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Poésie

Posts Tagged ‘s’écarter’

Mes cuisses s’écartent (Ariane Dreyfus)

Posted by arbrealettres sur 12 mars 2018



Illustration: Pascal Renoux
    
Mes cuisses s’écartent devant ta main
Tes doigts se mouillant deviennent lumineux

Ce sont des moments comme de chantonner
Ce que je sens j’y pense fort à toi

Il faut toujours s’arrêter en chemin
Un simple contact la scintillation

Mon ventre n’est pas vide tu es si heureux

(Ariane Dreyfus)

 

Recueil: Iris c’est votre bleu
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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LE GRAND SILLAGE (François de Cornière)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
LE GRAND SILLAGE

Pendant la traversée
nous restons accoudés
sans beaucoup parler.

Nous regardons derrière
l’écume impressionnante
et les vagues qui s’écartent
sous nos pieds.

Nous voyons loin le grand sillage.
Il semblait droit il ne l’est pas.
Il remuait il devient plat.
Il était fort il s’évanouit.

La large trace
la mer ouverte en deux
notre chemin
c’était le beau sillage.

Où étions-nous vraiment
pendant la traversée ?

(François de Cornière)

 

Recueil: Ces moments-là
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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TENSION (Inger Christensen)

Posted by arbrealettres sur 30 janvier 2018



Illustration: Edvard Munch
    
TENSION

J’appelle quelqu’un qui appelle
le pont est long et vide
Je cours vers la réconciliation
l’asphalte est violent, les réverbères
qui s’écartent
et les rails enflés
qui traversent le coeur
J’appelle quelqu’un qui appelle
quelqu’un qui appelle …

(Inger Christensen)

 

Recueil: HERBE
Traduction: Janine et Carl Poulsen
Editions: Atelier La Feugraie

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Post-Scriptum (René Char)

Posted by arbrealettres sur 29 décembre 2017




    
Post-Scriptum

Écartez-vous de moi qui patiente sans bouche;
A vos pieds je suis né, mais vous m’avez perdu
Mes feux ont trop précisé leur royaume;
Mon trésor a coulé contre votre billot.

Le désert comme asile au seul tison suave
Jamais ne m’a nommé, jamais ne m’a rendu.

Écartez-vous de moi qui patiente sans bouche :
Le trèfle de la passion est de fer dans ma main.

Dans la stupeur de l’air où s’ouvrent mes allées,
Le temps émondera peu à peu mon visage,
Comme un cheval sans fin dans un labour aigri.

(René Char)

 

Recueil: Fureur et mystère
Traduction:
Editions: Gallimard

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La porte est ouverte (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 14 août 2017



Illustration: Renaud Baltzinger
    
La porte est ouverte entre les murs du soir,
les trappes cèdent sous mes pas haletants.
Au vent sans effort, souffle ta main légère,
suicide simple comme le regard de l’eau.

Le dernier matin de ta vie passe auprès de toi,
écoute battre le dernier jour de la terre,
happe au passage la dernière tige de vent.
Le ciel n’est plus sur tes yeux qu’un peu de buée.

N’appelle personne parmi les hommes :
on ne meurt bien que dans la solitude.
La lumière n’a plus de prises sur ton corps.
Sous ton corps, la terre monte à coups d’épaule.

Pas un mort ne te voit, pas un mort ne te cherche.
L’univers est seul comme une main coupée.
L’éternité s’affole, s’écarte de ta route,
mesure d’étoile en étoile ce qui la sépare de toi.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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VIEUX AVEC CANNE (Tennessee Williams)

Posted by arbrealettres sur 23 juin 2017



    

Illustration: Salvador Dali

VIEUX AVEC CANNE

Les vieux quand ils se promènent
communiquent à distance,
leurs cannes claquant le sol ferré de l’hiver,
un, deux, répondant trois,
aussi irrégulier que le pouls sénile
qui les réchauffe un peu.

Tirées de la pochette qui pend
tel un testicule fané à leur taille ceinturée,
des perles sans lustre passent sans passion de l’un à l’autre ;
Les pierres ternes mais tenaces de la haine
sont entre eux trafiquées en douce.

Et la jeunesse avec honte
s’écarte de qui l’aime,
baisse les yeux et couvre
le lustre de sa nudité,
tousse et ne peut rendre le regard bien-aimé.

Les anciens, les anciens se promènent
sans but dans un paysage terne.
La lune est un faucon, à capuche ;
il va geler. Il va vraiment geler,
quand la cloche du lieu retentira
seules des cannes fanées claqueront sur le triste sol ferré de l’hiver.

***

OLD MEN WITH STICKS

Old men walking abroad
communicate across distances
by sticks clumping the iron earth of winter,
one, two, answering three,
irregular as the senile pulse
that warms them dimly.

Drawn from the pouch that hangs
like a withered testicle at the belted waist,
pearls without luster are passed without passion amongst them;
the dim but enduring stones of hatred
are trafficked amongst them by stealth.

And youth from his lover
draws apart in shame,
looks down and covers
the luster of his nudity,
coughs and cannot return the beloved look.

The ancients, the ancients are walking
aimlessly the dim country.
The moon is a falcon, hooded;
there will be frost. There will indeed be frost
when the bell of space rings
with only withered sticks clumping winter’s iron earth dully.

(Tennessee Williams)

 

Recueil: Dans l’hiver des villes
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: Seghers

 

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Ici rien ne manque (Jack Keguenne)

Posted by arbrealettres sur 13 juin 2017



ici
rien ne manque
tout est à demeure
ce qui s’écarte
n’abandonne aucune image
il n’y a pas de frontière
ni de part ni d’autre
avoir l’identité des fenêtres

(Jack Keguenne)

Illustration

 

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J’ai dans mon coeur (Théophile Gautier)

Posted by arbrealettres sur 13 avril 2017



J’ai dans mon coeur

J’ai dans mon coeur, dont tout voile s’écarte,
Deux bancs d’ivoire, une table en cristal,
Où sont assis, tenant chacun leur carte,
Ton faux amour et mon amour loyal.

J’ai dans mon coeur, dans mon coeur diaphane,
Ton nom chéri qu’enferme un coffret d’or;
Prends-en la clef, car nulle main profane
Ne doit l’ouvrir ni ne l’ouvrit encor.

Fouille mon coeur, ce coeur que tu dédaignes
Et qui pourtant n’est peuplé que de toi,
Et tu verras, mon amour, que tu règnes
Sur un pays dont nul homme n’est roi !

(Théophile Gautier)

Illustration: Abbott Handerson Thayer

 

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L’espace sacré (Jean Mambrino)

Posted by arbrealettres sur 10 novembre 2016



L’espace sacré

L’espace sacré
les murs du Temple
les immenses blocs de pierre
à chaque pas
s’écartent
la lumière
de toutes parts
s’écarte
la voûte à l’infini
a pris la forme du vent

chaque pas est pur
sur la terre vivante
posé
l’un après l’autre
appuyé
sur la substance de la lumière
l’herbe profonde
de la lumière
où aucune trace
désormais
ne s’inscrit

nous ne sommes plus dehors
il n’y a plus de chemin
chaque foulée
adore
touche
l’intouchable
chaque souffle
puise dans le souffle
dont nul ne sait
où il va ni d’où il vient
nous oublierons
nous oublions
nous irons sans savoir
jusqu’à la dernière gorgée
de vie
le hoquet noir
mais déjà
en cet instant

le Jardin.

(Jean Mambrino)

 

 

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LA ROSE EN SA TENEBRE (10) (Jean Tortel)

Posted by arbrealettres sur 20 septembre 2016




LA ROSE EN SA TENEBRE (10)

Elle a l’air ouverte
Quelques pétales s’écartent comme exprès
Pour nous faire croire

Toucher un sein ne suffit pas
Un sein toujours fermé

Celle des sables au moins est dure
On sait qu’elle éclatera
Blessure toute prête attendant de couper

Céder au doigt comme un oiseau
Etre la plaie la peur l’aurore
On l’imagine deviné
Par la tendresse
Ce n’est pas vrai

(Jean Tortel)

 

 

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