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Poésie

Posts Tagged ‘se vider’

Chaque matin (Tania Sollogoug)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2018



Illustration
    
Chaque matin, je m’installe près de mon baobab.
J’attends que viennent les mots.

Mon esprit se vide doucement avec le bruit de l’eau.
Et cela vient.

(Tania Sollogoug)

 

Recueil: Les babouins du baobab
Traduction:
Editions: Ecole des loisirs

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Mélancolie (Guy Lévis Mano)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2018



 

Olivier Valsecchi  i-dust-11-2009

Mélancolie.
Les corps se joignent et se vident dans le néant en éjaculant.
Les spasmes explosent aux bords des précipices.
Des gouttes de lucidité suintent de ton corps
lorsque tu en sors.

(Guy Lévis Mano)

Illustration: Olivier Valsecchi

 

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La danseuse (Mohammed Dib)

Posted by arbrealettres sur 16 mars 2018




    
La danseuse

Bras ballants, elle
Sous les arbres dansa.

Lui sous les arbres
Pleura. La nuit se vida.

Tempes blafardes alors,
S’éclairèrent les fenêtres.

C’est passé, dit-il.
Plus rien. Une histoire.

Sous les arbres
Ça n’allait pas recommencer.

L’enfant disait :
Non, c’est passé.

(Mohammed Dib)

 

Recueil: Poésies
Traduction:
Editions: De la Différence

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Dans l’herbe (Emilien Chesnot)

Posted by arbrealettres sur 4 janvier 2018



    

dans l’herbe
qui est-il
qui dort en moi
ce sommeil est plus petit qu’un rêve
je sens
les choses se vider
de ma présence

(Emilien Chesnot)

 

Recueil: Faiblesse d’un seul
Traduction:
Editions: Centrifuges

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Je rase le sol (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 19 août 2017



Illustration: Euan Macleod  
    
Je rase le sol sous des nuages de boue
qui font de la rue un trou
qui ne mène qu’à une autre rue.
Chaque porte est un sceau qui protège la douleur des hommes.

A chaque pas, la terre se referme
à chaque regard, le monde se vide
à chaque arrivée, la même maison m’attend sous un soleil
que je voudrais revoir de mes yeux d’enfant.

C’est seulement sur les moissons que se lève la joie,
mais elle reste prise entre les cils, loin du visage.
L’été s’est repu de briques et de toits sanglants
et la nuit mal cachée s’étrangle dans les portes.

Les murs faits du dernier regard de tant de morts
attendent un signe pour tomber sur moi.
En face d’eux, comme mes gestes sont vains,
comme ma façon de mourir sera ridicule.

Aucun chemin ne peut s’arrêter sous mes pieds
au moment où je coule en pleine terre
avec les mots d’amour que je n’ai pas franchis
quand la vie venait vers moi,
libre comme une poitrine de femme.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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A ma mère (Silvia Baron Supervielle)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2017




    
à ma mère enfin aujourd’hui
dédier ces lignes fragiles
qui se vident goutte à goutte
de leurs pauvres prières vaines
ces pensées qui survolent
sa photographie et se retirent
ce rêve indemne incapable
de concevoir tant de beauté
ces heures qui me renvoient
à sa présence impalpable
et à la réalité de son absence
ce sourire qui vient du sien
de son regard limpide offert
à la conversion de l’au-delà
ce silence donné en partage
qui n’a pas de souvenir
alors que son sang coule
dans le mien ébloui

(Silvia Baron Supervielle)

 

Recueil: Sur le fleuve
Editions: Arfuyen

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Je crois entendre (Mathieu Bénézet)

Posted by arbrealettres sur 29 juillet 2017



Illustration: Filippo Vitale
    
Je crois entendre. Un bruit
d’écluse. Je me vide. Je débonde.
Courbée sous l’averse. Comme il fait
froid. Chaque nuit et chaque nuit
mon corps roule et roule sur des berges.
Dans un fleuve. Sous des camions. Dans
des bennes. Détruit. Immobile.
Je voudrais que tu saches. On me frappe
aux tempes. On me frappe aux
tempes. Dans mon sexe suppliant
si bas. Nudité brisée.

(Mathieu Bénézet)

 

Recueil: Pourquoi ce corps que je n’ai pas
Editions: Fissile

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Objets (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 28 juin 2017



Objets

On cherche en vain dans la nuit des soupentes
le couteau disparu, la mince lame
qui partageait la tendresse du pain.

Puis c’est le pain qui fait défaut. Un livre,
un gant, une clef, un bijou frileux
cèdent tour à tour à la contagion.

Partout la main glisse sur une absence.
La maison se vide, et nous sommes seuls,
transpercés par une lueur d’épouvante.

Nous sentons fondre nos dents sous la langue,
nos cheveux jonchent le sol, nos os
déracinés se couchent dans le vent

qui fouille le désert entre les murs,
car dans la nuit s’est brisée la toiture,
avant l’aube du parfait dénuement.

(Jean Joubert)


Illustration: Jacques Place

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Comment faire pour être heureux comme un petit enfant candide (Guillaume Apollinaire)

Posted by arbrealettres sur 4 décembre 2016



Mon coeur et ma tête se vident
Tout le ciel s’écoule par eux
O mes tonneaux des Danaïdes
Comment faire pour être heureux
Comme un petit enfant candide

Je ne veux jamais l’oublier
Ma colombe ma blanche rade
O marguerite exfoliée
Mon île au loin ma Désirade
Ma rose mon giroflier

(Guillaume Apollinaire)


Illustration: Edouard Boubat

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COMMENCEMENT DU SOIR (Giuseppe Ungaretti)

Posted by arbrealettres sur 15 septembre 2016



COMMENCEMENT DU SOIR

Ici la vie se vide
dans une ascèse translucide
de nuages gonflés
que brode le soleil

(Giuseppe Ungaretti)

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