Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘s’échauffer’

Heureux (Sergueï Essénine)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2018




    
Heureux qui par un frais automne
largue son âme comme pomme au vent
et contemple le soc du soleil
fendre l’eau bleue de la rivière.

Heureux qui extraie de sa chair
l’incandescent clou des poèmes,
et revêt le blanc vêtement de fête
en attendant que l’hôte frappe.

Apprends, mon âme, apprends à garder
au fond des yeux la fleur de merisier ;
avares sont les sens à s’échauffer
quand du flanc coule un filet d’eau.

Les étoiles carillonnent en silence
Telle la bougie à l’aube, telle la feuille blanche.
Nul n’entrera dans la chambre haute,
je n’ouvrirai la porte à personne.

(Sergueï Essénine)

***

 

Recueil: Journal d’un poète
Traduction: Christiane Pighetti
Editions: De la Différence

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L’empreinte (Anna de Noailles)

Posted by arbrealettres sur 20 juin 2017




L’empreinte

Je m’appuierai si bien et si fort à la vie,
D’une si rude étreinte et d’un tel serrement
Qu’avant que la douceur du jour me soit ravie
Elle s’échauffera de mon enlacement
La mer, abondamment sur le monde étalée
Gardera dans la route errante de son eau
Le goût de ma douleur qui est âcre et salée
Et sur les jours mouvants roule comme un bateau
Je laisserai de moi dans le pli des collines
La chaleur de mes yeux qui les ont vu fleurir
Et la cigale assise aux branches de l’épine
Fera crier le cri strident de mon désir.
Dans les champs printaniers la verdure nouvelle
Et le gazon touffu sur les bords des fossés
Sentiront palpiter et fuir comme des ailes
Les ombres de mes mains qui les ont tant pressés
La nature qui fut ma joie et mon domaine
Respirera dans l’air ma persistante odeur
Et sur l’abattement de la tristesse humaine
Je laisserais la forme unique de mon cœur

(Anna de Noailles)

Illustration: Jean Paul Avisse

 

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L’empreinte (Anna de Noailles)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2016



L’empreinte

Je m’appuierai si bien et si fort à la vie,
D’une si rude étreinte et d’un tel serrement
Qu’avant que la douceur du jour me soit ravie
Elle s’échauffera de mon enlacement

La mer, abondamment sur le monde étalée
Gardera dans la route errante de son eau
Le goût de ma douleur qui est âcre et salée
Et sur les jours mouvants roule comme un bateau

Je laisserai de moi dans le pli des collines
La chaleur de mes yeux qui les ont vu fleurir
Et la cigale assise aux branches de l’épine
Fera crier le cri strident de mon désir.

Dans les champs printaniers la verdure nouvelle
Et le gazon touffu sur les bords des fossés
Sentiront palpiter et fuir comme des ailes
Les ombres de mes mains qui les ont tant pressés

La nature qui fut ma joie et mon domaine
Respirera dans l’air ma persistante odeur
Et sur l’abattement de la tristesse humaine
Je laisserais la forme unique de mon cœur

(Anna de Noailles)

Découvert chez Lara ici

Illustration: Albert Lynch

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