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Posts Tagged ‘se transmuer’

SYLLABES À ERATO (Salvatore Quasimodo)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2018



Illustration: Edward John Poynter
    
SYLLABES À ERATO

Pour toi se penche le coeur dans la solitude,
exil de sens obscurs
où aime et se transmue
ce qui paraissait nôtre hier
et qui est à présent enfoui dans la nuit.

Des demi-cercles d’air te font un visage
resplendissant et tu m’apparais
au moment où accourt la première angoisse
et je deviens blanc tandis que tarde
la lumière d’un sourire sur ta bouche.

T’avoir c’est te perdre,
mais tant pis : tu es encore belle,
surprise dans la pose gracieuse du sommeil:
sérénité de la mort joie extrême.

***

SILLABE A ERATO

A te piega il cuore in solitudine,
esilio d’oscuri sensi
in cui trasmuta ed ama
cio che parve nostro ieri,
e ora è sepolto nella notte.

Semicerchi d’aria ti splendono
sul volto; ecco m’appari
nel tempo che prima ansia accora
e mi fai bianco, tarda la bocca
a luce di sorriso.

Per averti ti perdo,
e non mi dolgo: sei bella ancora,
ferma in posa dolce di sonno:
serenità di morte estrema gioia.

(Salvatore Quasimodo)

 

Recueil: Et soudain c’est le soir
Traduction: Patrick Reumaux
Editions: Librairie Elisabeth Brunet

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Nuages (Jorge Luis Borges)

Posted by arbrealettres sur 10 mai 2018



 

Nuages

Nulle chose au monde qui n’ait été
nuage. Nuage, les cathédrales,
vitraux bibliques et roc monumental,
que rasera le temps. Et l’Odyssée,
changeante comme la mer. Et distincte
chaque fois que nous l’ouvrons. Ton visage
dans le miroir reflète une autre image
et le jour un incertain labyrinthe.
Nous sommes ceux-là qui partent. Profus
le nuage qui s’efface au couchant
est à notre semblance. Constamment
la rose en autre rose se transmue.
Tu es nuage et mer, tu es oubli.
Tu es aussi les choses qui t’ont fui.

(Jorge Luis Borges)

Illustration: René Magritte

 

 

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Tout se révèle don (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 26 juillet 2017




    
Tout se révèle don, tout
Se transmue en offrande,

Lorsque enfin les âmes se font chant.

(François Cheng)

 

Recueil: La vraie gloire est ici
Editions: Gallimard

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De quelle nuit es-tu venue ? De quel jour? (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 25 juillet 2017



Illustration
    
De quelle nuit es-tu venue ?
De quel jour? Soudain tu es
Au coeur de tout. Les lilas
Ont frémi ; le mot est dit.
Tout prend sens, tout se découvre
Don. Dès lors, tout se transmue :
Le ciel-terre en chair aimante,
En ondes sans fin les instants.

(François Cheng)

 

Recueil: La vraie gloire est ici
Editions: Gallimard

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Dans la brise qui souffle dans l’ombre (António Ramos Rosa)

Posted by arbrealettres sur 8 août 2016



Dans la brise qui souffle dans l’ombre
rien ne s’ouvre
rien ne scintille
Nulle coupole
nuls sillons
nocturnes
Pourtant il y a une vision
presque
comme une tige tendue
qui luit à peine
brusque sursaut
qui se dissémine
à l’intérieur d’elle-même
Et ainsi l’ombre se transmue
en ombre
et respire à notre place

(António Ramos Rosa)

 

 

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