Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘se tenir’

Voici que là-haut (Ryôkan)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2021




    
Voici que là-haut,
sur la colline d’en face,
un cerf se tient solitaire.
L’hiver commençant,
il se tient sous la pluie froide,
tout ruisselant, solitaire.

***

(Ryôkan)

 

Recueil: Ô pruniers en fleur
Traduction: Alain-Louis Colas
Editions: Folio

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Omniprésence (Sri Aurobindo)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2021




    
Omniprésence

Il est en moi, autour de moi, faisant face de tous côtés.
Emmuré dans l’ego pour exclure Son droit
je me tiens sur ses bornes et plonge mon regard
jusqu’aux frontières de l’Infini.

Chaque chose finie que je vois est une façade ;
de ses fenêtres m’observe l’Illimitable.
En vain d’un corps séparé fut faite ma prison ;
Sa présence occulte brûle en chaque cellule.

Il est devenu ma substance et mon souffle,
Il est mon angoisse et mon extase,
ma naissance est le signe de Son éternité,
ma mort un passage vers Son immortalité.

Mes abîmes muets sont Sa secrète demeure ;
dans la chambre de mon coeur vit le Dieu inadoré.

(Sri Aurobindo)

 

Recueil: Poésie
Traduction: Français Cristof Alward-Pitoëff
Editions: Sri Aurobindo Ashram Trust

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Quand tu te tiens dans la proximité du centre (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 19 février 2021



Illustration: Josephine Wall
    
Quand tu te tiens
dans la proximité du centre
la moindre parcelle de vie
est intégrée à la sphère

Avoir la force de t’arracher
aux joies plaisirs émotions
que te donnent tes semblables

Pour boire à cette source
où capiteuse se fait la vie

Combien seul
combien étranger à ce monde
celui que le manque
contraint à chercher
une vie plus haute

Instants
de folle ébriété

Quand un même flux
mêle en son torrent
la lumière et les eaux

Ce feu doux
de l’amour
quand l’oeil
a clarifié la flamme

Femme
c’est de toi
que me vient la vie
et je n’en finirai pas
de te louer te célébrer

que comprendre

comment rendre compte

parfois c’est le dégoût
la détresse

cette fureur du sang
parce que tout avorte

que chaque effort est vain

que rien n’échappe à la faux

ou parfois
c’est cette vénération cette joie
jubilante cette suffocante
lumière

et chaque visage m’émeut
alors jusqu’aux larmes

je déambule
dans la rue
parmi la foule

désobstrué
transparent
anonyme

avec
oui
avec
comme une lumière invaincue
qui pétille
et bat dans mes veines

minutieusement
goulûment
je vois les visages
happe cette vie
qui déferle

je me livre à chacun
je me love en chacun

en moi
s’enlacent des regards
se nouent des étreintes
s’ébauchent des nuits d’amour

et soudain me saisit
le sentiment suffocant
du mystère de la vie

hautes lames
de l’immense

dévotion éperdue

spacieux vertige

(Charles Juliet)

 

Recueil: Moisson
Traduction:
Editions: P.O.L.

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Les mariées (Danielle Julien)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2021



Illustration  
    
Les mariées

Je garderai longtemps cette image nouvelle
cet enthousiasme, cet envol d’angelots.
Deux mariées si belles dans leurs robes de neige
dans leur bonheur immense et leurs rires d’enfants.
Deux mariées nouvelles qui remercient le maire
et descendent les marches en se tenant la main.
Les familles sont là, toutes endimanchées,
les petits en blue-jean font une ronde folle
et les vieux ébahis rient encor de leurs craintes.
Deux mariées si belles dans leurs robes de neige
font un grand souffle d’air au plus large du ciel
tout est roses fleuries, tout est blanc, tout est doux,
et le désir palpite entre leurs baisers fous.
Pas de curés, de trouble-fêtes, d’hommes vêtus de noir
personne pour leur dire le chemin qu’il faut suivre.
Rien que deux mariées folles
dans leur bonheur d’amour.

(Danielle Julien)

Traduit de l’occitan par l’autrice.

Recueil: Voix Vives de méditerranée en méditerranée Anthologie Sète 2019
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Près du rail (François Coppée)

Posted by arbrealettres sur 10 janvier 2021



    

Près du rail, où souvent passe comme un éclair
Le convoi furieux et son cheval de fer,
Tranquille, l’aiguilleur vit dans sa maisonnette.
Par la fenêtre, on voit l’intérieur honnête,
Tel que le voyageur fiévreux doit l’envier.
C’est la femme parfois qui se tient au levier,
Portant sur un seul bras son enfant qui l’embrasse.
Jetant un sifflement atroce, le train passe
Devant l’humble logis qui tressaille au fracas.
Et le petit enfant ne se dérange pas.

(François Coppée)

 

Recueil: Promenades et interieurs
Traduction:
Editions:

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Se tenir coi (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 23 novembre 2020




    
Se tenir coi, prêter l’oreille, ne prononcer
Que les mots nés des racines ou venus de loin
Qui s’unissent en toi dans la rythmique du cœur
Frayant passage, telle la Voie, au sein du chaos.

(François Cheng)

 

Recueil: Enfin le royaume
Traduction:
Editions: Gallimard

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Le grand hiver libère ses chevaux de frise (Jean-Marie Barnaud)

Posted by arbrealettres sur 26 octobre 2020




    

Le grand hiver libère ses chevaux de frise
Au ciel craquant
Que des oiseaux traversent
Brandons
Que lancerait par jeu
On ne sait quel dieu
Amant de la rigueur

Marcheur impénitent
Tiens-toi droit et ferme
N’y a-t-il rien à voir par là-haut
Que ce bleu riverain qui se dilate
Et pèse aux branches
Comme un fruit

(Jean-Marie Barnaud)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Sous l’imperturbable clarté
Traduction:
Editions: Gallimard

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ADIEU SOLITAIRE (Germain Droogenbroodt)

Posted by arbrealettres sur 20 septembre 2020



Illustration: Giacomo Manzù
Poem in Dutch, Spanish, English, French, Italian, German, Portuguese, Sicilian, Romanian, Polish, Greek, Chinese, Arab, Hindi, Japanese, Farsi, Bulgarian, Icelandic, Russian, Malaya, Filipino, Hebrew, Tamil, Kurdish, Bangla
    
Poem of the Week Ithaca 645
Lonely Goodbye / Hope by Germain Droogenbroodt, Belgium/Spain

– ALL TRANSLATIONS ARE MADE IN COLLABORATION WITH GERMAIN DROOGENBROODT –

***

ADIEU SOLITAIRE

pour ceux qui, où que ce soit, doivent mourir seuls

Froide la chambre
les murs blancs
On entend seulement
l’écho de la solitude
Plus de mot tendre
plus d’étreinte chaleureuse
Seul le temps
robinet qui fuit
donne un petit coup
Et personne ne frappe à la porte
personne ne vous attend
personne, sauf la mort.

***

ESPOIR

Pas de pluie depuis déjà des mois

ils souffrent

mais se tiennent debout verts quand même
car sans espoir
ils ne peuvent pas vivre non plus
─ les arbres.

Traduction de Elisabeth Gerlache
Translation into French by Elisabeth Gerlache

***

EENZAAM AFSCHEID

voor hen die, waar ook, eenzaam moeten sterven

Kil de kamer
de witte muren
Hoorbaar alleen
de echo van eenzaamheid
Geen teder woord meer
geen warme omhelzing
Alleen de tijd
een lekke kraan
die aftikt

En niemand die aanklopt
niemand die je verwacht
niemand, behalve de dood.

***

HOOP

Reeds maanden geen regen

ze lijden

maar toch staan ze groen
want zonder hoop
kunnen ook zij niet leven
─ de bomen.

***

DESPEDIDA SOLITARIA

para aquellos que, sea donde sea, han de morir solos

Fría la estancia
las paredes blancas
Sólo audible
el eco de la soledad
Ni una palabra cariñosa
ni un cálido abrazo
Sólo el tiempo
un grifo en el que gotea
la cuenta atrás
Y nadie llama a la puerta
nadie que esperes
nadie, salvo la muerte.

***

ESPERANZA

Tantos meses sin lluvia

sufren

pero todavía están verdes
porque sin esperanza
tampoco pueden vivir
─ los árboles.

Traducción de Rafael Carcelén en colaboración con el autor
Translation into Spanish by Rafael Carcelén

***

LONELY GOODBYE

for those who, wherever, have to die lonely

Chilly the room
the white walls
audible only
the echo of loneliness.
Not a tender word anymore
no warm embrace
just the time,
a leaking tap,
ticking.
None knocking at the door
nobody you expect,
no one, except death.

***

HOPE

Since many months no rain

they suffer

but still they are green
because without hope
neither they can live
─ the trees.

Translation into English by Stanley Barkan

***

SOLITARIO ADDIO

Per coloro che, ovunque si trovino, devono morire soli

Fredda la stanza
le mura bianche
Udibile solo
l’eco della solitudine.
Nemmeno una parole di conforto
non un caldo abbraccio
Solo il tempo,
un rubinetto che perde,
il suo ticchettio.
Nessuno che bussi alla porta
nessuno da attendere,
nessuno, se non la morte.

***

SPERANZA

Dopo molti mesi senza pioggia
soffrono
eppure sono ancora verdi
perché senza speranza
non possono vivere
─ gli alberi.

Translation into Italian by Luca Benassi

***

EINSAMER ABSCHIED

für diejenigen die, wo auch immer, einsam sterben müssen

Kühl der Raum
die weißen Wände
Hörbar nur
das Echo der Einsamkeit
Kein zärtliches Wort mehr
keine warme Umarmung
Nur die Zeit
wie ein undichter Wasserhahn
die verrinnt
Und niemand der anklopft
niemand, den du erwartest
niemand, außer dem Tod.

***

HOFFNUNG

Schon Monate kein Regen
sie leiden
aber trotzdem sind sie grün
denn ohne Hoffnung
können auch sie nicht leben
─ die Bäume.

Übersetzung Wolfgang Klinck
Translation into German by Wolfgang Klinck

***

DESPEDIDA SOLITÁRIA

para aqueles que, seja onde estiverem, morrerão sozinhos

O quarto é frio
as paredes brancas
Só se escuta
o eco da solidão
Nem uma palavra de carinho
nenhum abraço caloroso
Só o tempo
um grifo em que goteja
o que já passou
Ninguém bate nessa porta
ninguém que esperas
ninguém, somente a morte.

***

ESPERANÇA

Tantos meses sem chuva
sofrem
mas ainda permanecem verdes
porque sem esperança
não podem viver também
– as árvores.

Tradução ao português: José Eduardo Degrazia
Translation into Porguese by José Eduardo Degrazia

***

ADDIU SULITARIU

Pi chiddi ca morunu suli ntô munnu
La sala fridda,
li mura bianchi
Si senti sulu
L’ecu di la sulità
Nenti palori duci
Nenti abbrazzi amurusi
Sulu lu tempu,
un lentu
ticchi toc
Nuddu veni a battiri a la porta
Nuddu s’aspetta,
Nuddu, tranni la morti.

***

SPIRANZA

Sunnu misi ca non chiovi
Soffrunu
Ma sunnu ancora virdi
Pirchì senza spiranza
Non ponnu mancu viviri.
─ L’arburi.

Traduzioni in sicilianu di Gaetano Cipolla
Translation into Sicilian by Gaetano Cipolla

***

RĂMAS BUN ÎN SINGURĂTATE

acelora care, oriunde s-ar afla, sunt nevoiți să moară izolați

Cameră rece
pereți albi
se-aude doar ecoul
singurătății
s-au isprăvit cuvintele mângâietoare
și tandrele îmbrățișări
doar timpul, robinet defect,
picură neîncetat
scurgându-se
și nimeni nu-ți mai bate la ușă,
nu mai e om pe care să-l aștepți,
nu vine nimeni, decât moartea.
***
SPERANȚĂ

Luni fără ploaie
suferă
dar tot sunt verzi
căci fără de speranță
nu pot trăi nici ei
─ copacii.

Traducere: și Gabriela Căluțiu Sonnenberg
Translation into Romanian bu Gabriela Căluțiu Sonnenberg

***

SAMOTNE POŻEGNANIE

Dla tych, którzy muszą umierać samotnie, gdziekolwiek są.

Jakże chłodny ten pokój
białe ściany
jedynie słyszalne
echo samotności.
Już ani jednego czułego słowa
żadnego ciepłego uścisku
tylko czas,
cieknący kran,
tykanie.
Nikt nie puka do drzwi
nikogo się nie spodziewasz
nikogo, prócz śmierci.

***

NADZIEJA

Od miesięcy brak deszczu
choć cierpią
nadal są zielone
przecież bez nadziei
też nie potrafią żyć
─ drzewa.

Przekład na polski: Mirosław Grudzień – Małgorzata Żurecka
Translation into Polish by Mirosław Grudzień – Małgorzata Żurecka

***

ΜΟΝΑΧΙΚΟ ΑΝΤΙΟ

Κρύο δωμάτιο
τοίχοι λευκοί
όπου αντηχεί τη μοναξιά
και λείπει η τρυφερότητα
η ζεστή αγκαλιά
μόνο ο χρόνος απομένει
κι η βρύση που τρέχει.
Κανείς δεν χτυπά την πόρτα του
κανένα δεν περιμένεις
παρά το θάνατο.

***

ΕΛΠΙΔΑ

Δίχως βροχή μήνες πολλούς
υποφέρουν
κι ακόμα είναι πράσινα
γιατί δίχως ελπίδα πια
τα δέντρα
δεν ζουν.

Μετάφραση Μανώλη Αλυγιζάκη
Translation into Greek by Manolis Aligizakis

***

孤独的告别

给那些无论哪里都得孤独死去的人

寒冷这房间
这白墙
只听见
孤独的回声。
一个温柔词也没有了
没有温暖的拥抱
只是时间,
一个漏水龙头,
在滴答。
没有人敲这门
你没人期待,
没人,只有死亡。

***

希 望
好几月以来没下雨
它们受苦了
但它们仍是绿的
因为没有希望
它们没法活
——这些树。

汉 译:中 国 周道模
Translation into Chinese by William Zhou

***

وداع وحيد

لأجل أولئك الذين كتب عليهم الموت وحيدين في أي مكان.

ها هم يقبعون في غرفة باردة
ذات جدران بيض
لا يسمعون سوى صدى الوحدة
فبعد الآن لن تبلغ مسامعهم كلمة حنون
ولن يأويهم حضن دافئ
لم يتبق لهم سوى الزمن
صوت دقات ساعاته
مثل قطرات تتسرب من صنبور الماء
فلا طرق على الباب
ولا زائر يتوقعون قدومه
لا أحد، سوى الموت

***

الأمل

لم تمطر منذ شهور طويلة
فصارت الأشجار تتألم
ومع ذلك، مازالت خضراء
فمن دون أن أمل
لن تقدر على الحياة.

جيرمان دروغنبرودت
ترجمة: سارة سليم

Translation into Arab by Sarah Selim

***

अकेला अलविदा

(उन लोगों के लिए, जो भी, जहां भी हों, अकेला मरना होगा)

ठंडा कक्ष
सफेद दीवार
केवल श्रव्य
अकेलेपन की गूंज।
अब मुलायम शब्द नहीं
कोई गर्म आलिंगन नहीं
बस समय,
चूता नल
टिक टिक
किसी ने दरवाजा नहीं खटखटाया
कोई भी आपकी अपेक्षा नहीं करता है,
मौत के सिवाय कोई नहीं।

*******************
आशा

कई महीनों से बारिश नहीं हुई
वे पीड़ित है
लेकिन फिर भी वे हरे हैं
आशा के बिना
न तो वे रह सकते हैं
─ पेड़।

Translation into Hindi by JYOTIRMAYA THAKUR अकेला

***

孤独なさよなら

どこかで淋しく死んでいく人のために

寒い部屋の白い壁
孤独のひびきが聞こえるのみ
もはや優しい言葉もなく
あたたかな抱擁もない
時のみが
水が漏れるように
音を立てている
戸を叩く人はなく
訪ねてきてほしい者もいない
死を除いては

***

希望

もう何ヶ月も雨が降らず
苦しんでいるのに
緑色
それは、
希望がなければ
生きることができないから
緑の樹々

Translation into Japanese by Manabu Kitawaki

***

خداحافظی در عزلت

برای آنانکه محکوم به مرگ در تنهاییند.

در اتاق سرد
دیوارها سفید
تنها شنیدنی
طنین تنهایی
ای مهربان نه دیگر کلمه
نه آغوشی گرم
تنها زمان،
شیر آبی نشت دار،
چوب خط میزند.
هیچ کس در را نمی کوبد
نه آنکه تنتظارش را داری،
هیچ کس ،جز مرگ.

***

امید

ماههای بی شماری
از خشکسالی رنج بردند
اما هنوز سبزند
چه بدون امید
هیچ درختی
زنده نمی ماند.

ترجمه: سپیده زمانی

Translation into Farsi bySepideh Zamani

***

САМОТНО СБОГУВАНЕ

на тези, които, където и да е, трябва да умрат сами

Студена е стаята
белите стени
долавят само
ехото на самотата.
Няма вече нежна дума
нито топла прегръдка
само времето,
капещ кран,
който тиктака.
Никой не почуква по вратата,
няма кого да очакваш,
никого, освен смъртта.

***

НАДЕЖДА

От много месеци без дъжд
те страдат
но все още са зелени
защото без надежда
и те не могат да живеят
– дърветата.

ПРЕВОД ОТ АНГЛИЙСКИ: ИВАН ХРИСТОВ
Translation into Bulgarian by Ivan Hristov

***

KVEÐJA Í EINSEMD

handa þeim sem, hvar sem þeir eru, verða að deyja einir

Hrollkalt herbergi
hvítir veggir
aðeins heyrist
ómur af einsemd.
Ekkert blíðlegt orð framar
ekkert hlýlegt faðmlag
bara tími,
lekur krani,
sem tifar.
Enginn ber að dyrum
ekki er von á neinum,
engum, nema dauðanum.

***

VON

Mánuðum saman rignir ekki
þau þjást
en þau eru samt græn
því að án vonar
geta þau ekki heldur lifað
─ trén.

Þór Stefánsson þýddi
Translation into Icelandic Þór Stefánsson

***

ОДИНОКОЕ «ПРОЩАЙ»

тем, кто умирает в одиночестве, где бы они ни были
Холодно в комнате,
белые стены.
Слышится лишь
одинокое эхо.
Нет нежных слов,
нет теплых объятий.
Лишь время
по каплям течет,
словно сломанный кран.
Нет стука в дверь
от тех, кого ждешь,
никого нет, кроме смерти.

***
НАДЕЖДА

Уже месяцы нет дождя,
они страдают,
но не сдаются,
потому что без надежды
и им не выжить
– деревьям.

Перевод Дарьи Мишуевой
Translation into Russian by Daria Mishueva

***

SELAMAT TINGGAL KESEPIAN

Kepada sesiapa, yang mati dalam sepi di mana-mana

Dingin kamar
putih dindingnya
Hanya gema sepi
kedengaran.
Tiada kata-kata yang lembut
tiada dakapan hangat
hanya waktu berdetik
laksana paip bocor
Tiada sesiapa mengetuk pintu
Tidak mengharapkan sesiapa
melainkan maut.

***
HARAPAN

Berbulan-bulan tiada hujan
menanggung penderitaan
tetapi tetap hijau
sebab tanpa harapan
tidak boleh meneruskan kehidupan
─ pepohon.

PENTERJEMAH: DR. RAJA RAJESWARI SEETHA RAMAN
Translation into Malay by DR. RAJA RAJESWARI SEETHA RAMAN

***

MALUNGKOT NA PAMAMAALAM

Para sa kanila, nasaam man sila, na kinailangang mamatay ng malungkot

Malamig na silid
mga puting dingding
tanging nag naririnig
ay ang alingangaw ng kalungkutan.
Wala ni sang malamyos na salita
wala ng ang mainit na yakap

tanging orasan,
nagleleak na tuktok
tumutunog,

Walang kumakatok sa pinto
wala kang hinihintay
ni isa, kundi ang kamatayan.

***

PAG-ASA

ilang buwan ng hindi umuulan
sila’y nagdurusa
nanatili parin silang luntian

kapagka walang pag-asa
hindi rin sila mabubuhay
– ang mga puno.

Translation into Filipino Eden Soriana Trinidad

***

פרידה גלמודה

לאלו, בכל מקום שהוא, שנאלצו למות לבדם

צוֹנֵן הַחֶדֶר
צוֹנְנִים הַקִּירוֹת הַלְּבָנִים

נִשְׁמָע רַק
הֵד הַבְּדִידוּת.

לֹא עוֹד מִלָּה רַכָּה
לֹא חִבּוּק חַם

רַק הַזְּמַן,
בֶּרֶז דּוֹלֵף,
מְתַקְתֵּק.

אִישׁ אֵינוֹ דּוֹפֵק בַּדֶּלֶת
לֹא מִישֶׁהוּ שֶׁאַתְּ מְצַפָּה לוֹ,
אַף אֶחָד, חוּץ מִמָּוֶת.

***

תקווה

כְּבָר חֳדָשִׁים שֶׁהֵם סוֹבְלִים
מֵעֲצִירַת גְּשָׁמִים
אַךְ הֵם עֲדַיִן יְרֻקִּים

מִשּׁוּם שֶׁלְּלֹא תִּקְוָה
גַּם הֵם אֵינָם יְכוֹלִים לִחְיוֹת –
הָעֵצִים

Translation into Hebrew by Dorit Weisman

***
தனியான விடைகொடுத்தல்

எங்கிருந்தாலும் தனியாக இறப்பவர்களுக்கு
அறையில் குளிர்
வெள்ளைச் சுவர்கள்
தனிமையின் எதிரொலியைக்
கேட்க மட்டுமே முடியும்
மீண்டும் கனிவான சொற்கள் இல்லை
வெது வெதுப்பான தழுவல் இல்லை
நேரம் மாத்திரம்,
கசியும் குழாய்
டிக் என ஒலிக்கிறது
யாரும் வீட்டுக் கதவைத் தட்டவில்லை
யாரையும் நீங்கள் எதிர்பார்க்க வில்லை
யாரும் இல்லை சாவைத்தவிற!

***

நம்பிக்கை

பல மாதங்களாக மழை இல்லை
அவைகள் வருந்துகின்றன

இருப்பினும் அவை பச்சையாக உள்ளன
ஏனெனில் நம்பிக்கை இன்றி
வாழவும் முடியாது.
─ மரங்கள்..

Translation into Tamil by Dr. N V SUBBARAMAN

***

VERÊKIRINA TENYAYÎ

Bo ew kesên dimirin û kes li dor wan tune ne

Cih sar e
dîwarên sipî

Tenê vedenga
tenyayiyê tê bihîstin

Nema peyva dilînî
nema hemêzkirin bigermî

Her dem
mîna bilbiloka nerind badayîavê
dilopdike

Û kes nema li derî de
kes nema ewê tu li bendê bê
kes nema ji bilî mirinê

***

HÊVÎ

Va ji miheyan ve baran nabare
ew dêşin
lê tevî wê jî hîn hişîn in
lema jî bê hêviyê
ew jî nikanin bijîn
– darûber

Translation into Kurdish by Hussein Habasch

***

নিঃসঙ্গ বিদায়

যারা নিঃসঙ্গতায় মৃত্যুবরণ করেছেন তাদের জন্য উৎসর্গকৃত

শীতল ঘর
সাদা দেওয়াল
শুধু শোনা যায়
নিঃসঙ্গতার প্রতিধ্বনি।
একটিও কোমল শব্দ নেই আর
নেই কোন উষ্ণ আলিঙ্গন
শুধুই মাত্র সময়,
একটি ফুটো ছিপি,
টিক টক টিক টক।
কেউতো ঠোকা দেয় না দরজায়
কেউ নেই আর যার প্রত্যাশায় রয়েছো তুমি,
কেউ না শুধু মৃত্যু ছাড়া।
গ্রেভ ড্রভেনব্রড

Translation into Bangla by Tabasssum Tahmina Shagufata husssein

(Germain Droogenbroodt)

 

Recueil: ITHACA 645
Editions: POINT
Site: http://www.point-editions.com/en/

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Quand j’étais petite (Jeanne Benameur)

Posted by arbrealettres sur 25 février 2020




    
Quand j’étais petite
la nuit se tenait devant notre porte
et elle chantait d’étranges chants.
Pour les oiseaux qu’on ne voit pas.
Pour les pierres du chemin.
La nuit chantait
et moi
je dormais ou je veillais ?
Est-ce que je rêvais ?

Est-ce que je suis seule à entendre
le chant de la nuit sur la terre
aux portes des maisons ?

Qui berce le sommeil de ceux qui rêvent ?

La nuit a été une voix
qui m’a gardée
de toutes peurs.

Et puis la nuit s’est tue
et je suis restée seule.

Je suis sortie sur le seuil de la maison
J’ai appelé très doucement
Aucun son ne m’a répondu.
Dans ma poitrine
l’écho.

Assise sur le seuil
J’ai pleuré.
J’ai attendu le matin.
Et rien.

La nuit s’était tue pour toujours.

Je suis partie.

(Jeanne Benameur)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: L’exil n’a pas d’ombre
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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AU MIROIR (Moshe Nadir)

Posted by arbrealettres sur 20 novembre 2019




    
AU MIROIR

Il se tient devant le miroir et voit sa propre cécité.
Les franges de ses yeux sont lourdes,
comme découpées dans l’acier.

Sa pupille est grise comme le brouillard en suspens de l’idée universelle.
Et le miroir dans lequel il regarde est complètement aveugle,
et il voit sa propre cécité.

Il se tient devant le miroir et regarde si clairement, avec tant d’acuité,
mais il ne peut transgresser du regard sa propre cécité
– elle est si lointaine, illimitée !

(Moshe Nadir)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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