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Poésie

Posts Tagged ‘secouer’

LA FIN DU POÈME (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 15 avril 2019



Illustration
    
LA FIN DU POÈME

C’est la fin du poème.
Épaisseur et transparence, lumière et misère — les jeux sont faits.

On avait commencé par la rime pour enfants.
On avait cherché des ondes de choc dans d’autres rythmes.
On avait gardé le silence, ensuite murmuré :
on cherchait a se rapprocher du bruit que fait le coeur
quand on s’endort ou du battement des portes quand le vent souffle.

On croyait dire et on voulait se taire.
Ou faire semblant de rire.
On voulait surtout sortir de son corps, se répandre partout,
grandir comme une ombre sur la montagne, sans se perdre, sans rien perdre.

Mais on avait compté sans la dispersion souveraine.
Comment feindre et même oublier, quand nos débris sont jetés aux bêtes de l’espace,
— qui sont, comme chacun sait, plus petites encore que tout ce qu’il est possible de concevoir.
Le vertige secoue les miettes après le banquet.

(Jean Tardieu)

 

Recueil: L’accent grave et l’accent aigu
Traduction:
Editions: Gallimard

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HIER FUT LA FIN (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 15 avril 2019




    
HIER FUT LA FIN

Hier fut la fin le chaos
l’indiscernable. Mais
de l’horreur naquit le passage entre
les blocs.
Vint le frisson
secouant les rafales
soubresauts de l’obscur.
S’avança le silence
ordonnateur inventeur
de pauses, d’oublis souverains.
Il fut permis de voir d’entendre
d’accéder aux cimes froides
où clame la clarté
où tout commence
avec la pointe et l’éclair
le rythme et la faux le secret
la fuite joyeuse des temps, le cruel
message à déchiffrer
puis à déchirer à jeter,
le peu à peu le bientôt
le jamais encore
l’ombre aux abois le peut-être
les lueurs
futures
le feu qui grandit
le souffle

porteur de la parole.

Mais c’est le souffle aussi
qui saura seul
éteindre tout
pour rendre à la Nuit
son empire.

(Jean Tardieu)

 

Recueil: L’accent grave et l’accent aigu
Traduction:
Editions: Gallimard

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Vous adorez les roses (George Eliot)

Posted by arbrealettres sur 14 avril 2019



Vous adorez les roses – moi aussi.
Je voudrais que le ciel fasse pleuvoir des roses,
Comme elles pleuvent du buisson secoué par le vent.
Pourquoi cela ne serait-il pas ?

Alors toute la vallée serait rose et blanche
Et si douce au pas du marcheur: Elles tomberaient aussi légères
Que les feuilles, dans une douce odeur: et ce serait
Comme dormir et s’éveiller tout ensemble.

(George Eliot)

 

 

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Le papillon (Alphonse de Lamartine)

Posted by arbrealettres sur 21 mars 2019



 

Le papillon

Naître avec le printemps, mourir avec les roses,
Sur l’aile du zéphyr nager dans un ciel pur,
Balancé sur le sein des fleurs à peine écloses,
S’enivrer de parfums, de lumière et d’azur,
Secouant, jeune encor, la poudre de ses ailes,
S’envoler comme un souffle aux voûtes éternelles,
Voilà du papillon le destin enchanté!
Il ressemble au désir, qui jamais ne se pose,
Et sans se satisfaire, effleurant toute chose,
Retourne enfin au ciel chercher la volupté!

(Alphonse de Lamartine)

Illustration: ArbreaPhotos

 

 

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Forêt (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 28 février 2019




    
Forêt

Dans la forêt après la pluie
les arbres brusquement
secouent leurs idées noires
en flaques flasques
sur nos épaules

Parvenus à la lisière
les premières semailles d’automne
brillent vert vif
et le ciel essaie
un arc-en-ciel tout neuf
qui va à merveille
à son gris clair

(Claude Roy)

 

Recueil: À la lisière du temps suivi de Le voyage d’automne
Traduction:
Editions: Gallimard

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STAR (Fernando Pessoa)

Posted by arbrealettres sur 17 novembre 2018



Illustration: Renaud Baltzinger
    
STAR

Mon âme s’est cassée
Je m’éparpille en moi…
Une peur
Me bascule, me secoue
Pas de coin où ma peur se cloue
A un sommeil oublieux.

(Fernando Pessoa)

 

Recueil: Poèmes français
Traduction:
Editions: de la Différence

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Au seuil du foyer (Tommaso Landolfi)

Posted by arbrealettres sur 20 octobre 2018



Au seuil du foyer
Par la ronde et haute fenêtre
Je te voyais branler,
Branche d’hiver décharnée,
Et ne pouvais ou ne voulais comprendre
Si c’était message ou menace.
Etait-ce le vent
Qui te secouait par moments ?
Etait-ce le mouvement
De la faux moissonneuse de la mort ?
D’une indicible angoisse
Je t’étais redevable :
Ne pas m’abandonner à la tiédeur
Provisoire du feu et percevoir le gel
De ce pauvre ciel.

Alors, il n’était pas clair ton message.
Maintenant, devenu sage, je sais
Maintenant je sais
Que tu me disais non.

***

Dalla soglia del focolare
Attraverso la tonda, alta finestra
Ti vedevo brandire,
Spoglio ramo invernale,
Né potevo o volevo capire
Cosa tu m’annunciassi o minacciassi.
Era il vento
Che ti scoteva a tratti ?
Era il movimento
Della falce fienaia della morte
Ma di un’invincibile angoscia
Io t’ero debitore,
Ché non m’abbandonassi al tepore
Provvisorio del fuoco, ché percepissi il gelo
Di quel povero cielo.

Pure, non m’era chiaro il tuo messaggio.
Ora so, the son saggio,
Ora so
Che mi dicevi di no.

(Tommaso Landolfi)

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LA DANSE DES FLEURS (Pierre Louÿs)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2018




    
LA DANSE DES FLEURS

Anthis, danseuse de Lydie, a sept voiles autour d’elle.
Elle déroule le voile jaune, sa chevelure noire se répand.
Le voile rose glisse de sa bouche.
Le voile blanc tombé laisse voir ses bras nus.

Elle dégage ses petits seins du voile rouge qui se dénoue.
Elle abaisse le voile vert de sa croupe double et ronde.
Elle tire le voile bleu de ses épaules,
mais elle presse sur sa puberté le dernier voile transparent.

Les jeunes gens la supplient : elle secoue la tête en arrière.
Au son des flûtes seulement, elle le déchire un peu,
puis tout à fait, et, avec les gestes de la danse,
elle cueille les fleurs de son corps.

En chantant : « Où sont mes roses ? où sont mes violettes parfumées ?
Où sont mes touffes de persil ?
— Voilà mes roses, je vous les donne.
Voilà mes violettes, en voulez-vous ?
Voilà mes beaux persils frisés. »

(Pierre Louÿs)

 

Recueil: Les chansons de Bilitis
Traduction:
Editions: Gallimard

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C’est là (Jacques Ancet)

Posted by arbrealettres sur 15 juillet 2018



C’est là

Où t’es tu caché. Je te poursuis,
je traverse la boue des marais,
j’entre dans l’hésitation des bois,
je cherche. Le vent secoue les feuilles,
me rapporte une odeur de brûlé,
frotte mon visage de lumière.
Je n’y vois plus et c’est un pré vide
avec au centre une seule vache.
Elle cesse de brouter. C’est là.

(Jacques Ancet)

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Il y avait des bras nus (Malcom Lowry)

Posted by arbrealettres sur 2 juillet 2018




    
Il y avait des bras nus
au milieu des lessives
secouées par l’orage.

(Malcom Lowry)

 

Recueil:
Traduction:
Editions:

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