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Poésie

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Paris blanc (Pierre Coran)

Posted by arbrealettres sur 1 mars 2018



Paris blanc

La neige et la nuit
Tombent sur Paris,
À pas de fourmi.

Et la ville au vent
Peint l’hiver en blanc,
À pas de géant.

La Seine sans bruit
Prend couleur d’encens
Et de tabac gris.

À l’hiver en blanc,
Le temps se suspend,
À pas de fourmi.

A pas de géant
Tombent sur Paris
La neige et la nuit.

(Pierre Coran)

Illustration: Robert Doisneau

 

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Les poètes (Pierre Emmanuel)

Posted by arbrealettres sur 7 janvier 2018



Illustration: Salvador Dali
    
Les poètes sont les murs nus de la maison
crépis de cris, de sel, de lèvres, de nuages
fondés sur l’infini des larmes et jetés
à l’infini du ciel errant. La seule lune
réchauffe l’or cendreux et sonne, cor perdu
dans la mélancolie du sombre sang et l’Ombre.
Quand ce pays sans nom que dieu dans le futur
se tourne vers ses morts en implorant l’aurore
ses pierres calcinées par la ténèbre sont
des cœurs, ses marbres bleus des mers, ses eaux des palmes
et ses essaims de sang se suspendent aux arbres.
Mais où ton ocre Ô bouche amère retentit
on verra trouer l’œil vague des apparences
une vierge colonne adossée à la mer.

(Pierre Emmanuel)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: L’Âge d’Homme

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Je suis fille… (Yvonne Le Meur-Rollet)

Posted by arbrealettres sur 17 juillet 2017



 

Alexandre Jacques Chantron  1_0

Je suis fille…

Je suis fille de l’eau des étangs et des sources.
Je sais depuis toujours
Où poussent les jonquilles,
Où pleurent les grands saules,
Où glissent les anguilles,
Où les joncs bleus murmurent
Les secrets des amants
Dont les ombres se mêlent
Sous les troncs des sureaux.

Je suis fille des bois de hêtres et de frênes.
J’ai gravé dans l’écorce
Des serments révolus.
J’ai lu sous les futaies
Les romans interdits où galops et baisers
Menaient à une chambre
Crépitante de bûches
Dont les flammes dansaient au rythme des désirs.

Je suis fille nourrie
Au pays des mirages,
Au pays des silences,
Des soupirs, de l’ennui.
Et les hommes qui passent
Me regardent sans voir le feu qui me consume.
De loin,
Je les regarde :
Ils me font un peu peur :
Leurs ventres sont trop gros, leurs rires sont trop forts
Et leurs mains sont trop moites.

Moi, je rêve toujours d’un poète au teint pâle,
D’un amoureux fragile
Qui marche près d’un lac
Où le temps se suspend aux lames des roseaux.

(Yvonne Le Meur-Rollet)

Illustration: Alexandre Jacques Chantron

 

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L’un et l’autre, s’efface (Paul-Jean Toulet)

Posted by arbrealettres sur 5 juin 2017



Le sonneur se suspend, s’élance,
Perd pied contre le mur,
Et monte: on dirait un fruit mûr
Que la branche balance.

Une fille passe. Elle rit
De tout son frais visage:
L’hiver de ce noir paysage
A-t-il soudain fleuri?

Je vois briller encor sa face,
Quand elle prend le coin.
L’Angélus et sa jupe, au loin,
L’un et l’autre, s’efface.

(Paul-Jean Toulet)

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