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Poésie

Posts Tagged ‘s’effondrer’

L’homme (Ivan V. Lalić)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2021



Illustration: Charles-Marie-Félix Martin (La Chasse au Nègre)
    
L’homme

L’homme sans épaules, à la forme de sa fuite,
Ô ce tintement dans le vent, l’odeur de la crainte et de la sueur,
L’homme changé en son cri, rompu et diminué,
L’homme sans armes, décoré par le mépris des siècles,

Il court dans la plaine de sable et s’effondre,
Trop léger, trop essoufflé, trop affiné,
Dans le vent nage le soleil et sa couleur est noire,
Les poursuivants approchent, l’homme se retourne,

Il n’a pas de visage, le sable du soleil noir est brûlant,
Ô ce tintement dans le vent, plus près et toujours plus fort,
L’homme ralentit sa course et se met à pleurer,

Hors du sable pousse une ville et hurlent les sirènes ;
Et je me réveille, douleur vêtue d’éclat,
Et j’entends son souffle rapide. Il s’est abrité en moi.

(Ivan V. Lalić)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil: Alain Bosquet, Pour le plaisir
Traduction: Traduit du serbe par Alain Bosquet
Editions: La Différence

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Tu étais en friche (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 26 novembre 2020




Illustration: ArbreaPhotos
   
tu étais en friche
ne savais où aller
quelle direction prendre

tu te harcelais
mais rien
ne se déclenchait

un lourd ennui
te plombait le visage
et ce qui rongeait en toi
ne te laissait aucun répit

semaine après semaine
revenaient ces dimanches d’hiver
où le temps s’effondrait

(Charles Juliet)

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Si un jour les murs s’effondrent (Bernard Montini)

Posted by arbrealettres sur 22 octobre 2020



Si un jour

les murs s’effondrent
apaise-toi dans le silence
de la poussière

(Bernard Montini)


Illustration

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Dans l’air clarifié (Frédéric Nietzsche)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2020



 

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Dans l’air clarifié,
quand déjà le croissant de la lune
glisse ses rayons verts,
envieusement, parmi la pourpre du couchant :
— ennemi du jour,
glissant à chaque pas, furtivement,
devant les bosquets de roses,
jusqu’à ce qu’ils s’effondrent
pâles dans la nuit :
ainsi suis-je tombé moi-même jadis
de ma folie de vérité,
de mes désirs du jour,
fatigué du jour, malade de lumière,
— je suis tombé plus bas, vers le couchant et l’ombre :
par une vérité
brûlé et assoiffé
— t’en souviens-tu, t’en souviens-tu, coeur chaud,
comme alors tu avais soif ? —
Que je sois banni
de toute vérité !
Fou seulement ! Poète seulement !

(Frédéric Nietzsche)

Illustration: Gao Xingjian

 

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LUTTES BRETONNES (René Guyomard)

Posted by arbrealettres sur 13 avril 2020



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LUTTES BRETONNES

Deux rochers arc-boutés
Jusqu’à la fin des pierres
Rude fraternité
Depuis l’aube première

Deux pierres se souviennent
D’un temps sans assassin
Se parlent à l’oreille
La nuit fait son levain

Et les lutteurs s’effondrent
Sur le pelage roux
D’autres pierres attendent
Pour se tendre la joue.

(René Guyomard)

Illustration

 

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LA RUMEUR (Gaston Puel)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2020



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LA RUMEUR

La terre émerge des brumes, les épis craquent comme du pain frais, une grappe d’abeilles se pend à un prunier.
L’âme s’évase pour accueillir fa joie des hommes qui s’enracine dans le vent.
Mais le vent rebrousse la laine du bonheur ;
une ignoble cicatrice témoigne : des hommes raturés par les hommes, leur rumeur d’essaim jusqu’à l’horrible du cri et de la salve.
Sur leurs bouches ouvertes s’effondrent les murailles du ghetto de Varsovie.

(Gaston Puel)

Illustration

 

 

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J’AI VU MONTER LES PINS (Srecko Kosovel)

Posted by arbrealettres sur 24 février 2020



 

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J’AI VU MONTER LES PINS

J’ai vu monter les pins
Vers le ciel. Impassibles.
A travers les feux des soleils.
Déjà j’ai vu l’incendie
Qui les consumera.

Sur un oreiller blanc
Les monts-ancêtres ont appuyé leurs têtes
Et se sont tus. —
Les pins bruissent.
(A qui parlent-ils ?)

Je les ai vus,
Colonnes ardentes
Qui cheminaient — vers le ciel…

Mon corps en cendres s’est effondré.

(Srecko Kosovel)

 

 

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Le large Dniepr rugit (Taras Chevtchenko)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2020




Illustration: Alexandr Kusenko
    
Le large Dniepr rugit

Le large Dniepr rugit,
Sous des hurlements du vent infinis,
Qui ploie des saules immenses les cimes,
Soulevant des montagnes de vagues sublimes.

*

Et, là, joue la lune blême
Avec les nuages que le ciel parsème,
Comme un bateau dans la mer bleue profonde,
Se dresse et s’effondre.

*

Dans l’attente du troisième chant du coq,
Personne ne bouge en bloc,
Seules les chouettes conversent,
Seul transperce le frêne qui se berce.

***

Реве та стогне Дніпр широкий

Реве та стогне Дніпр широкий,
Сердитий вітер завива,
Додолу верби гне високі,
Горами хвилю підійма.

*

І блідий місяць на ту пору
Із хмари де-де виглядав,
Неначе човен в синім морі,
То виринав, то потопав.

*

Ще треті півні не співали,
Ніхто ніде не гомонів,
Сичі в гаю перекликались,
Та ясен раз у раз скрипів.

***

O largo Dnieper rugiu

O largo Dnieper rugiu,
Sob o vento infinito uiva,
Quem dobra os topos dos salgueiros enormes
Levantando montanhas de ondas sublimes.

*

E aí, joga a lua pálida
Com as nuvens que o céu polvilha
Como um barco no mar azul profundo,
Levanta-se e desmorona.

*

Esperando pela música do terceiro galo,
Ninguém se move em um bloco,
Apenas corujas conversam,
Apenas o freixo pode ser ouvido.

(Taras Chevtchenko)

 

Site : http://artgitato.com/
Traduction: Français Jacky Lavauzelle / Ukrainien / Portugais Jacky Lavauzelle
Editions:
***
Chanson folklorique Ukrainienne
 Українська народна пісня
Canção popular ucraniana
Слова – Paroles – Palavras :
Тарас Шевченко – Taras Chevtchenko
Музика – Musique – Música :
Данило Крижанівський

Danylo Yakovych Kryzhanivsky
1856-1894

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Les mots s’effondrent (Alain Mabanckou)

Posted by arbrealettres sur 24 octobre 2019



quelque part
les mots s’effondrent
la pierre est fière du silence
qu’elle abrite

(Alain Mabanckou)


Illustration: Gilbert Garcin

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Nous nous retrouverons (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 27 septembre 2019



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Nous nous retrouverons. Tous.
Mais nous n’aurons rien fait pour vaincre ces distances.
Ce sera le triomphe de la seule matière.
Nous nous effondrerons. Les uns sur les autres.
Les uns dans les autres. Au mieux, j’aurai ta cuisse blanche sur mon coeur.
Ou bien la main de mon ennemi dans la mienne.
Mais je n’en saurai rien.
Et quand bien même ?
Qu’est-ce que ça change à ce qui est,
ce peu d’espoir qui tremble comme un linge au bord des pourritures,
ce peu d’espoir qu’ici nous n’aurons pas payé,
nous ici plus morts que morts ?

(Jean Rousselot)

Illustration: Odd Nerdrum

 

 

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