Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘se transformer’

Treize vers (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2019



 

Treize vers

Enfin tu as prononcé le mot,
Non pas comme ceux qui ont un genou en terre,
Mais comme quelqu’un qui s’est arraché à la prison
Et qui voit l’ombre sainte des bouleaux
A travers l’arc-en-ciel de larmes involontaires.
Autour de toi le silence a chanté,
L’ombre s’est éclairée d’un soleil pur,
Le monde pour un instant s’est transformé,

(Anna Akhmatova)

Illustration: Irina Vitalievna Karkabi

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Appeler où il n’y a personne (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2019




    
Appeler où il n’y a personne
c’est comme s’appeler soi-même
ou sa part la plus farouche :
l’ombre de son absence.

Et l’appeler là où elle rejoint
l’ombre de toutes les absences.
C’est pourquoi, il est probable
que frapper où il n’y a personne
se transforme en appeler une présence.

Et convoquer une présence
nous mène toujours à rencontrer une absence.

Alors, même si j’en souffre,
il vaut mieux que tu ne sois pas là quand je t’appelle.
Ou si tu l’es, que tu t’éloignes,
pour tenter la rencontre dans l’absence.

***

Llamar donde no hay nadie
es como llamarse a uno mismo
o a su parte más esquiva:
la sombra de su ausencia.

Y llamarla allí donde se junta
con la sombra de todas las ausencias.
Es probablemente por eso
que golpear donde no hay nadie
se convierte en llamar a una presencia.

Y convocar a una presencia
nos lleva siempre a encontrar una ausencia.

Así aunque me duela,
es mejor que no estés cuando te llamo.
O si estás, que te retires,
para ensayar el encuentro en la ausencia.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Quatorzième poésie verticale
Traduction: Sivia Baron Supervielle
Editions: José Corti

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Que notre reconnaissance se transforme en étoiles (Eléonore Sioui)

Posted by arbrealettres sur 3 janvier 2019



images
    
Que notre reconnaissance
Se transforme en étoiles
Pour vous
A chaque jour de l’An Nouveau
Que les fleurs d’amitié et de
Reconnaissance qui prennent vie
Le long des lacs et des rivières de nos bois
Embellissent de leurs secrets
Tous vos moments en cette Nouvelle Année.

Marouane

(Eléonore Sioui)

Découvert ici: https://petalesdecapucines.wordpress.com/

 

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Meubles (Barbara Köhler)

Posted by arbrealettres sur 28 décembre 2018



Meubles

Quitter toute sécurité,
les phrases utilisées, taire
le dit jusqu’à ce qu’il aille,
jusqu’à ce qu’il aille aux choses,
qui se dressent immobiles dans la pièce :
la table
les deux chaises
le lit.
Sortir, fermer la porte, laisser
les choses pour elles,
pour toi.

Tout ainsi se transforme,
et vient le temps :
nous nous rencontrons
dans l’autre, une autre fois
la porte s’ouvre comme ça,
assis sur les chaises, attablés,
assis sur le lit, nous rêvons
encore une fois au retour du bois
dans les forêts.

***

Möbel

Alles Verläßliche verlassen,
die benutzten Sätze, das Besagte
verschweigen bis es geht,
bis zu den Dingen geht,
die im Raum stehen unbewegt :
der Tisch
die zwei Stühle
das Bett.
Hinaus gehen, die Tür schließen, die Dinge
stehen lassen für sich,
dir zu.

So wird alles anders
so wird es Zeit :
wir begegnen im Anderen
einander, ein andermal
öffnet sich so die Tür,
wir sitzen auf den Stühlen, am Tisch,
auf dem Bett träumen wir
noch einmal das Holz zurück
in die Wälder.

(Barbara Köhler)


Illustration: René Magritte

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LE MONOTONE (Norge)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2018



LE MONOTONE

Toujours à se transformer de citron en tisonnier,
de grammaire en dé à coudre et de trousseau de clé en idée préconçue,
ô Virginie, demande-t-il, comment me trouvez-vous ?
Mon pauvre ami, répond Virginie,
vous ne changerez jamais.

(Norge)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La montagne (Anise Koltz)

Posted by arbrealettres sur 20 juillet 2018




    
La montagne
ne mène que vers ses hauteurs

Arrivés à sa cime
elle se transforme en précipice

(Anise Koltz)

 

Recueil: Somnambule du jour Poèmes choisis
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , | Leave a Comment »

Ce dont Lily voulait se saisir (Virginia Woolf)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2018


 


 

Artemisia Gentileschi_autoritratto_1638_-_1639

Ce dont Lily voulait se saisir
était cette irritation même des nerfs,
la chose elle-même
avant qu’elle ne se transforme en autre chose.
Obtenir cela et recommencer;
obtenir cela et recommencer, dit-elle
désespérément,
se projetant fermement contre son chevalet

(Virginia Woolf)

Illustration: Artemisia Gentileschi

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Bizarre (Lewis Carroll)

Posted by arbrealettres sur 22 juin 2018



     


    
-Alice: « Peut être ne vous en êtes vous pas rendu compte jusqu’à présent
mais lorsqu’il vous faudra vous transformer en nymphe (…) et ensuite en papillon,
je pense que cela vous paraîtra plutôt bizarre, ne croyez vous pas?
-Pas le moins du monde » répondit le ver à soie.

(Lewis Carroll)

 

Recueil: Alice au Pays des Merveilles / De l’autre côté du Miroir
Traduction:
Editions: Folio

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le drame de la vie (Henri Cazalis)

Posted by arbrealettres sur 19 juin 2018



Illustration: Bo Bartlett
    
Le drame de la vie perd chaque jour
de sa gravité, de son sérieux,
de son importance, de sa beauté scénique,

et risque de se transformer
en vulgaire et plate comédie bourgeoise
d’une irritante et intolérable médiocrité.

(Henri Cazalis)

 

Recueil: Le livre du Néant
Editions: Alphonse Lemerre

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Fait étrange (Seamus Heaney)

Posted by arbrealettres sur 31 mai 2018




    
Fait étrange : une fois perçu, ce qui s’annonce au loin
Se transforme en présage ;
Et ce qui advient n’est manifeste

Qu’à la lumière de ce qu’on a vécu.
Le septième ciel, peut être :
Toute la vérité d’un sixième sens disparu.

N’importe : le jour où la lumière se brisera sur moi
Comme naguère sur la route après Coleraine
Où le vent s’est fait plus salé, le ciel plus prompt,

Où un lamé d’argent a frémi sur la Bann
Au milieu du canal, entre les poteaux peints,
J’habiterai ce qui m’échappe.

***

Strange how things in the offing, once they’re sensed,
Convert to things foreknown;
And how what’s come upon is manifest

Only in light of what has been gone through.
Seventh heaven may be
The whole truth of a sixth sense come to pass.

At any rate, when light breaks over me
The way it did on the road beyond Coleraine
Where wind got saltier, the sky more hurried

And silver lamé shivered on the Bann
Out in mid-channel between the painted poles,
That day I’ll be in step with what escaped me.

(Seamus Heaney)

 

Recueil: La lucarne
Traduction: Patrick Hersant
Editions: Gallimard

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :