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Posts Tagged ‘s’égréner’

MORT, JE M’ÉGRÈNERAI EN TOI… (Pierre Minet)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2018




Illustration: Lionel Valot
    
MORT, JE M’ÉGRÈNERAI EN TOI…
À Lilian

Mort, je m’égrènerai en toi
Et non pas seulement mon corps
Mais aussi mes bonnes mes mauvaises pensées
Tous les chemins que j’emprunterai revivront en Toi.
Je veillerai dans ta chair, pour l’émouvoir
Et ton esprit recevra le mien comme un vent —
Tu ne cesseras de m’écouter —
Enseveli en Toi, pour que Tu me chantes…

(Pierre Minet)

 

Recueil: Les poètes du Grand Jeu
Traduction:
Editions: Gallimard

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Peau d’âne (Claudine Helft)

Posted by arbrealettres sur 14 mai 2018



Illustration: Danny Quirk 
    
Peau d’âne

Peau d’âne, peau d’homme,
et l’indécente éternité qui se moque
de la lumière décrite
au bout du chemin, n’est-elle que chimère
ou ce sablier trompeur où s’égrène le temps ?

Voici que déjà les saisons nous meurtrissent
à vitesse moderée et que l’hiver revient ;
et voici les rides, sillons de nos printemps.
N’ est-il pas de secret bourgeon sur l’ arbre
vieilli ?

La chute des mots, crépuscule des dieux
le silence, à peine l’obscurité,
la mort est cette pluie qui tombe
simplement

et ne guérit plus.

(Claudine Helft)

 

Recueil: Une indécente éternité
Traduction:
Editions: De la Différence

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AVÈNEMENT (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 3 janvier 2018




    
AVÈNEMENT

Un souffle d’éternité
Investit nos paroles
Tandis que l’homme se hâte
De vivre et de mourir

Brève parade des saisons
Flux et reflux des ombres
Précarité du chant

Nos mots chancellent
Nos raisons s’égrènent
Nos sentiers s’épuisent
Nos rêves en sourdine
Récusent l’horizon

Nous cédons
Aux gouffres impassibles
En exil d’espérance
Nous rayons l’avenir

Pourtant
Ni corps Ni coeurs
N’ont dévoilé leurs arcanes

Un monde en germe
Nous invite
A d’autres semailles
D’autres labours
D’autres récits.

(Andrée Chedid)

 

Recueil: Par-delà les mots
Traduction:
Editions: Flammarion

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Que j’aime au fond des bois… (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2017




    
Que j’aime au fond des bois…

Que j’aime au fond des bois la plainte souterraine,
Fuyant sous le gravier, d’une source captive!
L’anneau de fer verdit au pavé qui le rive
Parmi l’amas des glands, des cornes et des faînes.

Partout la mousse étend autour de la fontaine
Son velours moite; à peine, amoureuse et pensive,
Murmure obscurément, à travers la bourdaine
Et le houx, l’eau suintant aux glèbes de la rive.

Mon coeur est cette source en pleurs au fond des bois,
Qu’entoure le silence et voile le mystère,
Que nul rayon ne frôle, où nul oiseau ne boit;

Mais vers la sombre dalle approche et penche-toi,
Ecoute pour toi seul du flot crépusculaire
La chanson s’égrener comme un divin rosaire!

(Marie Dauguet)

 

 

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Tout près de là, dans l’univers (Lucie Albertini)

Posted by arbrealettres sur 19 juin 2017



Tout près de là,
Dans l’univers,

Ni toi, ni moi,
Ne sommes nés,

Et se peut-il
Que sur ce coin de terre,

Notre vie, par ma voix,
S’égrène au passé.

 

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SEREIN (Giuseppe Ungaretti)

Posted by arbrealettres sur 15 septembre 2016




SEREIN

L’été a tout brulé.

Mais que revienne un doigt d’ombre,
Le coquelicot retrouve son sang,
Et la voix qui s’égrène de la lune
Propage les roseaux.

Meurent la peur et la pitié.

(Giuseppe Ungaretti)

Illustration: Josette Mercier

 

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Goutte à goutte (Jacques Charpentreau)

Posted by arbrealettres sur 12 avril 2016



 

Goutte à goutte

Si loin si profond dans la terre
L’eau primitive solitaire
Dans le noir éternel attend
La goutte suintant de la roche
Où la stalactite s’accroche
Enfermant un infime instant
Du temps.

Au plus profond de l’âme obscure
Sur la secrète meurtrissure
Qui lente se creuse et s’étend
Dans le silence en moi j’écoute
Jour à jour s’égrener les gouttes
De l’eau de ma vie où j’entends
Le temps.

(Jacques Charpentreau)

découvert ici chez laboucheaoreilles

 

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L’HORLOGE (Georges Rodenbach)

Posted by arbrealettres sur 25 février 2016



L’HORLOGE

Au centre d’un pignon dans la cour taciturne,
Un cadran blasonnait la tristesse des murs
Et les Heures tombaient, à coups rythmés et sûrs,
Comme des gouttes d’eau qui tomberaient d’une urne.

Comme des gouttes d’eau, s’égrenant par instant
Sur un homme perdu dans une grotte obscure.
Pleurs du rocher qui font une humide piqûre
Et par une douleur marquent le cours du Temps.

Et toujours et toujours, au printemps, en automne,
A l’heure où tout s’éveille, à l’heure où tout se tait,
On entendait la voix du cadran qui chantait,
Inoubliablement plaintive et monotone.

Les sons tristes, épars, dans le silence noir
Semblaient répercutés au fond de cette cloche :
Appels de cor pleurant au loin sur une roche
Et bruits intermittents des forges dans le soir.

Et toujours et toujours dans la calme demeure
L’horloge diligente éparpillait son chant
Et les aiguilles d’or, se fuyant, se cherchant,
Semblaient s’ouvrir en croix surie tombeau de l’Heure !

Impassible cadran où tout le long du jour
Dans son arène vide allaient tourner nos rêves,
Cependant que la cloche en quelques notes brèves
Parlait de l’heure enfuie aux échos de la cour !

(Georges Rodenbach)

Illustration: Laetitia Méral

 

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Ecce Puer (James Joyce)

Posted by arbrealettres sur 24 janvier 2016



Ecce Puer

Du sombre passé
Un enfant est né.
De joie, de peine
Mon coeur s’égrène.

Au calme berceau
La vie éclot.
Que l’amour pieux
Descelle ses yeux.

Haleine qui passe
Vite sur la glace.
Monde à peine là
Qui déjà s’en va.

Un enfant dort.
Un vieillard est mort.
Ô père trahi
Pardonne à ton fils

***

Ecce Puer

Of the dark past
A child is born.
With joy and grief
My heart is torn.

Calm in his cradle
The living lies.
May love and mercy
Unclose his eyes!

Young life is breathed
On the glass;
The world that was not
Comes to pass.

A child is sleeping:
An old man gone.
O, father forsaken,
Forgive your son!

(James Joyce)

Illustration: Heidi Malott

 

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La pierre (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 17 octobre 2015




Un fragment contient la totalité
Un homme toutes les souffrances
Un rire toute la joie
Sur les routes de la terre et de la mer
Je vais vers des pays d’ardentes morsures
Alors que les heures s’égrènent
Sous une pluie de sable
Je traverse des forêts que couvent des oiseaux
Dans ce paysage diaphane
Je découvre la solitude
Et mon coeur poli par le silence
Ne bat plus qu’en sourdine
Je bois le lait des étoiles
Le vent liquide et frais
Et deviens la pierre qui ne souffre pas

(Jean-Baptiste Besnard)

 

 

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