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Poésie

Posts Tagged ‘secrète’

On voudrait croire (Jean-Claude Pirotte)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2019



on voudrait croire ici-bas
que nous parle une voix d’en haut
quelquefois la jeune servante
occupée à cirer le plateau
d’une table ancienne
suspend son geste écoute
naître au loin la chanson secrète
et s’approche de la fenêtre
alors qu’apparaît le marchand d’oublies

(Jean-Claude Pirotte)


Illustration

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Un dieu a versé des larmes (Piero Bigongiari)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2019



 

Toshiyuki Enoki

Un dieu a versé des larmes

Etait-ce une souffrance insensée
qui t’avait valu l’offrande
de ses larmes ? C’était comme une rosée
que la nuit aurait déposée sur les fleurs
le long de la route endolorie
des pensées les plus secrètes.

(Piero Bigongiari)

Illustration: Toshiyuki Enoki

 

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Ecoute (Robert Gelis)

Posted by arbrealettres sur 28 décembre 2018



Ecoute
Le premier cri du jour
Dans son lit de velours
Les soupirs atténués
Du vent dans les nuées
L’haleine parfumée
Des terres embrumées
La rumeur imprécise
Des forêts sous la brise
La vibration limpide
De l’étang qui se ride
Le murmure gercé
De la source blessée
La mélodie secrète
Des rivières discrètes
Ecoute
L’orchestre palpitant
De la vie et du temps.

(Robert Gelis)


Illustration

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EXIL (Alejandra Pizarnik)

Posted by arbrealettres sur 12 novembre 2018




EXIL

Cette manie de me savoir un ange,
sans âge,
sans mort où me vivre,
sans piété pour mon nom
ni pour mes os qui pleurent à la dérive.

Et qui n’a pas un amour ?
Et qui ne jouit pas parmi des coquelicots ?
Et qui ne possède pas un feu, une mort,
une peur, une chose horrible,
même avec des plumes,
même avec des sourires ?

Sinistre délire que d’aimer une ombre.
L’ombre ne meurt pas.
Et mon amour
n’embrasse que ce qui flue
comme lave de l’enfer :
une loge secrète,
fantômes en douce érection,
prêtres d’écume
et surtout anges,
anges radieux comme des couteaux
qui se lèvent dans la nuit
et dévastent l’espérance.

(Alejandra Pizarnik)

Illustration: Paul Delvaux

 

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Je te comprends (Balbino)

Posted by arbrealettres sur 23 août 2018


 


 

Ana Cruz 507_2

Je te comprends

Je te comprends
quand tu lis dans mon dos
des B.D.
masochistes
pendant que moi j’écris
de quoi remplir ma nuit
d’une paix
relative.
Je te comprends
avec tes mots croisés
ma définition
reste à perdre…
Je te comprends
quand
la nuit a vrillé
et que mes mains se crispent
comme celles
d’un
foudroyé.
Je te comprends
quand tes urgences crient
sous l’assaut
de patients
ivres morts.
Je te comprends
car nous parlons
un dialecte
une langue secrète
naufragée…

(Balbino)

Illustration: Ana Cruz

 

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Les Grenades (Paul Valéry)

Posted by arbrealettres sur 30 juillet 2018



 

grenades

Les Grenades

Dures grenades entr’ouvertes
Cédant à l’excès de vos grains,
Je crois voir des fronts souverains
Éclatés de leurs découvertes !

Si les soleils par vous subis,
Ô grenades entre-bâillées,
Vous ont fait d’orgueil travaillées
Craquer les cloisons de rubis,

Et que si l’or sec de l’écorce
A la demande d’une force
Crève en gemmes rouges de jus,

Cette lumineuse rupture
Fait rêver une âme que j’eus
De sa secrète architecture.

(Paul Valéry)

Découvert ici chez laboucheaoreilles

Illustration

 

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L’amande (Muhammad al-Amir ibn Shâraz)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2018




L’amande

Au coeur de l’amande dort
la fortune secrète
de l’amour.

Sous l’odorant velours
qui verdit
le coin ensoleillé du désir,
la lune parfois est douce,
parfois distille de l’amertume.

(Muhammad al-Amir ibn Shâraz)

 

 

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Elle a rejoint le choeur des autres astres (Alexandre Blok)

Posted by arbrealettres sur 14 mai 2018




Elle a grandi par-delà les montagnes,
Née dans la solitude des vallées.
Aucun de nous n’a pu jeter sur elle
Un regard de désir. Elle était seule.
L’astre immortel regardait chaque jour
Resplendir son aurore pure.
Elle montait vers lui comme une fleur,
Gardait en elle une trace secrète.
Dans le désir et l’angoisse elle est morte;
Aucun de nous n’a contemplé sa cendre…
Elle a fleuri soudain parmi l’azur,
Triomphante, dans un ailleurs, sur d’autres cimes.
Elle vit maintenant parmi la neige.
Insensés! Qui de vous as visité son temple?
Elle a fleuri par-delà les montagnes,
Elle a rejoint le choeur des autres astres.

(Alexandre Blok)

Illustration: Anne-Louis Girodet de Roussy-Trioson

 

 

 

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Je lève mon cœur lourd solennellement (Elizabeth Browning)

Posted by arbrealettres sur 12 mai 2018



Je lève mon cœur lourd solennellement,
Comme Electre son urne sépulcrale,
Et, regardant dans tes yeux, je renverse
Les cendres à tes pieds. Vois, sois témoin
De la peine secrète amassée en moi,
Et comme les sauvages étincelles rougissent
La couleur des cendres. Si ton pied méprisant
Pouvait les refouler dans les ténèbres
Ce serait bien, peut-être. Au contraire si
Tu attends près de moi que le vent souffle
Cette poudre grise, … ces lauriers sur ta tête,
Ô mon aimé, ne te préserveront
Pas si bien que nul feu ne puisse roussir
Tes cheveux. Eloigne-toi donc de moi. Va.

(Elizabeth Browning)

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À TRIBORD (Gilles Vigneault)

Posted by arbrealettres sur 11 mai 2018



 

À TRIBORD

Et moi qui suis ici
Qui n’en partirai guère
Je sais le bruit que font les vagues
Sur les galets de là-bas
Et je l’entends au moindre recoin de silence
Je connais l’odeur de l’iode
Et du sel
Et je la sens au moindre souffle de vent frais
Et tout cet horizon
Bordé à l’infini
De rivages pareils et différents
Qui se déroule parfois
Devant la mer qui se retire
Pour montrer un instant sa secrète demeure

Et c’est pour les nuages
Et les épaves paresseuses
Que tout a lieu

Quand le vent passera
Moi qui suis ici
N’en partirai guère
Et je ne sais à quel quai
J’amarrerai mon âme
Quand le vent passera

(Gilles Vigneault)

 

 

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