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Poésie

Posts Tagged ‘s’ébrouer’

DES L’AUBE… (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 14 septembre 2019



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DES L’AUBE…

Dès l’aube, on s’ébroue, on s’étrille :
A grande eau, la merde des langes !
Et puis on s’épile, on s’arrange
Dans la grande psyché du jour.
Déjà, l’on est de vieux amis,
Nous deux le chewing-gum de la vie !

On mâche, on mâche et si, parfois,
C’est la carotide d’un autre,
Des mots bizarres comme « Epeautre »
Ou le soleil tombé d’un toit,
Qu’importe, puisque l’on est là ?
Qu’importe, puisque l’on est sauf ?

(Jean Rousselot)

Illustration

 

 

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LES OIES (Gilles Vigneault)

Posted by arbrealettres sur 19 janvier 2019


 


 

oies sauvages

LES OIES

Sur la batture de septembre
De l’autre côté des roseaux
Il a neigé de grands oiseaux
Et cela s’ébroue et se cambre

Et s’appelle à grands coups de bec
Et se nomme mâle et femelle
Un petit vent se lève et mêle
Sa musique aux jeux de l’air sec

Et je suis cet ancien chasseur
Qui, ne chassant plus, les regarde
Et rêve et flâne et tant s’attarde
Qu’il rentre seul, à la noirceur.

(Gilles Vigneault)

Illustration

 

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AUBE (Salah Stétié)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2018



 

Anne Yvonne Gilbert  2

AUBE

L’intuition dit verdure
Mais l’arbre où le saisir ?
Vidé de sa substance absent du ciel et pierres
Ni vallée ni rivière à douceur avant voix
vers lui à disparaître
Au coin du paysage, qu’il emporte ses noix !
Liant en lui et déliant désert et souffle

Mais rien que presque étoile à rayons et rayures

L’intuition est assise avec ses jeunes filles
Anxieuses étonnées sous sa première feuille
Ouvertes endormies
Enfin – rien – mais – lui – s’ébroue

Il faut l’écrire avec ses oiseaux dans la mort

(Salah Stétié)

Illustration: Anne Yvonne Gilbert

 

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Elle avait le regard qu’ont les fleurs de lavande (Francis Jammes)

Posted by arbrealettres sur 23 août 2018



Elle était descendue au bas de la prairie,
et, comme la prairie était toute fleurie
de plantes dont la tige aime à pousser dans l’eau,
ces plantes inondées je les avais cueillies.
Bientôt, s’étant mouillée, elle gagna le haut
de cette prairie-là qui était toute fleurie.
Elle riait et s’ébrouait avec la grâce
dégingandée qu’ont les jeunes filles trop grandes.
Elle avait le regard qu’ont les fleurs de lavande.

(Francis Jammes)


Illustration: Odilon Redon

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Au petit matin (Christiane Barrillon)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2018



Au petit matin
pointe le clocher,
estompe et fusain,
chante l’angelus,
s’ébroue le ruisseau…
Une pluie de plumes
tombe d’un nid d’oiseau.

Pastel, sanguine,
enluminure,
peinture en trois
fils de pinceau…

Ouverture d’ailes et d’yeux.
Lumière en macramé
tendue sur le feuillage.
Patchwork sur les genoux
des vallons et des prés.
Paysage en voyage…

Nuées
Nuances
Dégradés

Minuit
noir et blanc
du damier…

aurores chinoises
au bord du nid…
Minuit,
oiseau nocturne :
pluie de plumes
trempées dans
le bleu de la lune.

(Christiane Barrillon)

Illustration: Vera LP Cauwenberghs

 

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Battant des ailes (Guennadi Gor)

Posted by arbrealettres sur 27 avril 2018



Illustration: Pierre-Auguste Renoir
    
Battant des ailes un corbeau peint dans le ciel.
Guinzburg dans les buissons épie Arina avec ses jumelles.
Voici que son corps blanc tel un lit de plumes se révèle,
D’une main potelée elle a jeté son jupon dans la corbeille,
Voici que l’autre main gratte ses chaudes cuisses,
Voici qu’avec ses seaux dans la rivière elle se glisse,
Ondulant et s’ébrouant toute vive
Voici qu’elle ramène seaux et cuisses sur la rive.
Le corbeau peint toile sur toile avec ses ailes,
Guinzburg dans les buissons épie Arina avec ses jumelles.

***

Ворона взмахами крыла пишет в небе картину
Гинсбург в длинный бинокль смотрит в кустах на Арину,
Вот уж раздела белое тело Арина похожее на перину,
Вот уж сорочку сбросила пухлой рукою в корзину,
Вот уж рукою другого чешет жаркие бедра,
Вот уж в воду идет, неся c собою ведра,
Вот уж колыхаясь и фыркая бодро,
Из речки на берег выходят и ведра и бедра.
Ворона летая все пишет и пишет картину,
Гинсбург в длинный бинокль смотрит в кустах на Арину

(Guennadi Gor)

 

Recueil: Blocus
Traduction: Henri Abril
Editions: Circé

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MACHINE INUTILE (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2018



 

    

MACHINE INUTILE

Une machine à faire du bruit,
qui s’ébroue et supplie et proclame,
pas seulement pour vous faire taire,
peut-être pas pour m’amuser,
construite en mots dépaysés
pour se décolorer l’un par l’autre,
pour entrer dans l’épais du grain
pour y trouer tous les grains,
pour y passer par les trous
pour y pomper l’eau imprenable
dont le courant gronde sans bruit,
machine à capter ce silence
pour vous en mettre dans l’oreille
à grands coups d’ailes inutiles.

(André Frénaud)

 

Recueil: Il n’y a pas de paradis
Traduction:
Editions: Gallimard

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Un jour, un âne tomba dans un puits (Conte Anonyme)

Posted by arbrealettres sur 12 janvier 2018




    
Un jour, un âne tomba dans un puits.
Durant des heures, l’animal gémit pitoyablement
et le fermier à qui appartenait l’âne se demanda quoi faire.
Finalement, il décida que l’animal était vieux
et que le puits pouvait disparaître.
De toute façon, ni l’un ni l’autre n’était plus rentable.

Il demanda à quelques voisins de venir l’aider.
Tous prirent une pelle et commencèrent à boucher le puits.
Au début, quand l’âne réalisa ce qui se passait,
il se mit à braire horriblement.
Puis, à la stupéfaction générale,
il se tut. La besogne se poursuivit.

Au bout d’un moment,
le fermier finit par regarder au fonds du puits.
Il fut consterné par ce qu’il vit.
Après chaque pelletée qui tombait sur lui,
l’âne s’ébrouait pour rejeter la terre et la piétinait.

Un peu plus tard, l’âne apparut,
sortit du puits et se mit à gambader…

(Conte Anonyme)

 

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Quelle douceur… (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2017



Illustration: Virginie Trabaud
    

Quelle douceur…

Quelle douceur d’allumer un feu de bruyère
A la nuitée et d’y accrocher sa marmite,
De souper en rêvant au seuil de sa chaumière
Quand la lune fleurit comme une clématite,

Et de tendre à une biche familière
Se faufilant silencieuse au ras des branches,
Le reste de son pain et de la voir, légère,
Danser en s’ébrouant par les clairières blanches!

(Marie Dauguet)

 

 

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La divine folie (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 30 juin 2017



Illustration: Alfons Mucha
    
La divine folie

Je veux être celui qui sur sa chevelure
Attache un brin d’ortie avec la grappe mûre,
Qui danse titubant, bestial et divin
Et porte la nature entière dans son sein;
Celui qui sent frémir et couler dans ses moëlles
L’âme errante du vent, des mers et des étoiles,
Accroche à sa ceinture en un même bouquet
La ronce, le chardon, la cigüe et l’oeillet;
Qui, ne distinguant plus son regard de l’aurore,
Sent parmi les couchants sa chair qui s’évapore.
Je veux être celui qui rit dans le soleil
Et savoure le jour ainsi qu’un fruit vermeil;
Le berger ou l’outlaw dormant sur la javelle
Comme un enfant bercé aux genoux de Cybèle.
Je marcherai rêveur, épris de l’inconnu,
Aux sentiers ignorés, froissant de mon pied nu
L’herbe, le laurier rose et l’ingrate bruyère.
Debout sur les sommets, libre dans la lumière,
Mendiant triomphant, je tendrai vers l’éclair
Le geste avide de mes bras à travers l’air.

Je serai le glaneur idéal qui recueille
La rosée au matin,le rayon, le reflet
Du fleuve et s’en nourrit: le gueux dans la forêt
Elevant son palais frissonnant sous les feuilles.
Possesseur des trésors qu’on dédaigne, j’irai
Boire aux lèvres du vent quelque nectar sacré;
Frôler à l’eau qui fuit par les mousses humides
Le torse transparent des pâles néréides;
Et jouissant des odeurs, des sons, voluptueux,
Avec les sens aigus d’un sauvage et d’un dieu,
Je glisserai subtil à l’herbe où le vent joue
Et je serai le bond du dix-cors qui s’ébroue.

Etoiles qui brillez au bord du ciel serein,
Tendresse de la nuit qui monte et qui m’étreint,
Mystérieux baisers, soupirs sur le rivage
Du flot diamanté où se mire un nuage,
Fantômes devinés de blanches déités,
Accordez à mes voeux votre complicité,
Accordez à mon coeur la grâce qu’il implore,
La divine folie! Et toi, morne ellébore,
Que ton rameau flétri se dessèche infécond
Qui guérit de l’ivresse et nous rend la raison.

(Marie Dauguet)

 

 

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