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Poésie

Posts Tagged ‘s’effaroucher’

Prima-Vera (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 27 novembre 2018




    
Prima-Vera

Éveil des premières roses :
et leur parfum hésite
comme un rire léger;
rapide, comme sur
des ailes d’hirondelle,
il effleure le jour;

et quoi que tu touches,
tout est angoisse encore.
Tout reflet s’effarouche
et nul son n’est dompté,
la nuit est trop nouvelle,
pudique est la beauté.

(Rainer Maria Rilke)

 

Recueil: Oeuvres 2 Poésie
Traduction: Jacques Legrand, Lorand Gaspar, Philippe Jaccottet, Armel Guerne, Maurice Betz
Editions: Seuil

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Le Bain des Nymphes (José-Maria de Hérédia)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2018



Illustration: Adolphe William Bouguereau

    

C’est un vallon sauvage abrité de l’Euxin;
Au-dessus de la source un noir laurier se penche,
Et la Nymphe, riant, suspendue à la branche,
Frôle d’un pied craintif l’eau froide du bassin.

Ses compagnes, d’un bond, à l’appel du buccin,
Dans l’onde jaillissante où s’ébat leur chair blanche
Plongent, et de l’écume émergent une hanche,
De clairs cheveux, un torse ou la rose d’un sein.

Une gaîté divine emplit le grand bois sombre.
Mais deux yeux, brusquement, ont illuminé l’ombre.
Le Satyre !… Son rire épouvante leurs jeux;

Elles s’élancent. Tel, lorsqu’un corbeau sinistre
Croasse, sur le fleuve éperdument neigeux
S’effarouche le vol des cygnes du Caÿstre.

(José-Maria de Hérédia)

 

 

 

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Dame du lac (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 19 juillet 2018



Illustration: Aristide Maillol
    

Dame du lac

Dame du lac où toute onde est métal
si belle et blonde, avec dans tes cheveux
un frisson d’or exilé d’une étoile
où je te vis jadis dans l’autre vie,
où je me rêve auprès de toi qui dors.

Nous danserons. Ce sera comme un bal
avec des yeux qui s’aiment, des yeux d’eau
pour nous sourire — et ta voix dans la mienne
comme un baiser mais que l’on ose à peine
pour que le soir ne s’effarouche pas.

Oh ! souviens-toi de cet homme qui passe
cueillant les mots pour dire la beauté.
Il va partir au détour d’une année
et ton soleil verra d’autres rivages.
ll restera ce poème pour toi.

(Robert Sabatier)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Albin Michel

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LE LAC ENDORMI (Jules Supervielle)

Posted by arbrealettres sur 19 juillet 2018



    
LE LAC ENDORMI

Un sapin, la nuit,
Quand nul ne le voit,
Devient une barque
Sans rames ni bras.
On entend parfois
Quelque clapotis,
Et l’eau s’effarouche
Tout autour de lui.

(Jules Supervielle)

 

Recueil: Le forçat innocent suivi de Les amis inconnus
Traduction:
Editions: Gallimard

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ELLE DORT DANS L’OMBRE (Charles Van Lerberghe)

Posted by arbrealettres sur 17 janvier 2017



ELLE DORT DANS L’OMBRE…

Elle dort dans l’ombre des branches,
Parmi les fleurs du bel été.
Une fleur au soleil se penche…
N’est-ce pas un cygne enchanté ?

Elle dort doucement et songe.
Son sein respire lentement.
Vers son sein nu la fleur allonge
Son long col frêle et vacillant.

Et sans qu’elle s’en effarouche,
La longue, pâle fleur a mis,
Silencieusement, sa bouche
Autour du beau sein endormi.

(Charles Van Lerberghe)

Illustration: Mariano Fortuny Madrazo

 

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J’ai haussé la douleur (Francis Giauque)

Posted by arbrealettres sur 18 août 2016



j’ai haussé la douleur
sur les plus hauts plateaux
de la solitude
dans le vent glacial qui s’effarouche
aux arêtes brisées
de tant de corps
où l’os a remplacé
toute chair vivante
j’ai haussé la douleur
sur les casernes
en béton armé
pour l’y laisser fleurir
sans une once de terre
sans une parcelle d’amour
j’ai haussé la douleur
sur les icebergs
qui dérivent
vers d’innombrables abîmes

(Francis Giauque)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

 

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Le cygne (Georges Rodenbach)

Posted by arbrealettres sur 13 octobre 2015





[…]

Et c’est pour être ainsi que l’une et l’autre est digne
De la toute-présence en elle d’un doux cygne,
Le cygne d’un beau rêve acquis à ce silence
Qui s’effaroucherait d’un peu de violence
Et qui n’arrive là flotter comme une palme
Qu’à cause du repos, à cause du grand calme,
Cygne blanc dont la queue ouverte se déploie,
—Barque de clair de lune et gondole de soie —
Cygne blanc, argentant l’ennui des mornes villes,
Qui hérisse parfois dans les canaux tranquilles
Son candide duvet tout impressionnable;
Puis, quand tombe le soir, cargué comme les voiles,
— Dédaignant le voyage et la mer navigable —
Sommeille, l’aile close, en couvant des étoiles !

(Georges Rodenbach)

Illustration

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