Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘se ternir’

Alluvion des cris (Michel Deguy)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
Alluvion des cris Minerai d’hirondelles
Dans le delta du vent les plissements du vent
La trembleraie bleuit
Le pouls de l’étang bat
Toutes les trois heures un poème
Devient nouveau puis se ternit
Sous la lecture Recroît dans le silence

(Michel Deguy)

 

Recueil: Donnant Donnant
Traduction:
Editions: Gallimard

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LA DAME EN PIERRE (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 17 juillet 2017



 

gisant

LA DAME EN PIERRE

Sur ce couvercle de tombeau
Elle dort. L’obscur artiste
Qui l’a sculptée a vu le beau
Sans rien de triste.

Joignant les mains, les yeux heureux
Sous le voile des paupières,
Elle a des rêves amoureux
Dans ses prières.

Sous les plis lourds du vêtement,
La chair apparaît rebelle,
N’oubliant pas complètement
Qu’elle était belle.

Ramenés sur le sein glacé
Les bras, en d’étroites manches,
Rêvent l’amant qu’ont enlacé
Leurs chaînes blanches.

Le lévrier, comme autrefois
Attendant une caresse,
Dort blotti contre les pieds froids
De sa maîtresse.

*

Tout le passé revit. Je vois
Les splendeurs seigneuriales.
Les écussons et les pavois
Des grandes salles.

Les hauts plafonds de bois, bordés
D’emblématiques sculptures,
Les chasses, les tournois brodés
Sur les tentures.

Dans son fauteuil, sans nul souci
Des gens dont la chambre est pleine,
À quoi peut donc rêver ainsi,
La châtelaine ?

Ses yeux où brillent par moment
Les fiertés intérieures,
Lisent mélancoliquement
Un livre d’heures.

*

Quand une femme rêve ainsi
Fière de sa beauté rare,
C’est quelque drame sans merci
Qui se prépare.

Peut-être à temps, en pleine fleur,
Celle-ci fut mise en terre.
Bien qu’implacable, la douleur
En fut austère.

L’amant n’a pas vu se ternir,
Au souffle de l’infidèle,
La pureté du souvenir
Qu’il avait d’elle.

La mort n’a pas atteint le beau.
La chair perverse est tuée,
Mais la forme est, sur un tombeau,
Perpétuée.

(Charles Cros)

Illustration

 

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Te comparerai-je à un jour d’été ? (William Shakespeare)

Posted by arbrealettres sur 10 novembre 2016



 

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Te comparerai-je à un jour d’été ?
Tu es plus aimable et plus tempéré.
Les vents violents font tomber les tendres bourgeons de mai,
et le bail de l’été est de trop courte durée.

Tantôt l’œil du ciel brille trop ardemment,
et tantôt son teint d’or se ternit.
Tout ce qui est beau finit par déchoir du beau, dégradé,
soit par accident, soit par le cours changeant de la nature.

Mais ton éternel été ne se flétrira pas
et ne sera pas dépossédé de tes grâces.
La mort ne se vantera pas de ce que tu erres sous son ombre,
quand tu grandiras dans l’avenir en vers éternels.

Tant que les hommes respireront et que les yeux pourront voir,
ceci vivra et te donnera la vie.

***

Shall I compare thee to a summer’s day?
Thou art more lovely and more temperate:
Rough winds do shake the darling buds of May,
And summer’s lease hath all too short a date;
Sometime too hot the eye of heaven shines,
And often is his gold complexion dimm’d;
And every fair from fair sometime declines,
By chance or nature’s changing course untrimm’d;
But thy eternal summer shall not fade,
Nor lose possession of that fair thou ow’st;
Nor shall Death brag thou wander’st in his shade,
When in eternal lines to time thou grow’st
So long as men can breathe or eyes can see,
So long lives this, and this gives life to thee.

(William Shakespeare)

 
Illustration: ArbreaPhotos

 

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