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Poésie

Posts Tagged ‘s’écouler’

Où lancer mes désirs (Federico Garcia Lorca)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2020



Onde, où t’en vas-tu?…

Onde, où t’en vas-tu?
Je m’écoule en riant
jusqu’au bord de la mer.

Nuit, où t’en vas-tu?
Remontant le cours d’eau, je cherche
la fontaine où me reposer.

Que fais-tu, toi, peuplier?

Je ne veux rien te dire.
Je ne puis que trembler!

Où lancer mes désirs
par le fleuve et la mer?

(Quatre oiseaux se sont posés
sans but sur le haut peuplier.)

(Federico Garcia Lorca)

Illustration: Henri Martin

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Le Temps (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 3 avril 2020



Le Temps

Les jours s’écoulent
Dans des images égarées
Remonter le temps
C’est redescendre dans le passé
Où les minutes d’attente
Furent des heures d’angoisse
Je gratte le vernis
Sur des couleurs trop vives
Et oublie les moments de joie
Pour des instants de souffrance

A l’adolescence les premières amours
Causes de blessures
Jamais vraiment cicatrisées
Relèguent les jeux naïfs de l’enfance
Dans les malles du grenier

Je cours toujours vers ma jeunesse qui se dérobe

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration: Paul Delvaux

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Noël (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2019




    
Noël

Du village nocturne naissent les mille tours d’une cité
des paons blancs tristement
parcourent les cours
où l’eau retient le ciel d’étoiles
où la lune s’écoule des seaux
au frisson hésitant du vent.

Le bruit des attelages secoue les granges infinies
les verrous glissent sans bruit
et les portes soupirent
libérant l’ombre des chevaux

Pâles avec une lenteur de songe
du ciel tombent
les pétales des routes de minuit

Qui donc pose aux marguerites de l’hiver
la question d’amour ?

(Alain Borne)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Curandera

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Sous les niaoulis (Louise Michel)

Posted by arbrealettres sur 22 décembre 2019



Sous les niaoulis

Sous les niaoulis, les arbres des tribus,
Nous écoutons les flots aux murmures confus.

Il faut que l’aurore se lève;
Chaque nuit recèle un matin.
Pour qui la veille n’est qu’un rêve,
L’herbe folle deviendra grain.
Les flots roulent, le temps s’écoule,
Le désert deviendra cité.
Sur les mornes que bat la houle
S’agitera l’humanité.

Nous apparaîtrons à ces âges
Comme nous voyons maintenant
Devant nous les tribus sauvages,
Dont les rondes vont tournoyant;
Et de ces races primitives,
Se mêlant au vieux sang humain,
Sortiront des forces actives
L’homme monte comme le grain.

Sur les niaoulis gémissent les cyclones.
Sonnez, ô vents des mers vos trompes monotones!

(Louise Michel)


Illustration

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En secret seul je me hâte (Michel Butor)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2019




    
En secret seul je me hâte
vers le lieu de nos rencontres
tant d’années sont écoulées
J’y suis toujours enfermé

(Michel Butor)

 

Recueil: Collation précédé de HORS-D’OEUVRE scandés par les SOUVENIRS ILLUSOIRES D’UN JAPON TRES ANCIEN
Traduction:
Editions: Seghers

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Dit au soir (Ingerborg Bachmann)

Posted by arbrealettres sur 17 novembre 2019



Illustration: Niko Guido
    
Dit au soir

Mes doutes, amers et inassouvis,
s’écoulent dans les profondeurs du soir.
La fatigue chante à mon oreille.
j’écoute…
Ce n’était pourtant qu’hier !
Cela vient et pourtant repart !

Je connais les chemins du sommeil jusqu’aux contrées
les plus tendres.
Je ne veux jamais plus y aller.
Je ne sais pas encore où le lac sombre
accomplira mon tourment.
Il y aurait là-bas un miroir,
clair et impénétrable,
désireux de nous montrer,
étincelants de douleur,
le fond et la raison des choses.

***

Dem Abend gesagt

Meine Zweifel, bitter und ungestillt,
versickern in den Abendtiefen.
Müdigkeit singt an meinem Ohr.
Ich lausche…
Das war doch gestern schon!
Das kommt und geht doch wieder!

Die Schlafwege kenn ich bis ins süßeste Gefild.
Ich will dort nimmer gehen.
Noch weiß ich nicht, wo mir der dunkle See
die Quai vollendet.
Ein Spiegel soll dort liegen,
klar und dicht,
und will uns,
funkelnd vor Schmerz,
die Gründe zeigen.

(Ingerborg Bachmann)

 

Recueil: Toute personne qui tombe a des ailes
Traduction: Françoise Rétif
Editions: Gallimard

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Rien n’est ici-bas qui ne meure… (Jules Carrara)

Posted by arbrealettres sur 7 novembre 2019



Rien n’est ici-bas qui ne meure ;
Il n’est pas de ciel toujours bleu…
Nous possédons ce qui demeure,
L’amour, don suprême de Dieu.

Les jours s’écoulent comme un fleuve
Que nul n’a jamais remonté…
La source où notre âme s’abreuve
Est vive pour l’éternité.

Toute vie est une heure brève ;
Tout avenir, un voile épais…
Puisse Dieu faire à notre rêve
Un asile d’ombre et de paix !

Sur le morne Océan des choses,
Bien des départs sont sans retours…
Puissions-nous au milieu des roses
Trouver un nid pour nos amours !

(Jules Carrara)

 

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Je ne veux pas mourir (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 14 septembre 2019



Illustration: Josephine Wall
    
Je ne veux pas mourir

Je refuse de mourir dans ce monde si beau,
Je désire vivre parmi les hommes,
Sous ces rayons du soleil au milieu de ces parterres
Si je trouvais un coin dans un coeur vivant.
Le jeu de la vie s’écoule le long de la terre,
Eloignements et rapprochements accompagnent les rires et les pleurs,
Si je peux créer une demeure immortelle
En composant une chanson avec la joie et la peine humaines.
Sinon, que je puisse me réfugier
Au milieu de vous tous pour le reste de ma vie :
Puis-je aider à s’épanouir un bouquet de chanson toujours nouvelles
Pour que tu puisses les cueillir à l’aube et à la tombée de la nuit.
Ayant accepté ces fleurs avec un sourire
Les jeter lorsqu’elles auront fané.

***

Life

I do not want to die out in this beautiful world,
I long to live among men,
Under this sunlight, in this grove of flowers
If I find a place inside a living heart.
The play of life is ever flowing on earth,
Separation, reunion accompanying laughter and tears,
If I can create an immortal abode
By composing a song with human joy and sorrow.
If I cannot, let me have my refuge
In your midst for the rest of my life :
May I help blossoming flowers of ever new songs
For you to pluck at dawn and at dusk.
After accepting those flowers with a smiling face
Throw them away once the flowers will have faded.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: Tantôt Dièse, Tantôt Bémol
Traduction: Prithwindra Mukherjee
Editions: Shahitya Prakash

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Les passages pour piétons (Tawara Machi)

Posted by arbrealettres sur 27 août 2019



Dans le fleuve de taxis qui s’écoule
à deux heures du matin continuent de dormir
les passages pour piétons

(Tawara Machi)

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La vie s’écoule à petits coups (Michel Houellebecq)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2019


 


 

La vie s’écoule à petits coups
Les humains sous leur parapluie
cherchent une porte de sortie
entre la panique et l’ennui

(Michel Houellebecq)

Découvert chez Lara ici

Illustration: René Magritte

 

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