce pas mégissier ?
Le temps d’attendre l’amour.
La barque soulevée, la marée se retire.
Le vent oublie qu’il est le Vent.

Tes lèvres sont le bout du monde.
Dans bien longtemps
Tu m’étouffais, tu m’as rejoint,
je te retrouve.
Homme et femme nous serons morts.
Mais les astres qui nous ressemblent
recommencent.

(Jean Malrieu)

 

Recueil: Préface à l’amour
Editions: Cahiers du Sud

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Tu sommeilles ; je vois tes yeux sourire encor (Charles Guérin)

Posted by arbrealettres sur 24 mars 2016



Harry Holland arch

Tu sommeilles ; je vois tes yeux sourire encor.
Ta gorge, ainsi deux beaux ramiers prennent l’essor,
Se soulève et s’abaisse au gré de ton haleine.
Tu t’abandonnes, lasse et nue et tout en fleur,
Et ta chair amoureuse est rose de chaleur.
Ta main droite sur toi se coule au creux de l’aine,
Et l’autre sur mon coeur crispe ses doigts nerveux.
Ce taciturne émoi flatte ma convoitise.
Ta bouche est entrouverte et ton souffle m’attise
Et le mien qui s’anime agite tes cheveux.

Vivant sachet rempli de nard, de myrrhe et d’ambre,
Tu répands tes parfums irritants dans la chambre.
Je te respire avec ivresse en caressant,
Comme un sculpteur modèle une onctueuse argile,
Ton corps flexible et plein de jeune bête agile.
La lumière étincelle à tes cils, et le sang
Peint une branche bleue à ta tempe fragile.
La courbe qui suspend à l’épaule ton sein
Emprunte aux purs coteaux nocturnes leur dessin.
Ta peau ferme a le grain du marbre et de la rose ;
Et moi je dis tout bas, pendant que je repose
Mon regard amoureux sur tes charmes choisis :
 » La gazelle couchée au frais de l’oasis
N’est pas plus douce à voir que la femme endormie,
Et les lys du matin jalousent mon amie.  »

(Charles Guérin)

Illustration: Harry Holland

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Dans – un délaissement – secondes – les roses – (Mathieu Bénézet)

Posted by arbrealettres sur 4 septembre 2015




dans – un délaissement –
secondes – les roses –

de mourir – imprégnées – de pluie –
humaine – âme –

sur toute femme – ô pleurer –
à nos ceintures – sont passées –

des fleurs – et les mots –
se soulèvent – d’un rêve –

(Mathieu Bénézet)

 

 

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L’ arbre à poèmes (Paul Fort)

Posted by arbrealettres sur 13 juillet 2015



L’ arbre à poèmes

-Sors de ce vieux bourbier à poésie, poète !
de sa vase gluante aux crapauds endormis.
Soulève-toi d’horreur, mais non plus
à demi, couverts de lieux communs épais,
d’images blettes.

Jarrets gonflés par ton effort, soulève-toi
des eaux croupies du Rêve. -Oui, c’est
fait. Mais pourquoi, resté-je ainsi courbé,
vaincu par mon effort ! Un peuple de
sylvains me nargue sur ces bords ?…

A leurs cris je me dresse en piétinant
d’orgueil. Que fais-je là ? Je prends
racine, je m’enfeuille, et j’entends rire
Pan au cœur de ma feuillée… Je suis
un arbre à poèmes : un poémier.

(Paul Fort)

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