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Poésie

Posts Tagged ‘s’égarer’

Partageons l’instant sans labyrinthes (Andree Chedid)

Posted by arbrealettres sur 17 septembre 2019




Partageons
L’instant sans labyrinthes
Où le temps s’égare
Pour mieux nous réunir.

(Andrée Chedid)

 

 

 

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Aux sables des tombeaux (Patrice Blanc)

Posted by arbrealettres sur 21 avril 2019



Illustration: Alex Alemany
    
Aux sables des tombeaux

la belle exposition
de ton corps nu
ouvre les secrets
de l’océan

ton ventre
où la pluie lave les larmes
est un soleil écorché

le bel esprit de ton corps nu
délivre le soleil
des entrailles de l’océan

en ces lieux où mon sang s’égare
il vaut mieux mourir
et prendre ta main pure

en ces lieux où dure l’insupportable
il vaut mieux brûler dans la lumière
et prendre ta bouche soyeuse

[…]

(Patrice Blanc)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: De sang, de nerfs et d’os
Traduction:
Editions: du Contentieux

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ATTACHEMENT (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2019



Illustration: Josephine Wall
    
ATTACHEMENT

Je vis de si peu qu’ainsi,
Une perte vaut une perte :
Même celle d’une miette pousse
Mon esprit à se lamenter.

Telle l’une des rives du ruisseau, en vain,
Je tâche de m’accrocher à ses courants,
Une par une, les vaguelettes disparaissent
En cognant contre ma poitrine,
Je vis de tellement peu qu’ainsi,
Une perte vaut une perte :

Si, à Tes pieds, je savais soumettre
Tout ce que je perds et tout ce qui me reste,
Il n’y aurait pas d’usure, tout existerait
Magnanime en Toi.

En Toi brillent tant de soleils et de lunes,
Nul atome ni molécule ne s’y égare :
Tous mes trésors de babioles perdues
Ne trouvent-ils pas refuge à Tes pieds ?
Je vis de tellement peu qu’ainsi,
Une perte vaut une perte.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: Tantôt dièse tantôt bémol
Traduction: Prithwindra Mukherjee
Editions: La Différence

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LE CAVEAU DE LA MÉMOIRE (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2019



LE CAVEAU DE LA MÉMOIRE

Qui dit que je vis tristement s’égare.
Ne crois pas que les souvenirs me rongent.
Je rends peu de visites à ma mémoire,
D’autant qu’elle dit beaucoup de mensonges.

Quand, lampe en main, au caveau je descends,
A chaque fois l’avalanche, il me semble,
Dans l’escalier étroit sourdement gronde.
La lampe fume, il n’y a point de retour,
Je descends chez l’ennemi de toujours ;
Alors, comme une grâce je demande…

Mais là — finie la fête. Tout est éteint.
Les dames sont rentrées il y a trente ans,
De vieillesse est mort le boute-en-train…
Malheur à moi — je suis venue trop tard.
Vrai, je ne peux me montrer nulle part.

Mais j’effleure les ornements du mur,
Je me chauffe à l’âtre. Et, enchantement! —
Dans le moisi, les miasmes, la pourriture
Deux émeraudes vont étincelant
Et un chat miaule. À la maison, rentrons!
Mais où est ma maison ? et ma raison ?

(Anna Akhmatova)

Illustration

 

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De cette mi-lumière ou mi-ombre (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 14 mars 2019




Illustration: Gilbert Garcin
    
De cette mi-lumière
ou mi-ombre
vers où pouvons-nous aller ?

Vers plus de lumière,
l’harmonie nous étouffe.
Vers plus d’ombre,
nos pas s’égarent.
Et ici
nous ne pouvons pas rester.

Il n’y a pas d’autre mi-lumière
ou mi-ombre.

D’ici, nous ne pouvons aller nulle part.
A moins que nous trouvions un espace
où lumière et ombre soient la même chose.

***

Desde esta media luz
o media sombra
¿ hacia dónde podemos ir?

Hacia más luz
nos ahoga la armonía .
Hacia más sombra
se pierden nuestros pasos.
Y aqui
no podemos quedar.

No hay otra media luz
o media sombra.

De aquí no se puede ir a ningún sitio.
A menos que encontremos un espacio
donde luz y sombra sean lo mismo.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Quatorzième poésie verticale
Traduction: Sivia Baron Supervielle
Editions: José Corti

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LE PHARMACIEN (Pier Paolo Pasolini)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2019



 

Andrew Judd 1958 - Canadian painter -  (8)

LE PHARMACIEN

Que le rouge vespéral
de la saison nouvelle
ne t’égare; tu es libre,
mais dans une prison.

(Pier Paolo Pasolini)

Illustration: Andrew Judd

 

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Des soleils naufragés (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 21 novembre 2018



   

Illustration

Des soleils naufragés
S’égarent sur la terre
Une robe de mousse s’ouvre
Sur la plaie de l’écorce
Blessure de lumière charnelle
Qui fait les silences rugueux

Le vent pousse les nuages
Mais les cailloux se désespèrent
De troubler les reflets de l’eau
Les cloches de la soif tintent
Dans une église d’arbres
Les papillons de la pluie
Accourent vers ma fenêtre

(Jean-Baptiste Besnard)

Site de Jean-Baptiste

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NUITS (André Pieyre de Mandiargues)

Posted by arbrealettres sur 20 novembre 2018



Illustration
    
NUITS

Des nuits parfois sont mornes.

Les jardins n’ont plus d’odeur
Il n’est plus de frisson aux feuilles
Le ciel bas est plus rouge entre tant de portiques
Les places sont hantées de spectrales statues
Qui passe en vain s’y hâte.

Des nuits s’appesantissent à l’égal de nos jours.

Nuits d’une vieille ville
Trop vieille
Sans oiseaux sans licornes
Sans cavaliers ni dames folles
Ni faons blessés ni biches ni loups-cerviers
Ni sang frais sur les murs des palais ancestraux.

Les jeux de mains les jeux de mots sont feux
Jeux de mots jeux de mains où l’amour s’égarait
Parmi les cascades les lucioles les pierreries
La mousse des dentelles rompues
Les écharpes de soie jetées sur des yeux fiers
Les rires sous les pluies de pétales.

Nuits comme un théâtre de velours défunt
Où s’exaltent nos souvenirs diminués.

Matins étayés de béquilles.

Il reste un goût de cendre et de pourri
Un goût de fleurs croupies d’eaux fanées
Ce goût d’être déçu qui nous plaît plus que tout.

(André Pieyre de Mandiargues)

 

Recueil: L’âge de craie suivi de Dans les années sordides Astyanax et Le Point où j’en suis
Traduction:
Editions: Gallimard

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Je ne sais pas où je vais (Pascal Quignard)

Posted by arbrealettres sur 18 octobre 2018



Je ne sais pas où je vais
mais j’y cours avec détermination.
Quelque chose me manque
où je sais que je vais aimer m’égarer.

(Pascal Quignard)

Illustration: Giacometti

 

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Constatation (Esther Granek)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2018



 

Cayetano de Arquer 29_n

Constatation

Je n’ai que moi
En chaque jour
Pour accueillir l’aube nouvelle
Mais dès qu’au songe je m’attèle
Je n’ai que toi

Je n’ai que moi
Pour encaisser
De toute la vie les escarres
Mais dès qu’en rêve je m’égare
Je n’ai que toi

Je n’ai que moi
Lorsque j’épie
De l’avenir l’heure qui chante
Mais dans mes prières ardentes
Je n’ai que toi

Je n’ai que toi
Pour m’éblouir
Et pour embellir les images
Mais dès que j’ai tourné les pages
Je n’ai que moi

(Esther Granek)

Illustration: Cayetano de Arquer

 

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