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Poésie

Posts Tagged ‘s’ébrouer’

COURS PRÉPARATOIRE (Paul Fournel)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2021



COURS PRÉPARATOIRE

Les cailloux se font messe basse
ils s’ensecrètent
ils se broient du blanc
ils s’ébrouent
mâchent le vent
que le vent désordonné
Je me retourne et demande qui parle
ils font les étonnés
pas bougé pas parlé
cailloux

(Paul Fournel)


Illustration

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L’amandier sous la lune (Claude Vigée)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2021




    
L’amandier sous la lune

La semence nocturne a mûri dans ma tête,
dans mon nom j’ai scellé l’inconnu sans visage.
Croyant saisir le fruit, l’insecte, l’arc-en-ciel,
et sucer dans le roc l’huile vierge ou le miel,
j’ai glissé vers la nuit sur le miroir des sons :
l’écureuil encagé tourne seul sur sa roue,
au fond du puits rit le silence
où l’abîme s’ébroue.

Sur l’infime épaisseur des mots nous patinons
à reculons depuis l’enfance;
nous chantons, nous dansons
vers l’infini sans regard et sans nom.
A peine un éclair sur la glace,
dans une poésie est inscrite la trace
de l’oiseau qui raya la fragile surface.

***

(Claude Vigée)

Recueil: Anthologie
Traduction: Traduit en langue corénne par Madame Holl Han Kaa
Editions: Revue Arts et Littérature de Corée

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DES L’AUBE… (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 27 décembre 2019



épeautre 51

Dès l’aube, on s’ébroue, on s’étrille :
A grande eau, la merde des langes !
Et puis on s’épile, on s’arrange
Dans la grande psyché du jour.
Déjà, l’on est de vieux amis,
Nous deux le chewing-gum de la vie !

On mâche, on mâche et si, parfois,
C’est la carotide d’un autre,
Des mots bizarres comme « Epeautre »
Ou le soleil tombé d’un toit,
Qu’importe, puisque l’on est là ?
Qu’importe, puisque l’on est sauf ?

(Jean Rousselot)

 Illustration

 

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DES L’AUBE… (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 14 septembre 2019



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DES L’AUBE…

Dès l’aube, on s’ébroue, on s’étrille :
A grande eau, la merde des langes !
Et puis on s’épile, on s’arrange
Dans la grande psyché du jour.
Déjà, l’on est de vieux amis,
Nous deux le chewing-gum de la vie !

On mâche, on mâche et si, parfois,
C’est la carotide d’un autre,
Des mots bizarres comme « Epeautre »
Ou le soleil tombé d’un toit,
Qu’importe, puisque l’on est là ?
Qu’importe, puisque l’on est sauf ?

(Jean Rousselot)

Illustration

 

 

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LES OIES (Gilles Vigneault)

Posted by arbrealettres sur 19 janvier 2019


 


 

oies sauvages

LES OIES

Sur la batture de septembre
De l’autre côté des roseaux
Il a neigé de grands oiseaux
Et cela s’ébroue et se cambre

Et s’appelle à grands coups de bec
Et se nomme mâle et femelle
Un petit vent se lève et mêle
Sa musique aux jeux de l’air sec

Et je suis cet ancien chasseur
Qui, ne chassant plus, les regarde
Et rêve et flâne et tant s’attarde
Qu’il rentre seul, à la noirceur.

(Gilles Vigneault)

Illustration

 

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AUBE (Salah Stétié)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2018



 

Anne Yvonne Gilbert  2

AUBE

L’intuition dit verdure
Mais l’arbre où le saisir ?
Vidé de sa substance absent du ciel et pierres
Ni vallée ni rivière à douceur avant voix
vers lui à disparaître
Au coin du paysage, qu’il emporte ses noix !
Liant en lui et déliant désert et souffle

Mais rien que presque étoile à rayons et rayures

L’intuition est assise avec ses jeunes filles
Anxieuses étonnées sous sa première feuille
Ouvertes endormies
Enfin – rien – mais – lui – s’ébroue

Il faut l’écrire avec ses oiseaux dans la mort

(Salah Stétié)

Illustration: Anne Yvonne Gilbert

 

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Elle avait le regard qu’ont les fleurs de lavande (Francis Jammes)

Posted by arbrealettres sur 23 août 2018



Elle était descendue au bas de la prairie,
et, comme la prairie était toute fleurie
de plantes dont la tige aime à pousser dans l’eau,
ces plantes inondées je les avais cueillies.
Bientôt, s’étant mouillée, elle gagna le haut
de cette prairie-là qui était toute fleurie.
Elle riait et s’ébrouait avec la grâce
dégingandée qu’ont les jeunes filles trop grandes.
Elle avait le regard qu’ont les fleurs de lavande.

(Francis Jammes)


Illustration: Odilon Redon

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Au petit matin (Christiane Barrillon)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2018



Au petit matin
pointe le clocher,
estompe et fusain,
chante l’angelus,
s’ébroue le ruisseau…
Une pluie de plumes
tombe d’un nid d’oiseau.

Pastel, sanguine,
enluminure,
peinture en trois
fils de pinceau…

Ouverture d’ailes et d’yeux.
Lumière en macramé
tendue sur le feuillage.
Patchwork sur les genoux
des vallons et des prés.
Paysage en voyage…

Nuées
Nuances
Dégradés

Minuit
noir et blanc
du damier…

aurores chinoises
au bord du nid…
Minuit,
oiseau nocturne :
pluie de plumes
trempées dans
le bleu de la lune.

(Christiane Barrillon)

Illustration: Vera LP Cauwenberghs

 

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Battant des ailes (Guennadi Gor)

Posted by arbrealettres sur 27 avril 2018



Illustration: Pierre-Auguste Renoir
    
Battant des ailes un corbeau peint dans le ciel.
Guinzburg dans les buissons épie Arina avec ses jumelles.
Voici que son corps blanc tel un lit de plumes se révèle,
D’une main potelée elle a jeté son jupon dans la corbeille,
Voici que l’autre main gratte ses chaudes cuisses,
Voici qu’avec ses seaux dans la rivière elle se glisse,
Ondulant et s’ébrouant toute vive
Voici qu’elle ramène seaux et cuisses sur la rive.
Le corbeau peint toile sur toile avec ses ailes,
Guinzburg dans les buissons épie Arina avec ses jumelles.

***

Ворона взмахами крыла пишет в небе картину
Гинсбург в длинный бинокль смотрит в кустах на Арину,
Вот уж раздела белое тело Арина похожее на перину,
Вот уж сорочку сбросила пухлой рукою в корзину,
Вот уж рукою другого чешет жаркие бедра,
Вот уж в воду идет, неся c собою ведра,
Вот уж колыхаясь и фыркая бодро,
Из речки на берег выходят и ведра и бедра.
Ворона летая все пишет и пишет картину,
Гинсбург в длинный бинокль смотрит в кустах на Арину

(Guennadi Gor)

 

Recueil: Blocus
Traduction: Henri Abril
Editions: Circé

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MACHINE INUTILE (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2018



 

    

MACHINE INUTILE

Une machine à faire du bruit,
qui s’ébroue et supplie et proclame,
pas seulement pour vous faire taire,
peut-être pas pour m’amuser,
construite en mots dépaysés
pour se décolorer l’un par l’autre,
pour entrer dans l’épais du grain
pour y trouer tous les grains,
pour y passer par les trous
pour y pomper l’eau imprenable
dont le courant gronde sans bruit,
machine à capter ce silence
pour vous en mettre dans l’oreille
à grands coups d’ailes inutiles.

(André Frénaud)

 

Recueil: Il n’y a pas de paradis
Traduction:
Editions: Gallimard

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