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Poésie

Posts Tagged ‘s’effriter’

TAUREAU (Herri Gwilherm Kèrourédan)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2021



TAUREAU

Ai-je vu les constellations surgir
des mottes des sables ou des chaleurs
lorsque mon sang vide roule dans mes membres

Ai-je chaque fois parlé du grand soleil
au limon que je creuse obstinément
il s’effrite dans l’ennui de mes pas

Sur ces plages sans regard
j’aime saisir la mort blanche

(Herri Gwilherm Kèrourédan)

 

 

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Je suis à cette rive (Leonardo Sinisgalli)

Posted by arbrealettres sur 30 juin 2021



 

Alexey Steele 1967 - Russian-born American painter - The Novorealism Movement -   (16) [1280x768]

Je suis à cette rive et il m’appelle,
Le son du jour que je rompis
A coups de pierres. La neuve lumière est ouverte
Sur la terre que je foule
Et rien encore n’est plus jeune
Que mes os. L’été brûle
Sur les éteules. Sans bruit
Au-dedans de mon corps s’effrite
Ce feu.

***

Sono a questa riva e mi chiama
Il suono del giorno ch’io ruppi
A sassate. La luce nuova è aperta
Sulla terra che calpesto
E nulla è ancora più giovane
Delle mie ossa. L’estate arde
Sulle stoppie. Senza rumore
Si sgretola entro il mio corpo
Questo fuoco.

(Leonardo Sinisgalli)

Illustration: Alexey Steele

 

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Le Temps (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 12 novembre 2020




    
Le Temps

Je bouscule le Temps
Pour qu’il se hâte
Oublieuse de ses marques
Sur mon corps déjà piégé

Je défie le Temps
Souverain il me toise
Tandis que je m’effrite
Année après année

Je dynamite le Temps
Il explose
Je me moque de ses gouffres
J’invente des échappées

J’ai effacé le Temps
Je n’ai plus d’âge
Je suis au présent
Je vise l’inexploré !

(Andrée Chedid)

 

Recueil: Rythmes
Traduction:
Editions: Gallimard

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RENAISSANCE (Alexandre Pouchkine)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2020




RENAISSANCE

Un barbouilleur, indolemment,
Noircit la toile d’un génie
Et la couvre stupidement
De traits qui heurtent l’harmonie.

Son gribouillage, avec les ans,
Choira telle une vieille écaille
Et le génie éblouissant
Reparaîtra sans nulle faille.

Ainsi s’effritent les erreurs,
Quittant mon âme surmenée,
Et je revois avec bonheur,
Pures, mes premières journées.

(Alexandre Pouchkine)

Illustration

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Lumière (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2019



Ce n’est pas vrai
Que tout amour décline.

Ce n’est pas vrai
Qu’il nous donne au malheur.

Ce n’est pas vrai
Qu’il nous mène au regret.

Quand nous voyons à deux
La rue vers l’avenir.

Ce n’est pas vrai
Que tout amour dérive.

Quand les forces qui montent
Ont besoin de nos forces.

Ce n’est pas vrai
Que tout amour pourrit.

Quand nous mettons à deux
Notre force à l’attaque.

Ce n’est pas vrai
Que tout amour s’effrite.

Quand le plus grand combat
Va donner la victoire.

Ce n’est pas vrai du tout
Ce qu’on dit de l’amour.

Quand la même colère
A pris les deux qui s’aiment.

Quand ils font de leurs jours
Avec les jours de tous
Un amour et sa joie.

(Guillevic)

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La tête me tourne (Josée Tripodi)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2019



Illustration: Ludovic Florent
    
La tête me tourne
Comme une roue de bicyclette voilée

Juste un peu malade

Naufragée sur mon lit
Loin des rives
Je regarde mes pensées
Qui papillonnent

Leurs ailes s’effritent
En un tourbillon de poussière

(Josée Tripodi)

 

Recueil: Le temps court plus vite que moi
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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Tu es de ceux qui montent sur les bateaux (Guy Lévis Mano)

Posted by arbrealettres sur 16 mai 2019



 

Ernesto Arrisueño  clouds Zephyrus travels

Tu es de ceux qui montent sur les bateaux
et déploient d’immenses voiles
La marine en bois — tu te soûles de mots —
et quand à l’horizon la pointe du mât s’efface
tu es encore sur le quai à la contempler

Trouble trouble
l’aventure assise
et les camelots de ton effort endormis
et toute une grisaille dans ton cerveau
qui s’effrite

Et des voiles claires que tu aimes
et qui ne te recommencent pas

(Guy Lévis Mano)

Illustration: Ernesto Arrisueño 

 

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NUIT A MARTINDALE (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 11 décembre 2018



Illustration: Deb Watson
    
NUIT A MARTINDALE

Ni par le bruissement de l’eau, la rumeur de l’air,
le grondement de l’orage, la menace des oiseaux, ni leurs cris :
ici l’ange parle, mais d’une voix humaine.

La pierre doit se faire chair, la parole
ciselée par nos murmures dans l’air éphémère

est la véritable expression du nuage,
de l’eau qui court, du vent qui souffle,
de la lune d’argent et du maigre genièvre.

La parole dit, l’eau court,
le rocher s’effrite, la fougère se flétrit, le vent souffle
le temps passe,
j’écris l’ordre du soleil : Aime, et le Non des étoiles.

***

NIGHT IN MARTINDALE

Not in the rustle of water, the air’s noise,
the roar of storm, the ominous birds, the cries —
the angel here speaks with a human voice.

Stone into man must groom, the humait word
carved by our whispers in the passing air

is the authentic utterance of cloud,
the speech of flowing water, blowing wind,
of silver moon and stunted juniper.

Words say, waters flow,
rocks weather, ferns wither, winds bloom, times go,
I write the sun’s Love, and the stars’ No.

(Kathleen Raine)

 

Recueil: ISIS errante Poèmes
Traduction: François Xavier Jaujard
Editions: Granit

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TERRES ÉTRANGÈRES (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 7 novembre 2018



 

Steve Cieslawskis (17)

TERRES ÉTRANGÈRES

Nos tombes semées de par la terre
Brouillent les traces du passé

Sous les soleils
Sous les nuées
Nos corps s’effritent
Loin des mémoires
Nos vies s’estompent
Loin des regrets

Le temps hésite
Puis se retire
Laissant l’oubli nous absorber.

(Andrée Chedid)

Illustration: Steve Cieslawskis

 

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La nuit (Jean Pérol)

Posted by arbrealettres sur 4 novembre 2018




    
La nuit

Dans mes rêves la nuit je promène ma hache
au travers de forêts qui devant moi s’effritent
sans jamais que je sache qui ordonne ce rite
de changer en poussière ces feuillages si verts

je flotte je somnole je titube immobile
une clarté manège lentement dans mes yeux
elle rompt la chanson que mes lèvres profilent
et le sentier me perd que je connais le mieux

la montagne s’émiette où j’arrive au sommet
ce pays c’est du plâtre et mes os des remords
réelle ma réelle sur toi seule je mets
deux mains qui se rassurent aux limites d’un corps.

(Jean Pérol)

 

Recueil: Poésie I (1953-1978)
Traduction:
Editions: De la Différence

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