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Poésie

Posts Tagged ‘se tenir’

Liberté (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 4 mai 2019



Liberté

Je relève d’un pays où personne ne règne,
Traversé de crevasses et d’oiseaux.
La main trace l’avenir, le coeur ses extrêmes,
Un appel lui donne voiles, une grimace le ternit.

Je relève d’un pays sans fanion, sans amarre,
La mort a ses sentences comme ailleurs ;
Demain, son étendue ; le printemps, ses preuves.
Il s’y trouve partout d’endroit où se tenir.

(Andrée Chedid)


Illustration

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Un jardin (Stéphane Bataillon)

Posted by arbrealettres sur 9 avril 2019




    
Un jardin
où chaque pierre
aurait sa place

Où le chaos
saurait se tenir.

(Stéphane Bataillon)

 

Recueil: Où nos ombres s’épousent Vivre l’absence
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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La réalité (Henry James)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2019


 


 

Multivers

La réalité n’a pas une unique fenêtre
mais un million …
A chacune d’elles
se tient une silhouette avec une paire d’yeux.

(Henry James)

Illustration

 

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On a tendance à croire (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2019



Illustration
    
On a tendance à croire que tout est là
pour n’être vu que par nous

comme si notre regard
était le seul critère de la réalité.

Mais l’homme et son regard se dissolvent
et tout continue à être là.

Et dans quel but ?
Pour être vu par qui ?

Il se peut que tout soit là
pour montrer qu’il n’est pas nécessaire
que quelque chose soit vu pour exister.

Voir est peut-être un épisode,
une autre chose qui se tient là.

Pourtant, on ne peut pas s’empêcher de sentir
que quelque chose qui rappelle le regard
soutient, comme l’oeil les paupières,
cet autre épisode qu’on appelle réalité.

***

Solemos creer que todo está allí
sólo para ser visto por nosotros
como si nuestra mirada
fuera el único criterio de realidad.

Pero el hombre y su mirada se disuelven
y todo sigue estando allí.

¿Ypara qué?
Para que lo yea quién?

Tal vez todo está allí
para mostrar que no es preciso
que nadie yea algo para que exista.

Ver es quizás un episodio,
otra cosa que está allí.

Sin embargo, no podemos dejar de sentir
que debe haber algo parecido a la mirada
sosteniendo, como el ojo a los párpados ,
ese otro episodio que llamamos realidad.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Quatorzième poésie verticale
Traduction: Sivia Baron Supervielle
Editions: José Corti

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L’exercice qui te sauve (Jean Lavoué)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2019



    
L’exercice qui te sauve :
Te tenir comme un arbre,
Ancré dans les courants,
Consentant aux averses,
Être fleuve sans rives
Ou bien homme debout
Qui marche dans sa nuit,
Sans lieu, sans autre sol
Que le bel aujourd’hui,
Conscient que tout naufrage
Recèle des trésors,
Oublieux de ses failles,
Ne gardant que l’élan,
La clarté des passages,
Invitant chaque oiseau
À demeurer chez lui.

(Jean Lavoué)

 

Recueil: Levain de ma joie
Traduction:
Editions: L’enfance des arbres

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Quand le silence en toi épouse le silence (Jean Lavoué)

Posted by arbrealettres sur 31 janvier 2019



Illustration: Tomas Januska
    
Quand le silence en toi épouse le silence,
Où te tiens-tu pour célébrer les noces ?

Qui passe l’anneau nuptial,
Qui contemple l’union
Sans preuve et sans témoin ?

Qui porte en toi le fruit,
Qui s’enfante en secret ?

Le poème lui-même
Cherche abîme où se taire :

Là où deux ne font qu’un,
Où rien n’est à nommer.

Si tu n’as tout perdu
Comment danserais-tu ?

(Jean Lavoué)

 

Recueil: Levain de ma joie
Traduction:
Editions: L’enfance des arbres

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La poésie… (Jean Lavoué)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2019



Illustration: Robert Delaunay
    
La poésie…

Elle se tient là dans le miroir des jours
Elle caresse le ciel du bout des doigts
Elle se tait entre deux battements d’ailes
Elle dit le feu le vent et l’étincelle
Elle est la faim la soif qui ensorcelle

Elle est soleil levant
pépiement matinal
Elle est poisson volant dans un feu végétal
Elle est lointaine et proche étrange et familière
Elle est le chant secret
la danse des fougères
Elle est la fleur sauvage la flûte traversière

Ombre posée sur les paupières de la nuit
Elle se tient silencieuse aux carreaux de ta vie

Elle est celle qui prie aux croisées de ta joie

(Jean Lavoué)

 

Recueil: Nous sommes d’une source
Traduction:
Editions: L’enfance des arbres

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La question (Jean Lavoué)

Posted by arbrealettres sur 19 janvier 2019



Illustration: Aron Wiesenfeld
    
La question n’est plus de savoir
Où va la source
Mais d’où elle jaillit

Or il n’est pas de réponse

Sauf à se tenir indéfiniment
En ce lieu hors de tout lieu

Où la nuée est ténèbres
Et la nuit lumineuse

(Jean Lavoué)

 

Recueil: Levain de ma joie
Traduction:
Editions: L’enfance des arbres

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Encore un instant Monsieur le bourreau (Michel Deguy)

Posted by arbrealettres sur 13 juillet 2018



George Clair Tooker 1920-2011 - American Magic Realist painter - Tutt'Art@ (9) [1280x768]

Encore un instant Monsieur le bourreau
Il n’y en a plus que pour un instant
Encore un instant Monsieur le bourreau
Parce que ça brille, la scène, parce que
Ca monte aux yeux le jour ému en pleurs
En pleurs aux yeux qui vont quitter cela
Qui ne l’ont pas non plus connu avant

Tout ce qu’il va falloir emporter
L’offre se tient, ce dont on fut privé

(Michel Deguy)

Illustration: George Clair Tooker

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Envers et contre tout (Jacques Izoard)

Posted by arbrealettres sur 31 mai 2018



Illustration: Kazimir Severinovitch Malevitch
    
Envers et contre tout
la maison rouge se tient
comme navire, tour de Babil
et les insectes qui l’habitent
creusent et forent et percent
tous les sommeils pulvérisés.

(Jacques Izoard)

 

Recueil: Lieux épars
Traduction:
Editions: De la Différence

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