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Poésie

Posts Tagged ‘s’écouler’

Bleuet et Coquelicot (J.J. Grandville)

Posted by arbrealettres sur 17 mai 2019



Bleuet et Coquelicot

—Encore une journée de bonheur qui vient de s’écouler
ma chère Bleuette.
—Et qui recommencera demain, ma chère Coquelicot.
—Regrettes-tu ton ancienne forme?
—Non.
—Ni moi, non plus.
—Nous avons bien fait de choisir ce modeste village
pour y vivre tranquillement.
Le bonheur n’est qu’aux champs.
—Avec Lucas qui est si bon.
—Et avec Blaise, qui joue si bien de la musette.
—Rien n’est doux au monde comme d’être femme.
—Pour être heureuse, il faut avoir un coeur.
Puis les deux jeunes filles se mettaient devant leur miroir.
—Ne suis-je pas plus jolie que lorsque j’étais simple bleuet?
demandait l’une.
—Qui ne me préférerait à tous les coquelicots de la terre?
répondait l’autre.

Voilà ce que la bergère Brune et la bergère Blonde
se disaient chaque soir, après quoi elles s’embrassaient,
et s’endormaient jusqu’aux premiers roucoulements de leurs tourterelles.

(J.J. Grandville)

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Lorsqu’on tue l’abeille (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 16 mai 2019



 

Lorsqu’on tue l’abeille,

Vient aussitôt la peur
Que s’écroule
Ou que s’écoule un monde

Tangentiel au nôtre
Ou l’englobant.

(Guillevic)

 

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On le sait (Jean Pérol)

Posted by arbrealettres sur 11 mai 2019



Illustration: Vladimir Kush
    
On le sait

On le sait par cette écume
où frissonnent nos poitrines
par ce phare qui s’allume
cette voile qui s’incline

le vent glisse sur la toile
bruit de sable qui s’écoule
on le sait qu’on va chez toi
l’acharnée où mon sang roule

sur la côte tremble un feu
on le sait qu’on nous attend
vague à vague creux par creux
que s’affale cet élan.

(Jean Pérol)

 

Recueil: Poésie I (1953-1978)
Traduction:
Editions: De la Différence

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Dialogue (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 5 mai 2019




Illustration: ArbreaPhotos
    
Dialogue

Le soleil du premier jour
Avait interrogé
L’émergence nouvelle de l’Être :
Qui donc es-tu ?
Point de réponse.

Années après années se sont écoulées,
Le dernier soleil du jour
Posa la dernière question
au bord de l’océan du couchant,
Par le soir muet :
Qui donc es-tu ?
Il n’y eut pas de réponse.

***

Dialogue

The sun of the first day
Had asked
At the new advent of the Being :
Who are you ?
No answer came.

Year after year passed.
The last sun of the day
Uttered the last question on the shore
of the Western sea,
By a mute evening :
Who are you ?
Received no answer.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: Tantôt Dièse, Tantôt Bémol
Traduction: Prithwindra Mukherjee
Editions: Shahitya Prakash

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Le chant que je devais chanter (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 22 avril 2019




    
Le chant que je devais chanter n’a pas été chanté jusqu’à ce jour.
J’ai passé mes jours à accorder et à désaccorder ma lyre.
Je n’ai pu trouver le juste rythme;
les mots n’ont pas été bien assemblés;
il reste seulement l’agonie du souhait dans mon coeur.
La fleur ne s’est pas ouverte; seulement, auprès d’elle, le vent soupire.
Je n’ai pas vu sa face, je n’ai pas prêté l’oreille à sa voix;
seulement, j’ai entendu ses pas tranquilles sur la route devant ma maison.
Tout le long jour de ma vie s’est écoulé tandis que je dressais dans ma maison son siège;
mais la lampe n’a pas été allumée, et je ne puis l’inviter à entrer.
Je vis dans l’espoir de sa rencontre;
mais cette rencontre n’est pas encore.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: L’offrande lyrique
Traduction: André Gide
Editions: Gallimard

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LES NUAGES PASSENT (George Bacovia)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2019



LES NUAGES PASSENT

Je n’écrirai plus rien aujourd’hui…
Un peu de vin, une cigarette…
Et passent les heures de midi
Telles de fugaces silhouettes…

Ce qui est important, c’est ceci,
Que toujours, par toute la planète,
S’écoulent les heures de midi
Telles de fugaces silhouettes…

(George Bacovia)

 

 

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VERSET ROMANCE (George Bacovia)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2019



VERSET ROMANCE

Plus ne puis te chanter
Des romances
Tout s’est tu autour de moi,
Ma vie s’écoule facticement,
Et point ne trouve de chant nouveau…

Agent secret fut mon amour
Mais point ne sais
Quand il s’est démasqué.
Plus ne puis te chanter
Des romances,
Et il est sûr
Que les ai oubliées…

(George Bacovia)

 

 

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Il y a un langage qui ne parle pas au nom d’un moi (Joë Bousquet)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2019



Il y a un langage qui ne parle pas au nom d’un moi,
mais au nom d’une vie et dévoile une conscience qui verrait son instant du dehors
— comme si le présent qu’elle vit était l’allégorie de son être entier
et ce qui tourne à sa gloire dans les instants qui vont s’écoulant.

(Joë Bousquet)

Illustration: Carol Carter

 

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AUBE DE L’ESPOIR (Anna Keiko)

Posted by arbrealettres sur 15 février 2019



Illustration: Lucie Llong   
    
AUBE DE L’ESPOIR

La lumière de l’aube
efface les traces de la nuit
implacable le temps s’écoule
j’aimerais pourtant qu’il s’arrête
telle une photo fixée sur la lentille de la caméra
car aussi précieux que le fruit de l’arbre est l’amour
semblable à la lune qui s’élève la nuit
c’est ainsi que tu es, mon amour, quoi qu’il arrive
où que tu sois, je te garde en mon cœur
depuis que je t’aime mon monde a changé
parce que deux cœurs ont trouvé une maison de tendresse
des rayons de soleil jouent les cordes sensibles de l’amour
soulèvent l’aube de l’espoir.

***

日出之光

黎明
覆盖夜的痕迹
时间流逝
我的希望无法停止
像相机镜头固定的照片
像树上的果实,珍贵
像月亮晚空升起
所以,我的爱,无论发生什么
无论你在哪里,你都在我心中
你的出现,改变了我的世界
两颗流浪的心终于找到温柔之家
阳光照射在爱情的心弦上
点燃希望的曙光。

***

SUNRISE OF HOPE

The light of dawn
erases the traces of the night
relentlessly, time goes on flowing
although I wish it would stop
like a picture fixed by the camera’s lens
because as valuable like fruit in a tree is love
Like the moon ascending at night
so you are, my love, whatever happens
wherever you are, I keep you in my heart
since I am in love with you my world has changed
because two hearts found a home of tenderness
sunrays play on the heartstrings of love
lighting up the dawn of hope.

(Anna Keiko)

***

ZORII SPERANȚEI

Lumina zorilor
șterge urmele nopții
se scurge timpul nepăsător
deși eu aș vrea să-l opresc
fixat pe lentilă ca un clișeu de dor,
căci prețioasă ca rodul bogat e iubirea.
Asemenea lunii ce se-nalță în noapte
ești tu, dragostea mea, orice s-ar întâmpla
te port în inimă oriunde fiind,
de când te iubesc, alta e lumea mea,
în locașul tandreței două inimi încap
razele soarelui dau glas corzilor iubirii
spre zorii speranței cântec suind.

 

Recueil: ITHACA 576
Traduction: Germain Droogenbroodt – Elisabeth Gerlache / Chinois original / Anglais / Roumain Passionaria Ivanov /
Editions: POINT

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Le passage du présent à un autre présent (Maurice Merleau-Ponty)

Posted by arbrealettres sur 18 novembre 2018



Le passage du présent à un autre présent,
je ne le pense pas, je n’en suis pas le spectateur,
je l’effectue, je suis déjà au présent qui va venir
comme mon geste est déjà à son but,
je suis moi même le temps,
un temps qui « demeure » et ne « s’écoule » ni ne « change »
comme Kant l’a dit dans quelques textes.

(Maurice Merleau-Ponty)

 

 

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