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L’unité ou la déchirure (Françoise Hàn)

Posted by arbrealettres sur 28 août 2018



L’unité ou la déchirure

Depuis qu’ils ne comprennent
plus le langage des bêtes
il leur faut articuler
des mots sur la pierre
taillée
sur la cassure
d’avec les éléments
sur la blessure

des mots qui contiennent
assez de terre et d’eau
d’air et de feu
interstitiels
pour refaire un monde

articulé sur la faille
que ne combleront jamais
les sédiments
les forêts ensevelies
les civilisations

un monde seulement humain
exclu de la résonance
première
mais rempli d’images de lueurs
qui bougent sur la paroi

parfois elle vacille

(Françoise Hàn)

Découvert ici: http://revuedepoesie.blog.lemonde.fr/

Illustration: Franck Gervaise

 

 

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MICASCHISTE (Jacques Lacarrière)

Posted by arbrealettres sur 23 août 2018



MICASCHISTE

Somnolence du temps. Feuilles des sédiments
au bas des eaux défuntes.
Socle de la mémoire. Lagune
où gît encore Mélusine endormie
qu’un jour réveillera le prince des limons.

(Jacques Lacarrière)

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Chantiers de la poésie (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 6 septembre 2015



Chantiers de la poésie

Nous remontons les rigoles du temps
Pour capter l’insigne reflet

Nous explorons chaque motte
Chaque caverne
Pour dépister l’empreinte

Nous mordons les fruits
Jusqu’au noyau
Nous soutirons de chaque pousse
Le grain nu

Nous sondons le vide et l’onde
En quête du sens perdu

De ces replis et sédiments
Nous dérobons quelques lueurs
D’une clarté qui se dérobe
Et transmettons quelques vocables
A vivre
Et à mourir.

(Andrée Chedid)

 

 

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J’IRAI prendre la place d’un autre dans ma Maison (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 3 juillet 2015


 


 

Marcel Roux  Abandon  r7

J’IRAI prendre la place d’un autre dans ma Maison
Il a disparu en combattant contre le sable
Ses yeux cessaient de le reconnaître
et il ne fut plus là
mais les lents sédiments de l’hébétude
et leurs insectes gras
… Du milieu du silence de l’eau j’apparais
et je me réchauffe á la rumeur d’un coquillage vide
Je cours à la recherche d’un bout d’algue perdu
Je suis complice d’une chanson infortunée
qui enroulait le monde et le faisait frémir autrefois

…O la froide impulsion de ce pays sans moires
pour joindre les deux bouches énormes l’une à l’autre
et ranimer le feu de leur embrasement
… Vers l’unité de l’homme vers le néant
la dure relève de reflets au bord du songe.

(André Frénaud)

Illustration: Marcel Roux 

 

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