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Poésie

Posts Tagged ‘se surprendre’

Triste et désoeuvrée (Izumi Shikibu)

Posted by arbrealettres sur 17 mai 2018



Triste et désoeuvrée, je me surprends à contempler le ciel
D’où pourtant il ne descendra pas

(Izumi Shikibu)

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Tu n’arrêtes pas de t’en aller (Kettly Mars)

Posted by arbrealettres sur 27 avril 2018



 Siegfried Zademack -  - (32)

Tu n’arrêtes pas de t’en aller,
le crépuscule endormi dans le sillon de ta nuque.
Ton corps habite une destination incessante.
Tu te surprends toi-même à chercher un seuil
sur la face des pierres que tes pas soulèvent.
Ta soif est ensorcelée par le gémissement des sources.
Tu n’en finis pas de partir,
d’être ailleurs, d’être nulle part,
emmenant avec toi le secret de tes cils,
le partage de ton souffle,
tes mains qui m’ont frôlée,
tes mains qui ne savent pas
pourquoi tu t’en vas tout le temps
en laissant sur ma peau leurs ombres fidèles.

(Kettly Mars)

Illustration: Siegfried Zademack

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LA ROSE DE PÉPÉ (François de Cornière)

Posted by arbrealettres sur 25 février 2018



Illustration
    
LA ROSE DE PÉPÉ

C’est quand nous prenons le café
sur les deux marches du perron
que tu me parles surtout des fleurs du jardin.

Tu me les montres d’assez loin
pour me dire d’où elles viennent
(« les primevères tu te souviens
où nous les avions prises ? »).

Et je me surprends souvent
à répondre à tes questions
sans faire beaucoup d’efforts
(« oui c’était en revenant de… »).

Mais quand tu te penches et prends
entre ton pouce et ton index
tous ces moments d’ailleurs
transplantés ici même
j’entrevois dans ton geste
— si simple si parfait —
une réponse que j’entends mieux encore
dans le langage que tu emploies
quand tu dis :
« Tu as vu le pin de la Tour
il a pris » ou
« Regarde la rose de pépé
elle est bien repartie.

(François de Cornière)

 

Recueil: Ces moments-là
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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La Vague (Aya Cheddadi)

Posted by arbrealettres sur 15 janvier 2018




    
La Vague

Il est des mont Fuji montagne Boukornine
fiefs des oiseaux perdus dans les étendues d’eau
Quand la Vague est venue me portant sur son dos
j’ai vu leurs cimes fondre sous l’écume opaline

Des villes ont glissé lumières dans la mer
parcs mairies minarets auxquels manque le son
cyprès au bord des routes et des cimetières
trains de noyés hagards visitant les grands fonds

Moi perchée sur la Vague témoin impuissant
ne sachant s’il fallait plonger ou résister
flairant la mort proche comme un requin du sang
je me surpris soudain à vouloir et lutter

Parlai-je d’aujourd’hui ou d’un hier livide
Trépasser par noyade est la fin redoutée
des Naïades hantant les Golfes veloutés
Vertige inconnu et chute dans le vide

(Aya Cheddadi)

 

Recueil: Tunis marine
Traduction:
Editions: Gallimard

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Approche (Max Alhau)

Posted by arbrealettres sur 19 mai 2017



Illustration: ArbreaPhotos
    

Approche

Celui qui glisse vers l’autre rive
se surprend à exister,
léger de corps et de bagages.
Les pierres se font sources
et plus clémente est la neige
qui tranche net avec le ciel.
Ce que l’on peut alors soupçonner
rend crédible le moindre doute.

De ce point reculé du pays,
le regard trouble la lumière.

(Max Alhau)

 

Recueil: Présence de la Poésie
Editions: Editions des Vanneaux

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Quand je n’ai pas le cœur prêt à faire autre chose (Eudore Evanturel)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2016



Quand je n’ai pas le cœur prêt à faire autre chose,
Je sors et je m’en vais, l’âme triste et morose,
Avec le pas distrait et lent que vous savez,
Le front timidement penché vers les pavés,
Promener ma douleur et mon mal solitaire
Dans un endroit quelconque, au bord d’une rivière,
Où je puisse enfin voir un beau soleil couchant.

O les rêves alors que je fais en marchant,
Dans la tranquillité de cette solitude,
Quand le calme revient avec la lassitude !
Je me sens mieux.

Je vais où me mène mon cœur.
Et quelquefois aussi, je m’assieds tout rêveur,
Longtemps, sans le savoir, et seul, dans la nuit brune,
Je me surprends parfois à voir monter la lune.

(Eudore Evanturel)

Découvert ici: https://eleonoreb.wordpress.com/

Illustration: Mélusine Thiry

 

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