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Poésie

Posts Tagged ‘se terrer’

Milieu de la vie (Jean Pérol)

Posted by arbrealettres sur 11 mai 2019



Illustration: Carrie Vielle
    
Milieu de la vie

Côté ombre côté flamme
tu traverses la vallée
tant de nuit qui te réclame
accélère ta foulée

et ton sang tu le surprends
au delta des tempes folles
dérouté car il comprend
quelle terre à ton pied colle

le soleil tombe plus vite
chaque soir dans son mystère
une sève en toi gravite
une graine encor se terre.

(Jean Pérol)

 

Recueil: Poésie I (1953-1978)
Traduction:
Editions: De la Différence

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Où aller ? (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2019



Ô de quelle façon, avec quel gémissement
nous nous sommes caressés, épaules et paupières.
Et la nuit se terrait dans les chambres,
comme un animal blessé que nous aurions transpercé de douleur.

Étais-tu élue entre toutes pour moi,
n’était-ce pas assez d’être la soeur ?
Ton être était pour moi comme une vallée délicieuse,
et maintenant, à la proue du ciel il

s’incline en une apparition inépuisable
et il étend son empire. Où aller ?
Hélas dans l’attitude de la déploration
tu te penches vers moi, toi qui ne consoles pas.

Lorsque ton visage me fait ainsi me consumer,
comme une larme celui qui pleure,
que je multiplie mon front, ma bouche
autour des traits que je connais pour tiens,
il me semble, par-dessus ces ressemblances
qui nous séparent parce qu’elles sont doubles,
déployer une pure identité.

***

O wie haben wir, mit welchem Wimmern,
Augenlid und Schulter uns geherzt.
Und die Nacht verkroch sich in den Zimmern
wie ein wundes Tier, von uns durchschmerzt.

Wardst du mir aus alien auserlesen,
war es an der Schwester nicht genug?
Lieblich wie ein Tal war mir dein Wesen,
und nun beugt es auch vom Himmelsbug

sich in unerschöpflicher Erscheinung
und bemächtigt sich. Wo soll ich hin?
Ach mit der Gebärde der Beweinung
neigst du dich zu mir, Untrösterin.

Wenn ich so an deinem Antlitz zehre
wie die Träne an dem Weinenden,
meine Stirne, meinen Mund vermehre
um die Züge, die ich an dir kenn,
mein ich über jene Ähnlichkeiten
die uns trennen, weil sie doppelt sind
eine reine Gleichung auszubreiten.

(Rainer Maria Rilke)

Illustration retirée sur demande de l’artiste

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Quand sous un mur (Alexandre Blok)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2018



Tombe-de-Blok  [800x600]

Quand sous un mur, dans les orties,
Mes pauvres os seront pourris,
Quelque tardif historien
Écrira une oeuvre importante.

Il martyrisera, le maudit,
Des écoliers innocents :
Dates de naissance et de mort,
Tas de citations mal choisies !

Triste sort qu’une vie si confuse,
Difficile ensemble, et oisive :
Devenir la chose d’un docteur,
Et grossir l’armée des critiques !

Ah, pouvoir se terrer sous les herbes,
S’endormir d’un sommeil éternel !
Taisez-vous donc, livres maudits :
Je ne vous ai jamais écrits !

(Alexandre Blok)

 Illustration

 

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Poésie (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 27 février 2018



Se charger à l’extrême comme le Tonnerre –
Et puis – alors que toute chose
Se terre – éclater grandiose –
Voilà – qui serait Poésie

(Emily Dickinson)


Illustration: Pierre-Paul Feyte

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L’OMBRE (Jacques Basse)

Posted by arbrealettres sur 30 juillet 2017



Illustration: Salvador Dali
    
L’OMBRE

l’ombre s’est terrée
dans le jour affaibli
l’âme repose assagie
déjà le temps a passé

ce trouble de la pensée
embaume dans l’instant
le rêve bref et mouvant
que pousse l’ombre portée

la nuit s’assoupit
s’efface l’oubli
le repentir est passé
où la grâce a soufflé

surprenant ce temps
qui trouble l’inconscient
dans une dérive amère

où l’horloge digère
une larme de silence
que le temps balance

(Jacques Basse)

 

Recueil: Le temps des Résonances
Editions: Rafaël de Surtis

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La recherche (Bernard de Louvencourt)

Posted by arbrealettres sur 24 juillet 2017




    
La recherche

Quand l’homme a tout conquis : honneur, gloire et richesse,
Alors qu’il se repose au seuil de ses vieux ans,
Qu’il soit prince, soldat, artiste, paysan,
Il lui vient un désir au cœur, une détresse.

A tous les biens du monde, au luxe, à ses présents,
Il préfère l’amour — cet instant de jeunesse.
Il s’avance à tâtons vers l’éternelle ivresse…
L’amour est dans la vie et dans l’agonisant.

Hélas ! il n’a trouvé le repos de son âme !
Un jour devant ses yeux, l’amour s’est créé femme
Pour son trouble, jeune homme, ou pour son regret, vieux.

Et maintenant qu’il est devant la mort… il pleure
Et cherche encor l’amour dans cet éternel leurre :
La terre au fond du ciel, et l’homme au fond des yeux !

(Bernard de Louvencourt)

 

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Que cherches-tu ? (Eve Saint-Prix)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2017



Que cherches-tu ?

Que cherches-tu dans son regard
Sous sa douleur et sous son fard
Quelle blessure encore ouverte
Quelle absence au fond de son être

Crois-tu donc qu’elle te fasse écho
Que dans ta voix au timbre chaud
Elle reconnaisse ton mystère
Qu’elle t’atteigne où tu te terres

Peut-être au fond vivez-vous
Au diapason de l’amour fou
Mais sans jamais vous reconnaître

Peut-être a-t-elle envie de toi
Peut-être veux-tu qu’elle te voie
Et qu’elle apprenne à te connaître

(Eve Saint-Prix)

 Illustration: Kajan: https://dessinrencontre.com/

 

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Dyptique (Birago Diop)

Posted by arbrealettres sur 26 mars 2017



Dyptique

Le Soleil pendu par un fil
Au fond de la Calebasse teinte à l’indigo
Fait bouillir la Marmite du Jour.
Effrayée à l’approche des Filles du feu
L’Ombre se terre au pied des pieux.
La Savane est claire et crue
Tout est net, formes et couleurs.
Mais dans les Silences angoissants faits des Rumeurs
Des Bruits infimes, ni sourds ni aigus,
Sourd un Mystère lourd,
Un Mystère sourd et sans contours
Qui nous entoure et nous effraie…

Le Pagne sombre troué de clous de feu
Etendu sur la Terre couvre le lit de la Nuit.
Effrayés à l’approche des filles de l’Ombre
Le Chien hurle, le Cheval hennit
L’Homme se terre au fond de la case.
La Savane est sombre,
Tout est noir, formes et couleurs,
Mais dans les Silences angoissants faits des Rumeurs.
Des Bruits infinis ou sourds ou aigus,
Les Sentes broussailleuses du Mystère
lentement s’éclairent
Pour Ceux qui s’en allèrent
Et pour Ceux qui reviennent.

(Birago Diop)


Illustration

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Comment ? (Avrom Sutzkever)

Posted by arbrealettres sur 10 mars 2017



Comment ?

Comment allez-vous donc remplir vos gobelets
le jour de la libération ? Et avec quoi ?
Êtes-vous prêts, tout à votre joie, à supporter
Le hurlement sombre, que vous avez entendu
c’étaient les squelettes des paillettes des jours
Dans un puits sans fond ?

Vous chercherez une clé pour ouvrir
Vos serrures bloquées. Vous mordrez
Les trottoirs, comme du pain,
Réfléchissez : il y a meilleur usage.
Et le temps vous rongera comme un grillon
Pris dans un poing.

Alors, votre mémoire sera comme
Une ancienne ville enterrée
Et vos yeux brouillés se terreront
Comme une taupe, une taupe…

(Avrom Sutzkever)

 

 

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Ne dites pas à un rêve qu’il est de paille (Vénus Khoury-Ghata)

Posted by arbrealettres sur 11 novembre 2015




Ne dites pas à un rêve qu’il est de paille,
il brûlera au contact du matin.

à un village qu’il est soluble dans le brouillard,
il se terrera dans un clocher.

Depuis qu’on a dit au cyprès qu’il est cierge obscur,
Il quémande un emploi auprès des cathédrales
et fond d’amour en pensant aux saintes des vitraux

(Vénus Khoury-Ghata)

 

 

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