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Poésie

Posts Tagged ‘séduisant’

LE BANC (Christiane Barrillon)

Posted by arbrealettres sur 12 août 2018



LE BANC

Les myosotis bleus, blancs, roses,
sont mille fois plus séduisants
quand ils éclosent
dans le jardin de vos quinze ans.
Venez, rusées, venez, moqueuses,
poser vos robes sous mes yeux,
vos rubans de rire précieux,
volants, froufrous, jambes agiles
sur la fragilité du banc
bordé de bleu, bordé de blanc…

(Christiane Barrillon)

Illustration

 

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Je ne connais pas vos mains (Pierre Jean Jouve)

Posted by arbrealettres sur 14 juin 2018




    
Je ne connais pas vos mains elles ne sont jamais les miennes
Je ne connais pas ces colonnes qui vous font séduisante au marché
L’orchidée blonde de votre ventre eut des bontés pour d’autres veines
Que celles de mon imagination nue et montrée sans majesté;
Non je n’ai point fréquenté le salon de votre beau
corps décoré par la fureur de colombes et de vents d’orage
N’ayant su parler votre langue à votre bouche de flatterie
je vous ai perdue en voyage
Ô Renommée ou fille implacable en un désordre de lingeriе.

(Pierre Jean Jouve)

 

Recueil: Diadème suivi de Mélodrame
Traduction:
Editions: Gallimard

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LOUÉ SOIT (Attila József)

Posted by arbrealettres sur 14 juin 2018



Illustration: Christian Schloe
    
LOUÉ SOIT

Prends ton envol, ô ma rose charmante,
Et soit loué ton mensonge qui chante !
Sois éternelle, aube frôlant son coeur,
Comme est en moi la séduisante fleur.

Vol d’oiseaux morts sur un rocher sans vie,
Telle est mon âmе aux yeux de mon amie
Qu’elle voie donc cette fleur en son sein,
Même incolore et qui n’exhale rien !

Car je lui dois, et qu’elle en soit louée,
Le grave instant où j’eus l’âme comblée :
A cet instant, dont je surpris le flux,
Tous mes cristaux, en pleurs, se sont fondus.

A son sommet : d’étranges lueurs sombres…
Où glisse-t-elle en moi parmi les ombres ?
De l’intérieur, elle brûle mes yeux.
Mais loués soient ses perfides aveux !

(Attila József)

 

Recueil: Aimez-moi – L’oeuvre poétique
Traduction: Georges Kassaï
Editions: Phébus

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CHANT D’AMOUR (La Flûte de Jade)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2018



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CHANT D’AMOUR

Tes mains sont deux fleurs de lan.
Tes pieds sont deux lotus.
Tes joues sont deux oranges de Kiang-ngan.
Ton parfum est celui du printemps.

Ta voix est plus séduisante
que le chant de la brise dans les saules qui reverdissent.
Ton haleine est plus grisante
que l’odeur d’une pagode où brûlent des aromates.

Tu es plus belle
qu’une fleur d’abricotier arrosée de lune.
Tu es toutes les fleurs, tous les parfums.
Tu es la splendeur du monde.

Lorsque je pense à toi, je n’envie plus les Dieux.

(La Flûte de Jade)

 

 

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Les roses mystiques (Stanisław Wyrzykowski)

Posted by arbrealettres sur 11 mars 2018



 

Les roses mystiques

Des roses mystiques tombent dans l’obscurité,
Dans l’espace morne dépourvu d’étoiles ;
Leur éclat sombre me les fait suivre du regard
Jusqu’aux friches noires qui sont au loin.

Et je te vois, des débris de gravier derrière ton dos,
Jettent, sous la lumière, des lueurs fades et des reflets ;
Je te vois emportée dans un vent furieux,
Au milieu d’un tourbillon de feuilles qui s’embrasent.

Le bourgeon vierge de tes seins s’est flétri,
Ton corps séduisant a perdu sa chaleur ;
De tes mains mortes, tombent impuissantes,
Ces roses mystiques qui se perdent dans l’ombre.

Ta chevelure ébouriffée par le vent,
Des souffles et des courants froids la caressent,
Toi, tu cherches mes yeux, perdue comme en rêve,
Mais le fond de ton œil est funeste.

Tu tournes, tu voles et tu te tords comme un serpent,
Dans le tourbillon des feuilles mortes,
Tes yeux me cherchent et me cherchent encore,
Tandis que de tes mains, tombent ces roses.

(Stanisław Wyrzykowski)

Découvert ici : poetespolonais

Illustration

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Il a su toucher mon coeur (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2018




    
Il a su toucher mon coeur
ou Les Deux jumeaux

1
L’autre soir j’ai rencontré
Un séduisant jeune homme
Et nous avons folâtré
Et dégusté la pomme
Dans le lit que j’étais bien!
Car le lit c’était le sien.

Refrain 1
Il avait su toucher mon coeur
Tout en fièvre
Et j’aimais déjà la saveur
De ses lèvres
Au bout d’un petit instant
Un instant
Qui dura longtemps
Mais qui me parut trop rapide
Il me quitta d’un air languide
Pour aller se laver les mains
Tout près, dans la sall’ de bains.

2
Peu après il est rentré
Tout rempli de courage
Et il a recommencé
Plein de coeur à l’ouvrage
Car douze fois dans la nuit
La même chose il refit.

Refrain 2
Il avait su toucher mon coeur
Tout en fièvre
Et je garde encor la saveur
De ses lèvres
Mais le lendemain matin
Du festin
Sur le traversin
Je vis qu’il y avait trois têtes
Et je compris toute la fête
C’était tour à tour deux jumeaux
Qui s’étaient donné le mot.

3
J’ai gardé ces deux chameaux
Ne sachant lequel prendre
Maint’nant j’aim’ les deux jumeaux
Qui sav’nt bien me le rendre
Et je cherche chaque nuit
Si c’est l’autre ou si c’est lui.

Refrain 3
Car ils ont su toucher mon coeur
Tout en fièvre
Il me faut toujours la saveur
De leurs lèvres
L’un à l’autre fait pendant
C’est charmant
Mais c’est fatigant
Je me demande très anxieuse
Quel serait mon sort d’amoureuse
Si leur mère mieux stimulée
Avait fait des quintuplés.

(Robert Desnos)

 

Recueil: Les Voix intérieures
Traduction:
Editions: L’Arganier

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La lune des fleurs (Marceline Desbordes-Valmore)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2018



 

Ronnie Biccard  Goddess of Water

La lune des fleurs

Nocturne

Douce lune des fleurs, j’ai perdu ma couronne !
Je ne sais quel orage a passé sur ces bords.
Des chants de l’espérance il éteint les accords,
Et dans la nuit qui m’environne,
Douce lune des fleurs, j’ai perdu ma couronne.

Jette-moi tes présents, lune mystérieuse,
De mon front qui pâlit ranime les couleurs ;
J’ai perdu ma couronne et j’ai trouvé des pleurs ;
Loin de la foule curieuse,
Jette-moi tes présents, lune mystérieuse.

Entrouvre d’un rayon les noires violettes,
Douces comme les yeux du séduisant amour.
Tes humides baisers hâteront leur retour.
Pour cacher mes larmes muettes,
Entrouvre d’un rayon les noires violettes !

(Marceline Desbordes-Valmore)

Illustration: Ronnie Biccard 

 

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Non, tu ne sais pas (Shaül Tchernichovsky)

Posted by arbrealettres sur 1 août 2017



Illustration
    
Non, tu ne sais pas

Non, tu ne sais pas ta beauté,
La longueur de tes jambes,
Le secret prodigieux
Qui file vers une hanche suave,
Vivace et ténu, gracieux et coquet,
Telle la trace d’une sirène sur la dune
Par la lame rejetée…
Non, tu ne sais pas ta beauté !

Non, tu ne sais pas ta beauté !
Tes yeux, deux amandes
Taillées couleur de mer,
Captifs du secret de la création,
Témoins des mystères d’une décision
Qui t’appellent dans une langue perpétuée,
Séduisants ensorceleurs.

Tu ne réponds pas, figée d’immobilité.
Non, tu ne sais pas ta beauté !
Non, tu ne sais pas ta beauté !

Pour mon bonheur, parfois,
Tu es toute à moi,
Caprice turbulent, tempête déchaînée.
Prise et pas prise, attrapée et manquée,
Conquise et libre, étincelle rescapée du feu,
Oisillon au nid resté,
Non, tu ne sais pas ta beauté !

(Shaül Tchernichovsky)

 

Recueil: Anthologie de la poésie en hébreu moderne
Traduction: M. Itzhaki et M Garel
Editions: Gallimard

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Sérénade du ″Passant″ (François Coppée)

Posted by arbrealettres sur 11 mars 2017



 

Sérénade du ″Passant″

Mignonne voici l’Avril
Le soleil revient d’exil ;
Tous les nids sont en querelles,
L’air est pur, le ciel léger,
Et partout on voit neiger
Des plumes de tourterelle.

Fuis, le miroir séduisant,
Où tu nattes à présent,
L’or de tes cheveux de fée ;
Laisse là rubans et nœuds ;
Car les buissons épineux,
T’auront bientôt décoiffée.

Prends, pour que nous nous trouvions,
Le chemin des papillons
Et des frêles demoiselles,
Viens, car tu sais qu’on t’attend
Sous le bois, près de l’étang,
Où vont boire les gazelles.

(François Coppée)

 Illustration: Wladyslaw Slewinski

 

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Voix de l’heure implacable et lente (Gustave Kahn)

Posted by arbrealettres sur 29 décembre 2015



Voix de l’heure implacable et lente,
Timbre avertisseur du passé,
Encore un lourd pan de l’attente
Qui s’est écoulé fracassé !

Rien dans le passé, rien dans le présent…
Encore un lambeau d’heure évanouie !
Un semblant qui s’en va des printemps séduisants,
Un départ, un baiser, une note inouïe.

Oh ! le douloureux infini
Qu’on ressent au larges musiques,
Au-delà des clartés plastiques
Dans les puissances mécaniques,
Oh ! le douloureux infini !

Rien dans l’avenir, rien dans le remords ! –
Le coeur est blessé d’une flèche étrange ;
Un désir pénétrant et vague qui le mord,
Concert inexpliqué qu’un accroc bref dérange !

(Gustave Kahn)

Illustration: ArbreaPhotos  

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