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Le poète tardif écrit (Philippe Jaccottet)

Posted by arbrealettres sur 9 novembre 2015



 
Le poète tardif écrit:

« Mon esprit s’effiloche peu à peu.

Même la passerose et la mésange me semblent lointaines,
et le lointain de moins en moins sûr.

J’en arriverais presque à demander
qu’on me décharge de ce sac de lumière:
drôle de gloire! »

Qui de vous, beautés, répondra ?

N’en sera-t-il pas une d’entre-vous
pour, même sans rien dire,se tourner vers lui ?

Comme il s’égaille, le troupeau des sources
qu’on avait cru conduire un jour dans ces prairies…
Voilà que désormais
toute musique de jadis lui monte aux yeux
en fortes larmes:

« Les giroflées, les pivoines reviennent,
l’herbe et le merle recommencent,
mais l’attente, où est-elle ? Où sont les attendues ?
N’aura-t-on plus jamais soif ?
Ne sera-t-il plus de cascade
pour qu’on en serre de ses mains la taille fraîche ?

Toute musique désormais
vous bâte d’un faix de larmes. »

Il parle encore, néanmoins,
et sa rumeur avance comme le ruisseau en janvier
avec ce froissement de feuilles chaque fois
qu’un oiseau effrayé fuit en criant vers l’éclaircie.

(Philippe Jaccottet)

Illustration

 

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INSTANTANÉ CÉLESTE (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 4 novembre 2015



Grande Ourse

INSTANTANÉ CÉLESTE

Un train d’étoiles déraille
Sur ses parallaxes d’or

Et les étoiles s’égaillent
Dans le ciel où vont les morts :

L’une tombe, l’autre blesse
Les chevaux de Diomède.

Il n’y a que la Grande Ourse
Qui bougonne dans son coin.

Et le ciel est plein de foin !
Le train se fige en sa course

(Maurice Fombeure)

 

 

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