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Poésie

Posts Tagged ‘se transformer’

DÉSIR (Moshe Nadir)

Posted by arbrealettres sur 20 novembre 2019



 

Illustration
    
DÉSIR

Cloches, puissances de la nuit,
Cloches comme des chemises
Je suis déjà vieux, je suis
Un aïeul à tête grise.

Boucles comme des oiseaux,
Ô flot des dorures blondes,
Vous êtes venues trop tard
Vous présenter dans la ronde !

Seins pareils à des soleils
Qui sont le souffle des roses –
Mon poème maintenant
Je ne le pense qu’en prose.

Et ni Vénus ni Sapho,
Ni Aphrodite elle-même
Ne peuvent plus enflammer
Le sang qui coule en mes veines.

Mon désir des blondeurs paille,
Du bleu dont l’oeil se colore –
Voilà qu’il s’est transformé
En tentation de mort.

Une souffrance assoiffée,
Un feu plus fort que la faim –
Vers la calme, vers la douce,
Vers la fin de toutes fins.

Plus que le mâle désir
Je ressens en moi, puissant,
Le voeu de ne plus sentir
Mon propre corps à présent.

Tout nu, de me dévêtir
De cette plaie qu’est la vie,
Ne plus rien donner au songe
Et ne plus rien lui ravir.

(Moshe Nadir)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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Le feu: jolis poissons rouges (Jean Cocteau)

Posted by arbrealettres sur 21 octobre 2019



Le feu: jolis poissons rouges
Endormait le chat fermé
Si par mégarde je bouge
Le chat peut se transformer.

(Jean Cocteau)

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MAIS ELLE (René Char)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2019



MAIS ELLE

Elle ne vit que par sa forme
Elle a la forme d’un rocher
Elle a la forme de la mer
Elle a les muscles du rameur
Tous les rivages la modèlent.

Ses mains s’ouvrent sur une étoile
Et ses yeux cachent le soleil
Une eau lavée le feu brûlé
Calme profond calme créé
Incarnant l’aube et le couchant

Pour en avoir connu le fond
Je sers la forme de l’amour
Elle ce n’est jamais la même
Je sers des ventres et des fronts
Qui s’effacent et se transforment

Fraîche saison promesse chaude
Elle est à l’échelle des fleurs
Et des heures et des couleurs
Niveau de force et de faiblesse
Elle est ma perte de conscience

Mais je refuse son hiver.

(René Char)

 

 

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Treize vers (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2019



 

Treize vers

Enfin tu as prononcé le mot,
Non pas comme ceux qui ont un genou en terre,
Mais comme quelqu’un qui s’est arraché à la prison
Et qui voit l’ombre sainte des bouleaux
A travers l’arc-en-ciel de larmes involontaires.
Autour de toi le silence a chanté,
L’ombre s’est éclairée d’un soleil pur,
Le monde pour un instant s’est transformé,

(Anna Akhmatova)

Illustration: Irina Vitalievna Karkabi

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Appeler où il n’y a personne (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2019




    
Appeler où il n’y a personne
c’est comme s’appeler soi-même
ou sa part la plus farouche :
l’ombre de son absence.

Et l’appeler là où elle rejoint
l’ombre de toutes les absences.
C’est pourquoi, il est probable
que frapper où il n’y a personne
se transforme en appeler une présence.

Et convoquer une présence
nous mène toujours à rencontrer une absence.

Alors, même si j’en souffre,
il vaut mieux que tu ne sois pas là quand je t’appelle.
Ou si tu l’es, que tu t’éloignes,
pour tenter la rencontre dans l’absence.

***

Llamar donde no hay nadie
es como llamarse a uno mismo
o a su parte más esquiva:
la sombra de su ausencia.

Y llamarla allí donde se junta
con la sombra de todas las ausencias.
Es probablemente por eso
que golpear donde no hay nadie
se convierte en llamar a una presencia.

Y convocar a una presencia
nos lleva siempre a encontrar una ausencia.

Así aunque me duela,
es mejor que no estés cuando te llamo.
O si estás, que te retires,
para ensayar el encuentro en la ausencia.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Quatorzième poésie verticale
Traduction: Sivia Baron Supervielle
Editions: José Corti

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Que notre reconnaissance se transforme en étoiles (Eléonore Sioui)

Posted by arbrealettres sur 3 janvier 2019



images
    
Que notre reconnaissance
Se transforme en étoiles
Pour vous
A chaque jour de l’An Nouveau
Que les fleurs d’amitié et de
Reconnaissance qui prennent vie
Le long des lacs et des rivières de nos bois
Embellissent de leurs secrets
Tous vos moments en cette Nouvelle Année.

Marouane

(Eléonore Sioui)

Découvert ici: https://petalesdecapucines.wordpress.com/

 

 

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Meubles (Barbara Köhler)

Posted by arbrealettres sur 28 décembre 2018



Meubles

Quitter toute sécurité,
les phrases utilisées, taire
le dit jusqu’à ce qu’il aille,
jusqu’à ce qu’il aille aux choses,
qui se dressent immobiles dans la pièce :
la table
les deux chaises
le lit.
Sortir, fermer la porte, laisser
les choses pour elles,
pour toi.

Tout ainsi se transforme,
et vient le temps :
nous nous rencontrons
dans l’autre, une autre fois
la porte s’ouvre comme ça,
assis sur les chaises, attablés,
assis sur le lit, nous rêvons
encore une fois au retour du bois
dans les forêts.

***

Möbel

Alles Verläßliche verlassen,
die benutzten Sätze, das Besagte
verschweigen bis es geht,
bis zu den Dingen geht,
die im Raum stehen unbewegt :
der Tisch
die zwei Stühle
das Bett.
Hinaus gehen, die Tür schließen, die Dinge
stehen lassen für sich,
dir zu.

So wird alles anders
so wird es Zeit :
wir begegnen im Anderen
einander, ein andermal
öffnet sich so die Tür,
wir sitzen auf den Stühlen, am Tisch,
auf dem Bett träumen wir
noch einmal das Holz zurück
in die Wälder.

(Barbara Köhler)


Illustration: René Magritte

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LE MONOTONE (Norge)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2018



LE MONOTONE

Toujours à se transformer de citron en tisonnier,
de grammaire en dé à coudre et de trousseau de clé en idée préconçue,
ô Virginie, demande-t-il, comment me trouvez-vous ?
Mon pauvre ami, répond Virginie,
vous ne changerez jamais.

(Norge)

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La montagne (Anise Koltz)

Posted by arbrealettres sur 20 juillet 2018




    
La montagne
ne mène que vers ses hauteurs

Arrivés à sa cime
elle se transforme en précipice

(Anise Koltz)

 

Recueil: Somnambule du jour Poèmes choisis
Traduction:
Editions: Gallimard

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Ce dont Lily voulait se saisir (Virginia Woolf)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2018


 


 

Artemisia Gentileschi_autoritratto_1638_-_1639

Ce dont Lily voulait se saisir
était cette irritation même des nerfs,
la chose elle-même
avant qu’elle ne se transforme en autre chose.
Obtenir cela et recommencer;
obtenir cela et recommencer, dit-elle
désespérément,
se projetant fermement contre son chevalet

(Virginia Woolf)

Illustration: Artemisia Gentileschi

 

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